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Ceuta: le nombre de morts revu à la hausse, une situation «quasiment» revenue à la normale

Rédigé par leral.net le Samedi 1 Août 2026 à 10:36 | | 0 commentaire(s)|

Plus de 50 000 migrants ont rejoint Ceuta depuis le Maroc en quelques jours, provoquant une crise diplomatique européenne. Au moins 67 personnes ont perdu la vie en essayant de gagner l'enclave espagnole. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a dénoncé samedi 1er juillet l'attitude « égoïste » de certains pays de l'Union européenne. La plupart des migrants auraient d'ores et déjà quitté l'enclave espagnole pour regagner le territoire marocain.


Ceuta: le nombre de morts revu à la hausse, une situation «quasiment» revenue à la normale
Ce qu'il faut retenir
► À Ceuta, plus de 50 000 personnes sont entrées illégalement à la nage ces derniers jours depuis le Maroc, selon le ministère de l'Intérieur. La plupart des migrants ont d'ores et déjà quitté l'enclave espagnole. Au moins 67 migrants sont morts.

► L'afflux de migrants a créé une crise diplomatique au sein de l'Union européenne, certains pays appelant à une suspension de l’Espagne de l’espace Schengen de libre-circulation, à l'initiative de l'Italie. Giorgia Meloni, leader de Fratelli d’Italia, a décidé de suspendre le traité de Schengen avec l’Espagne à partir de ce samedi 1ᵉʳ août et durant un mois.

► Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié vendredi ces arrivées massives d'« attaque » et de « violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne ».

► Des rumeurs d'ouverture de la frontière entre le Maroc et Ceuta, propagées sur les réseaux sociaux, ont provoqué cette ruée, selon des témoignages recueillis. Des rumeurs propagées après la décision de la Cour suprême espagnole, qui, dans une décision du 8 juillet, a stipulé que Madrid ne pouvait expulser des migrants arrivés par voie maritime sans procédure judiciaire.

L'Espagne installe une barrière flottante à Ceuta
Des images filmées samedi par ⁠Reuters montrent des soldats et des policiers espagnols patrouillant sur la plage de Tarajal, presque déserte, ce samedi matin. La Garde civile a commencé à installer la nouvelle barrière flottante en début de matinée en ‌l'arrimant sur le brise-lames de Tarajal, l'un des principaux points d'accès utilisés par les migrants, a indiqué le gouvernement ⁠dans un communiqué. Cette barrière s'élève de 30 à 70 centimètres au-dessus de l'eau et s'enfonce jusqu'à un mètre sous la surface, a-t-il précisé. Un chenal permettra aux navires de la Garde civile de patrouiller la zone.

22 pays de l'Union européenne demandent « une visioconférence d'urgence » des ministres de l'Intérieur

Vingt-deux dirigeants de l'Union européenne (UE), dont la Première ministre italienne et le chancelier allemand, ont demandé une « visioconférence d'urgence » des ministres européens de l'Intérieur pour évaluer et répondre à la situation créée par l'entrée illégale de milliers de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta. « Nous ne pouvons permettre que des franchissements massifs et incontrôlés, l'instrumentalisation des migrations ou d'autres menaces hybrides donnent le sentiment qu'il est possible d'entrer illégalement dans l'Union européenne. Et qu'une entrée illégale puisse ensuite se transformer en séjour légal », estiment les 22 signataires d'une lettre ouverte. « Les événements de ces derniers jours exigent une réponse européenne immédiate et coordonnée », disent-ils dans cette lettre adressée à la présidence irlandaise de l'UE, au président du Conseil européen Antonio Costa et à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

À Ceuta, l'armée espagnole encadre le retour des migrants et les sauveteurs leur viennent en aide

Des soldats de l'armée espagnole et des membres de la Croix-Rouge portent assistance à un migrant ayant rejoint à la nage l'enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc.

Des soldats de l'armée espagnole et des agents de la Guardia Civil montent la garde alors que des migrants retournent au Maroc depuis l'enclave espagnole de Ceuta.

La situation « quasiment » revenue à la normale, dit le ministre espagnol de l'Intérieur
La situation dans l'enclave de Ceuta est « quasiment » revenue à la normale et « presque » tous les migrants arrivés ces derniers jours sont rentrés au Maroc, a annoncé samedi le ministre espagnol de l'Intérieur. « La crise ne peut évidemment pas être considérée comme terminée (...) mais nous disons que l'évolution est très importante », s'est félicité Fernando Grande-Marlaska lors d'un point-presse depuis Ceuta.

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il y a une heure
Au moins 67 migrants sont morts en essayant d'entrer à Ceuta
Au moins 67 migrants sont morts en essayant d'entrer à Ceuta, enclave espagnol dans le nord du Maroc, a annoncé samedi le ministre espagnol de l'Intérieur, évoquant des « événements tristes, dramatiques ». « En moins de 48 heures, la situation à Ceuta n'a plus rien à voir et un retour à la normale est en cours », a par ailleurs indiqué Fernando Grande-Marlaska lors d'un point-presse depuis Ceuta, à l'issue d'une réunion d'urgence sur cette crise d'ampleur inédite.

Revue de presse internationale - À la Une: nombreuses questions après l'afflux de migrants à Ceuta

Au moins 57 morts, c’est le lourd bilan de ces derniers jours, lorsque plusieurs dizaines de milliers de migrants, entre 50 et 60 000, marocains pour la plupart, ont pénétré à Ceuta, la petite enclave espagnole au nord du Maroc et du continent africain, principalement par la mer. Ce matin, El Païs explique que « le gouvernement espagnol n’a pas vu venir la crise à Ceuta ». « Si nous avions eu des informations, déclare un haut responsable, 50 000 personnes ne seraient pas entrées en 24 heures ». Le gouvernement espagnol était semble-t-il concentré sur les immenses incendies qui faisaient rage notamment dans la région de Madrid.

Pedro Sanchez dénonce l'attitude «égoïste» de certains pays de l'Union européenne et réclame une réunion des ministres des 27
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a dénoncé l'attitude « égoïste » de certains pays de l'Union européenne face à la crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta et réclamé une réunion en visioconférence des ministres de l'Intérieur des 27. « Une telle attitude - motivée par les préjugés, les fausses informations, l'ignorance ou des intérêts politiques - est non seulement contraire au droit européen, au droit humanitaire et aux principes de solidarité qui nous unissent, mais elle va également à l'encontre des intérêts à long terme de l'Europe », a-t-il écrit dans une lettre adressée aux chefs des institutions européennes et consultée par l'AFP.

De nombreux migrants en transit à Fnideq, la ville marocaine à la frontière avec Ceuta

De mémoire d'habitant, on n'avait jamais vu autant de monde à Fnideq. Les infrastructures sont totalement dépassées. Pas assez de restaurants, pas assez de commerces non plus. Tout manque ici, la nourriture, l'eau... Certains migrants qui viennent de rentrer de Ceuta ont décidé de rester à Fnideq, sans doute pour tenter une nouvelle traversée dans les jours qui viennent. Des centaines de personnes ont ainsi passé la nuit dans la pelouse des ronds-points ou à dormir sur un bout de trottoir, constate Matthias Raynal, notre envoyé spécial à Fnideq.

Mais la réalité, c'est que la frontière est devenue moins facile à franchir ces dernières heures. Les forces de sécurité marocaines sont déployées en nombre sur place. Certains l'ont bien compris et des groupes de jeunes, surtout des hommes, ont commencé à faire le trajet retour jusqu'à chez eux. Sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute Tétouan-Fnideq, des centaines de personnes s'éloignaient hier soir de Ceuta. Les gares routières de Tétouan et de Tanger, les deux grandes villes du nord, connaissaient une affluence record.

Le silence radio des autorités marocaines sur l’afflux de migrants à Ceuta

Au quatrième jour de la crise, les autorités marocaines n’ont toujours pas communiqué directement. Pratiquement toutes les informations proviennent des autorités espagnoles. Rabat a seulement fait savoir que la coordination avec Madrid allait être renforcée pour organiser le rapatriement, dès que possible, des personnes ayant pénétré illégalement à Ceuta, indique Matthias Raynal, notre envoyé spécial à Fnideq. Il n'y a pas eu de communication officielle sur le dispositif de sécurité, par exemple, mis en place à travers le royaume au niveau des gares ferroviaires et routières. La police filtre désormais les voyageurs. Les jeunes, les hommes en particulier et en groupe, sont des profils suspects. Au moindre doute, les forces de l'ordre procèdent à des contrôles d'identité. Les mesures semblent avoir fonctionné. Les flux en direction de Fnideq ont considérablement baissé.

Au moins 57 morts, des traversées ratées… Un lourd bilan pour les migrants qui ont tenté d'entrer à Ceuta
Le bilan est lourd, selon la presse espagnole, on compte au moins 57 morts. Il n'est pas compliqué de trouver à Fnideq, la ville marocaine à la frontière avec Ceuta, des personnes qui ont assisté à des scènes traumatisantes : noyade, chute mortelle... Il y a eu de nombreuses tentatives de traversées ratées, rapporte Matthias Raynal, notre envoyé spécial sur place. Surtout, il n'est pas facile de se rendre à Ceuta par la nage notamment. Cette partie de la Méditerranée est parcourue par des courants puissants. Toujours selon la presse espagnole, le bilan des victimes pourrait s'alourdir dans les prochaines heures. Une opération de recherche est en cours dans les eaux proches de la frontière.

Après l'afflux migratoire à Ceuta, des mesures sécuritaires en France et Italie

L'Italie et la France durcissent samedi leurs contrôles frontaliers avec l'Espagne après l'entrée illégale cette semaine de plus de 50 000 migrants en provenance du Maroc dans l'enclave espagnole de Ceuta, ouvrant une crise au sein de l'Union européenne. Dès jeudi, l'Italie avait annoncé vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, une mesure pour laquelle Rome a obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark. Mais la proposition a été qualifiée de « démagogique » par l'Espagne. La portée de cette proposition reste des juristes consultés par l'AFP assurant qu'il est impossible de l'appliquer dans le cadre légal actuel.

À compter de ce samedi 1ᵉʳ août, selon le ministère italien de l'Intérieur, des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne sont établis sur les ressortissants non européens arrivant d'Espagne. En France, le nombre de policiers et gendarmes déployés en renfort à la frontière franco-espagnole est multiplié par cinq à compter de samedi, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Cette annonce faisait suite à la demande du président Emmanuel Macron de « renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne ».

« Il y a des jeunes qui ne sont pas venus pour traverser », témoigne un père de famille dans l’attente de retrouver sa fille

Pour les familles dans l’attente de nouvelle de leurs proches partis à Ceura, l’angoisse commence à monter alors que, selon la presse espagnole, au moins 57 personnes se sont noyées en tentant de traverser vers Ceuta à la nage. Dans la foule massée derrière la barrière, à quelques dizaines de mètres de la frontière, Mohamed a l’air totalement déboussolé. Il a perdu le contact avec sa fille depuis plusieurs heures. « L’info a été relayée sur Facebook, Instagram, Tiktok, ils disaient que la frontière avec Ceuta était ouverte. Il y a des jeunes qui ne sont pas venus forcément pour traverser, c’était juste pour voir et ils se sont retrouvés de l’autre côté, témoigne-t-il au micro de Matthias Raynal, notre envoyé spécial à Fnideq. Il y en a qui ne comprenaient même pas ce qu’il se passait. Ils se sont jetés dans l’inconnu. Ils ont juste entendu que la frontière était ouverte et ils sont partis. Moi j’ai mes deux enfants, le garçon de 17 ans est revenu, mais la fille qui a 15 ans je l’attends toujours. Elle est encore à l’intérieur. La dernière fois qu’elle nous a appelés, c’était à 11 heures ce matin. Nous, à la base, on était venus à Fnideq pour les vacances. »

De l'autre côté de la frontière, la ville marocaine de Fnideq désormais sous le flot des migrants

Derrière sa frontière de barbelés, le calme revient à Ceuta. L'enclave espagnole, frontalière avec le Maroc, a été débordée par l'arrivée de plus de 50 000 migrants. La plupart d’entre eux a fini par retourner de l'autre côté de la frontière, à Fnideq. Cette ville marocaine, frontalière de Ceuta, est dépassée par cet afflux de population. Partout des jeunes hommes, des mineurs aussi et quelques femmes. Ils ont passé la nuit dehors, à dormir sur la pelouse des ronds-points ou, à même les trottoirs, décrit Matthias Raynal, notre envoyé spécial sur place. Les conditions de vie se sont détériorées en quelques heures dans la ville marocaine, dont la population a explosé. Le peu de commerces et restaurants ouverts a rapidement écoulé toutes ses denrées. Surtout, les jeunes qui se trouvent ici n'ont presque rien. Cela fait plusieurs jours qu'ils n'ont rien mangé, n'ont pas pris de douche. La situation humanitaire est devenue extrêmement difficile. Ils restent à Fnideq dans l'espoir de pouvoir retenter leur chance à la frontière, même si tous dénoncent ce qu'ils ont vécu à Ceuta ces derniers jours.

C'est volontairement qu'ils ont quitté l'enclave espagnole. « C'était impossible d’y rester », soupire un homme, la trentaine. Il n'y avait « rien à manger, rien à boire », dit-il. Il a dû dormir dans la rue. Il raconte avoir subi des « mauvais traitements » de la part des habitants sur place. Presque tous les commerces étaient fermés. Les seuls restés ouverts exigeaient des prix exorbitants aux migrants, une bouteille d'eau à 5 euros par exemple.

RFI

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