Barthélémy Dias met en garde Macky Sall : « S’il pense qu’il va conduire tout un peuple à la guillotine dans le calme, il se trompe lourdement »

Le maire de Mermoz-Sacré-Cœur se radicalise davantage dans son combat pour la libération de Khalifa Sall. Barthélemy Dias qui assure qu’ « il n’y aura pas de procès », avertit le Président Sall que le peuple n’acceptera pas d’être conduit à la guillotine ‘’dans le calme’’.


Rédigé par leral.net le Jeudi 23 Novembre 2017 à 14:21 | | 0 commentaire(s)|

Quelle analyse faites-vous de la nouvelle tournure prise par l’affaire de la caisse d’avance avec le refus de Khalifa Sall de déférer à la convocation de la commission ad hoc ?

Je pense qu’aujourd’hui, Khalifa Sall a réussi à démontrer à l’opinion nationale et internationale, que ce dossier n’est qu’un acharnement, une injustice, qui s’abat sur lui, pour l’empêcher de prendre part à la prochaine élection présidentielle ; la posture de la commission ad hoc chargée de statuer sur ma demande de levée de son immunité parlementaire, est la suite logique de la bêtise dans laquelle s’est installé l’Exécutif en s’entêtant, à vouloir, vaille que vaille, se choisir des candidats.

Aujourd’hui, la commission ad hoc, de par l’acte qu’elle a cherché à poser, reconnaît que Khalifa Sall jouit bien d’une immunité parlementaire. La place d’un député qui bénéfice d’une immunité, n’est pas la prison. Mais, comme on est dans la bêtise d’Etat, pour ne pas dire le mensonge d’Etat, il est malheureux de constater que le seul objectif que s’est fixé l’Exécutif, c’est d’éliminer Khalifa Sall, en l’empêchant de participer à la présidentielle de 2019. Mais, ça ne passera pas. En termes de stratégie, l’Exécutif a besoin d’aller chercher un peu plus d’intelligence, parce qu’ils ont été mis à nu. Nous ne sommes pas dans un dossier de reddition de comptes, mais plutôt de règlement de comptes. Ce n’est pas un dossier juridique, mais un dossier politique.

Est-ce à dire que vous n’accordez aucun crédit à cette commission ad hoc ?

Depuis que le Sénégal est indépendant, c’est la deuxième fois que l’Assemblée nationale se déplace. La première fois, c’était le 17 décembre 1962, quand l’Assemblée nationale était sortie pour aller se réunir chez Lamine Guèye. Aujourd’hui, ce n’est pas même pas une commission ad hoc qui voulait se rendre à la prison de Rebeuss pour entendre le député. Les Sénégalais doivent arriver au constat qu’ils n’ont pas de députés, mais une bande de marionnettes qui ont accepté de s’aplatir devant l’Exécutif, pour pouvoir assouvir des ambitions politiciennes.

Mais, le procès semble inévitable…

Il n’y aura pas de procès. Pour la bonne et simple raison que Khalifa Sall, devant un juge, n’est pas tenu de répondre aux questions. S’il répond à une quelconque question du juge, il aura violé le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Je rappelle à l’endroit du juge qui sera désigné pour juger Khalifa Sall que, s’il s'aventure à forcer pour qu’il y ait un procès, il va se retrouver dans la même situation dans laquelle va se retrouver le procureur. Je les invite à bien vouloir relire l’article 12 du code, qui dit clairement que tout magistrat, tout procureur, qui va s’aventurer à poursuivre un ministre ou un député, sans respecter l’immunité qui leur sont conférés, s’expose à des procédures pénales.

Khalifa Sall ne répondra pas aux questions du juge, si on n’accepte pas de respecter ses droits. Ce pays va changer. On parle beaucoup du nouveau type de Sénégalais. Il y aura aussi un nouveau type de magistrat. Je profite de l’occasion pour saluer l’acte du nouveau bureau de l’UMS, qui a eu l’amabilité de bien vouloir répondre à notre interpellation. Je salue tous ces magistrats qui, tous les jours, se battent pour redorer le blason de la magistrature.

Et je voudrais dire que tous les actes posés contre Khalifa Sall, nous sommes en train de les envoyer à l’international à qui de droit. Le dossier Khalifa Sall est une cabale politique, dont l’objectif est de déstabiliser le Sénégal en vue de la présidentielle de 2019. Des pays partenaires du Sénégal ont accepté d’être des spectateurs, parce que leurs intérêts économiques sont servis, mais pour ce qui concerne les autorités américaines avec lesquelles nous sommes en contact, nous sommes plus qu’optimistes.

Lors de la dernière présidentielle, c’est le sous-secrétaire d’état chargé de l’Afrique Johnny Carson, qui avait fait le déplacement à Dakar. Sur la base des documents que nous sommes en train d’exploiter, nous sommes convaincus de faire venir les plus hautes autorités américaines au Sénégal pour faire siffler la fin de la recréation dans le pays.

Mais, est-ce que ce ne serait pas de l’ingérence ?

Ce n’est pas de l’ingérence. Allez voir ce qui se passe actuellement chez Kabila et dans d’autres pays africains. Quand des chefs d’Etat sont incapables de respecter la démocratie chez eux, nous savons à quelle porte taper. L’ancien régime ne nous démentira pas. Les paroles de Johny Carson à Dakar résonnent encore dans nos oreilles. Khalifa Sall sera candida, parce qu’il n’a rien à se reprocher.

Une partie de la justice sénégalaise est aujourd’hui manipulée. L’Assemblée nationale est constituée, aujourd’hui, en grande partie, par des marionnettes qui ont accepté de s’aplatir devant l’Exécutif. Le calme qui est en train de régner sur le pays doit être un signal annonciateur pour Macky Sall. S’il pense qu’il va conduire tout un peuple à la guillotine, dans le calme, il se trompe lourdement.



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