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Casse-tête du scrutin législatif du 30 juillet 2017 : le bulletin unique à 5 pages, la clé ?


Rédigé par leral.net le Lundi 19 Juin 2017 à 07:09 | | 0 commentaire(s)|

Contexte et constats :

-le pilotage unilatéral, solitaire et autoritaire du processus électoral, l’absence de dialogue franc et constant sur l’ensemble du processus électoral, ont conduit au présent cul de sac aux conséquences incalculables ;

-47 listes de candidatures viennent d’être validées par le Ministère de l’intérieur : une situation sans précédent, posant des problèmes techniques, pratiques et organisationnels apparemment inextricables, suscitant inquiétude et désarroi parmi les électeurs, avec du coup un risque élevé d’abstentions volontaires ou forcées ;

-la contrainte du Protocole de la CEDEAO sur les élections, en vigueur dans notre espace sous régional et imposant le consensus, six mois avant la tenue du scrutin, sur toute éventuelle modification des règles liées au processus électoral, reste une disposition justifiée et incontournable.

Quelles solutions ?
Dans un tel contexte et devant de tels constats, toute solution applicable devra :

– présenter des garanties réelles de faisabilité et d’efficacité, tenant compte des délais impartis ;

-requérir impérativement le consensus des différents acteurs : le Sénégal, notre pays à tous, la sérénité et la paix dans ses frontières, l’utilisation rationnelle de ses ressources, valent bien, comme à l’occasion de l’adoption du code électoral de 1992, le consensus large et franc de tous les acteurs ;

– respecter le principe constitutionnel d’égalité des candidats, de liberté et de secret du vote : l’électeur, muni de tous les bulletins de vote au format identique, ne doit opérer son choix, en âme et conscience, que dans le secret de l’isoloir ;

-motiver l’électeur à venir en toute confiance accomplir son devoir citoyen ;

-assurer une facilité des opérations de vote, un gain optimal de temps et une grande économie sur les ressources des contribuables à mobiliser.

Notre proposition : le bulletin unique à 05 pages
Pour toutes les considérations ci-dessus présentées, le bulletin unique est la clé, à nos yeux. Cependant, compte tenu du nombre élevé de listes, il s’agira de proposer à l’électeur un bulletin unique à 05 pages : 04 pages à 10 listes, et 01 page à 07 listes. Les listes pourront être présentées avec un numéro, de 01 à 47, dans l’ordre établi par l’Arrêté du Ministère de l’Intérieur en date du 09 juin 2017, publiant publication des listes de partis, mouvements et coalitions retenus pour participer aux législatives du 30 juillet 2017.

Pour chaque liste, il sera mentionné le numéro correspondant, le nom du parti, du mouvement ou de la coalition, le titre de la liste, le symbole et la photo de la tête de liste nationale, outre la case à cocher selon le choix de l’électeur, c’est-à-dire des éléments ou supports d’identification et de visualisation déjà disponibles et en cours de traitement auprès des services compétents du ministère en charge des élections. Les listes nominatives des candidats continueront d’être saisies et imprimées par les soins de ces mêmes services, mais seront remises en temps opportun aux partis, mouvements et coalitions pour les besoins de leur campagne.

Ainsi, sur la table du bureau de vote, ne figurera qu’un seul lot, qu’un seul bulletin, à 05 pages numérotées de 1 à 5, que l’électeur emportera avec lui dans l’isoloir, mettra dans l’enveloppe après avoir coché la case de son choix et introduira dans l’urne : opération rapide et facile à exécuter. La confection et la mise à disposition de ce matériel électoral dans les délais requis restent globalement dans les limites du calendrier fixé au ministère et leur bonne exécution reste largement à sa portée, si la volonté et la décision politiques ne font pas défaut. S’y ajoute qu’en lieu et place de l’impression de quelque 350 millions de bulletins de 47 listes pour un coût avoisinant les huit milliards de francs CFA, la production des lots de listes nominatives des candidature à remettre aux partis, mouvements et coalitions pour les besoins de la campagne, d’une part, des lots de bulletins uniques à 05 pages pour les besoins des bureaux de vote le jour du scrutin, d’autre part, reviendrait au contribuable six à huit fois moins cher, ce qui est loin d’être négligeable !

Il ne resterait alors qu’un seul problème pratique à régler, celui de l’installation des membres du bureau de vote, incluant les 47 représentants des listes concurrentes. S’il ne s’agit que de cette question, nous pouvons convenir que ce ne sont pas les solutions pratiques qui manqueraient le plus !

Comme le souligne fort à propos un illustre penseur, « l’humanité ne se pose que des questions qu’elle peut résoudre » ; en d’autres termes, il n’existe pas de problème sans solution, à la seule condition de vouloir la trouver et la mettre en pratique. A cet effet, concernant notre sujet, des mesures rapides et urgentes s’imposent, pour :

-mobiliser les ressources humaines, financières, matérielles et logistiques requises afin de procéder à la distribution intégrale des deux millions de cartes d’identité et cartes d’électeurs en souffrance auprès des services du Ministère de l’intérieur ;

-réunir les acteurs, établir un large consensus sur l’organisation du scrutin ; sur cette base, modifier en procédure d’urgence les dispositions du Code électoral concernées.

Si Paris vaut bien une messe, selon le mot attribué au roi Henri IV, le Sénégal, notre pays, ne vaut-il pas bien plus qu’un consensus global et fort, sincère et durable sur l’organisation des élections, notamment des législatives du 30 juillet prochain, incluant, entre autres, la mise en place du comité de suivi, l’audit du fichier, la distribution des cartes, le déroulement du vote ?

Dakar, le 17 juin 2017

Madieye MBODJ, Coordonnateur de la Coalition Ndawi Askan Wi / Alternative du Peuple, Présentant la liste Pencum Nawle, conduite par Ousmane SONKO








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