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CAN 2022/ Douala: Trois journalistes algériens agressés à l’arme blanche

L’un d’eux a reçu deux coups de couteau, au dos et à la jambe, en sortant de son hôtel. Les assaillants ont pu subtiliser, entre autres, un passeport et trois téléphones. Dimanche 9 janvier, vers 22 heures, trois journalistes algériens présents au Cameroun pour couvrir la Coupe d’Afrique des nations (CAN) ont été violemment agressés à quelques mètres de leur hôtel, le Y, à Douala.


Rédigé par leral.net le Lundi 10 Janvier 2022 à 10:16 | | 0 commentaire(s)|

« Je pense qu’on a dû nous repérer. On l’a remarqué après, mais le lampadaire habituellement allumé près de notre hôtel était éteint. C’était un guet-apens », affirme l’un d’eux, Mehdi Amazigh Dahak, fondateur du journal en ligne DZfoot.

Après avoir couvert l’ambiance du match d’ouverture de la CAN entre le Cameroun et le Burkina Faso (2-1), lui et deux confrères – l’un au quotidien Compétition, l’autre à l’Agence presse service (APS) – prévoyaient de se rendre au restaurant, quand plusieurs personnes leur sont tombées dessus. « Ils étaient entre trois et cinq. Nous nous sommes retrouvés au sol, ils nous ont agressés à l’arme blanche. Un confrère a reçu un coup de couteau au dos et à la jambe, mais sans grande gravité. Ils nous ont demandé de leur donner tout ce que nous avions » , raconte Mehdi Amazigh Dahak. Les assaillants ont pu subtiliser, entre autres, un passeport et trois téléphones.

Selon le récit du journaliste, la police aurait mis plus d’une heure avant d’arriver à l’hôtel et de les escorter par la suite jusqu’à l’hôpital. « Et elle est venue parce que nous avons joint le responsable de la presse de l’équipe algérienne, qui a lui-même averti les autorités, et que l’affaire a commencé à être médiatisée sur les réseaux sociaux, regrette Mehdi Amazigh Dahak. Mais à part nous entendre, elle n’a pas fait grand-chose. »

« On a envie de parler de football »

Lundi en conférence de presse, Djamel Belmadi, le sélectionneur de l’Algérie (qui doit jouer son premier match mardi face à la Sierra Leone au stade de Japoma, près de Douala) a apporté son « soutien » aux trois journalistes : « C’est une très mauvaise nouvelle. On sait que le Cameroun est un pays d’accueil et pacifique, j’espère qu’il y a plus de peur que de mal. Que justice soit faite, je n’ai pas de doute là-dessus. On espère que ces choses ne se répéteront plus, on a envie de parler de football, on est tous venus ici pour la grande fête du football africain. »

Dans un communiqué de presse, le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Amara Charaf-Eddine, a tenu à « condamner vigoureusement la lâche agression », avant d’ajouter : « La FAF s’indigne devant un tel incident le jour de l’inauguration de cet événement continental placé pourtant sous le sceau de la fraternité et du fair-play, sur et en dehors des stades.
»
La Confédération africaine de football (CAF), elle aussi, « condamne avec force cet acte indigne et exprime sa solidarité et ses vœux de bon rétablissement aux victimes », tout en demandant aux autorités camerounaises « l’ouverture d’une enquête ». Dans son communiqué de presse, l’institution « invite les Camerounais et tous les intervenants à s’abstenir de tout acte de provocation et de violence pour ne pas gâcher la belle fête du football qu’est la CAN.

Les pouvoirs publics et les organisateurs ont besoin de la contribution de tous pour assurer à tous les participants et aux représentants des médias de tous les pays une sécurité optimale ». Samuel Eto’o, le président de la fédération camerounaise de football a, quant à lui, présenté ses excuses aux journalistes algériens.

De son côté, le ministère des sports parle d’un « évènement regrettable » tout en assurant que ces trois reporters ont… « enfreint » les règles en matière de sécurité et d’hébergement car ils ont « privilégié un hôtel aux environs de la prison centrale de New-Bell non retenu » par les autorités et les organisateurs de la CAN.

Outre l’insécurité régnant dans les rues de Douala, le tournoi se dispute dans un contexte particulièrement tendu, entre d’un côté la guerre civile opposant depuis 2017 l’armée et les séparatistes des régions anglophones, et de l’autre les risques d’attaques des djihadistes de Boko Haram et du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).



Ousmane Wade

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