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CAN 2025 : Réseaux sociaux, stress, conseils de Mané et Niakhaté… : Mamadou Sarr dévoile les coulisses avant la finale contre le Maroc

Propulsé sous les projecteurs lors de la Coupe d’Afrique des Nations, Mamadou Sarr a vécu une montée en puissance aussi rapide qu’intense avec la sélection sénégalaise. Appelé en demi-finale pour suppléer l’absence du capitaine Kalidou Koulibaly, blessé en début de match, le jeune défenseur a ensuite été titularisé pour la première fois en finale. Dans un entretien accordé à "Onze Mondial", le pensionnaire de Chelsea est revenu sur cette expérience et sur la manière dont il a géré la pression avant ce rendez-vous historique.


Rédigé par leral.net le Jeudi 12 Mars 2026 à 11:19 | | 0 commentaire(s)|

Dès le départ, le défenseur sénégalais s’était fixé une ligne de conduite, celle de rester à l’écart du tumulte médiatique et des réseaux sociaux. « Je m’étais promis une chose : ne pas trop regarder les réseaux sociaux. Je ne faisais pas attention à ce qui se disait. Je recevais des messages d’amis, mais le reste, je ne regardais pas tellement. Je ne voulais rien changer à mon quotidien de la compétition. Je n’ai eu personne au téléphone, je n’ai demandé des conseils à personne. Pour moi, c’était juste un match et il fallait que je sois bon. Comme si c’était un match de Ligue 1, de Coupe de France. Je me disais : “Si je suis là, c’est que je le mérite et si le coach fait appel à moi, c’est qu’il a raison. Mon père est aussi passé par là, il a déjà joué une finale de CAN, en 2002. J’ai échangé avec lui par SMS, mais on n’a pas parlé de la finale, seulement sur des affaires personnelles. Il savait que si on commençait à trop parler du match, le stress allait s’accumuler. Mon coiffeur, qui est mon ami et mon frère, étaient avec moi. On parlait, on jouait à la Play, comme avant un match normal », a-t-il fait savoir.

Malgré cette apparente sérénité, le défenseur sénégalais reconnaît que l’attente avant la finale a été chargée de réflexions. « Quand j’étais seul, je pensais énormément au match. Oui, je me faisais les scénarios dans ma tête, je me disais : « Imagine on prend une rouste, imagine on gagne 5-0… ». Tous les scénarios possibles. Mais je ne me suis pas dit : « Imagine on perd à cause de moi ». Si tu commences à penser comme ça, tu pars défaitiste, et ça, je ne peux pas. Le matin du match, je suis venu prendre le petit déjeuner, chose que je fais très rarement quand le match est en soirée. Quand je suis descendu, il y avait Sadio (Mané) et Gana (Guèye) qui étaient tranquilles. Sadio m’a regardé et m’a dit : « No stress frérot ». J’ai changé cette habitude, car j’avais vraiment faim, j’avais peut être dormi trop tôt la veille ou mangé trop tôt la veille, je ne sais pas, mais j’avais très faim. Donc je suis allé au petit déjeuner. Sadio m’a chambré en me disant : « Ah Mamad, tu descends maintenant ! ».

« Moussa Niakhaté vient me voir et m’annonce que Krépin va mal »

« Le jour du match, le stress commence à monter de plus en plus. Franchement, ça ronge ! Et quand je sors à l’échauffement, le stress redescend. Non, l’avant-match n’a eu aucun impact sur ma préparation, tout ce qui a pu se dire, je n’ai pas fait attention. Ce sont des choses qui arrivent. Avec le groupe, on s’est dit qu’on ne se chercherait pas d’excuse. On était focus sur le trophée. Ce n’est pas à cause de la sécurité qu’on va perdre la finale quand même. Dans le bus et au stade, j’écoutais toujours les mêmes sons : Gunna, Ninho, Tiakola, je n’ai pas changé mes habitudes. Et non, je n’avais pas vu le malaise de Krépin (Diatta). Je ne savais même pas qu’il avait fait un malaise. Une fois dans le vestiaire, Moussa Niakhaté vient me voir et m’annonce que Krépin va mal. Il me dit : « Antoine (Mendy) va sûrement jouer à sa place ». Même là, je suis resté calme, j’ai dit : « Ce sont des choses qui arrivent, il ne faut pas qu’on se laisse distraire ».

« Si je suis là, c’est que j’ai le niveau pour performer et c’est tout »

« Au moment de la reconnaissance terrain, on voit la pelouse et le stade acquis à la cause du Maroc, avec les sifflets. Et à partir de là, le stress commence à descendre. Dès que je vois la pelouse, je me rappelle que c’est juste un match de foot. Je me dis que ça va se passer comme un match normal, une passe, c’est une passe, un tir, c’est un tir, un centre, c’est un centre. Juste, la finalité au bout ne sera pas la même, mais c’est tout. C’est vrai, je m’apprêtais à jouer le match le plus important de ma jeune carrière, je remplaçais le capitaine qui est un joueur emblématique de la sélection. Mais je n’ai pas fait attention à ça. Si je suis là, c’est que j’ai le niveau pour performer et c’est tout. Dans le vestiaire, je suis à côté de Moussa Niakhaté et de El Hadji Malick Diouf. Moussa me prend et me dit : « Tranquille, aujourd’hui ! Si c’est chaud, tu fais péter le ballon, et sinon, tu fais comme tu sais faire ». Puis Kouli (Kalidou Koulibaly) vient me voir et me dit : « Tout le monde va venir te parler parce que c’est un match important, mais joue ton football, tu as les qualités. Si tu es là, c’est parce que tu as le niveau ». Le coach ? Il ne me dit rien du tout », explique le champion d’Afrique.




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Mame Fatou Kebe