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Beaucoup de victimes de la circulation souffrent de traumatisme crânien: A Ziguinchor , les motos Jakarta pointés du doigt

Natacha Sambou, neurochirurgienne à l’hôpital régional de Ziguinchor, estime que, sur un total de 270 patients reçus dans leurs services, 185 proviennent des accidents de Jakarta en 2020. Ceux-ci, d’après la spécialiste, souffrent de traumatisme crânien. Mme Natacha Sambou a fait cette révélation hier lors de l’ouverture à l’Ucad 2 du 7e Congrès de la Société sénégalaise de neurochirurgie (Ssnc).


Rédigé par leral.net le Vendredi 29 Octobre 2021 à 17:26 | | 0 commentaire(s)|

Beaucoup de victimes de la circulation souffrent de traumatisme crânien: A Ziguinchor , les motos Jakarta pointés du doigt
Pas mal de traumatismes crâniens sont notés dans les accidents de la circulation. C’est ce qui est ressorti des interventions des professionnels de la santé participant au 7e Congrès de la Société sénégalaise de neurochirurgie (Ssnc), ouvert hier à l’Ucad 2.

«Loin devant, ce sont les accidents de la circulation. Nous l’avons exposé ici lors de la présentation. Il y a la décennie passée, 2011-2020, qui a été considérée comme la décennie de prévention des accidents de la circulation. Et, vous, vous êtes des médias, vous vous rendez compte qu’il ne se passe pas un jour où il n’est pas fait part d’accidents successifs qui sont survenus et qui sont responsables, malheureusement, de décès, non pas qu’ils ont été mal pris en charge, mal acheminés… Mais parce que les accidents sont graves et les malades sont perdus», a fait savoir Seydou Boubacar Badiane, président de la Société sénégalaise de neurochirurgie (Ssnc).

Natacha Sambou, neurochirurgienne à l’hôpital régional de Ziguinchor, a surtout pointé du doigt les motos Jakarta. La spécialiste souligne que «les accidents par Jakarta» occasionnent des dégâts, en ce sens que ceux qui en sont victimes en sortent avec «des traumatismes crâniens» dans la région de Ziguinchor.

«Parce qu’à Ziguinchor, les gens se déplacent surtout par Jakarta, c’est beaucoup moins cher que le taxi. Par exemple sur l’année 2020, on a eu, je pense, 185 accidents de Jakarta sur un total de 270 patients reçus. C’est surtout des traumatismes crâniens», fait remarquer Natacha Sambou.

«Ils se sont cognés la tête parce qu’ils n’ont pas de casque. Ils ne sont pas protégés, c’est surtout ça», soutient-elle, tout en indiquant que les traumatismes crâniens causent le décès de ceux qui en souffrent après avoir été victimes d’accident avec les motos Jakarta.

«C’est l’une des principales causes de décès. Parce que les gens n’ont pas de moyens. Ils viennent à l’hôpital. Et dans les hôpitaux, il faut payer avant qu’on puisse vous prodiguer certains soins. On peut leur faire le scanner. Mais les médicaments qui ne sont pas disponibles à l’hôpital, il faut qu’ils paient pour pouvoir les avoir», argumente la neurochirurgienne, qui souligne que l’étude faite sur Ziguinchor, révèle que rien qu’en 2020, les accidents par Jakarta ont causé «14 décès».

«On a eu 14 décès de traumatismes crâniens», annonce notre interlocutrice, qui a tenu à lancer un appel aux autorités pour qu’ils fassent en sorte que «le port de casque» soit obligatoire chez les «jakartamen» et que ces derniers soient aussi «assurés».

«Parce que quand on est assuré, on a le fonds de garantie qui permet à l’hôpital de vous prendre en charge, en attendant que vos parents amènent l’argent. Ils ne sont jamais assurés, ils ne mettent jamais de casque», soutient Natacha Sambou, qui dit qu’il faut que «l’Etat fasse en sorte que ces jeunes puissent trouver un autre travail que de conduire les Jakarta».

«Comme je l’ai dit à Ziguinchor, quand tu parles à un jeune, pour lui tout ce qu’il peut faire, c’est conduire un Jakarta ou être Asp. C’est dommage !», avance-t-elle. «Investir dans la prévention et surtout, nous aider pour l’équipement», est l’autre slogan lancé par Natacha Sambou, avant de souligner que «les cas les plus graves» ne peuvent être pris en charge sur place mais doivent être transférés à Dakar.

«Ce serait très bien qu’on ait un réanimateur qui soit affecté chez nous. Mais il paraît que c’est en train de se faire. Il y a un réanimateur qui va venir, mais c’est surtout ça le plaidoyer», défend la neurochirurgienne.






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