leral.net | S'informer en temps réel

Cherté des soins dans les cliniques privées : L’État du Sénégal annonce une révision des tarifs pratiqués

Le secteur privé de la santé au Sénégal pourrait connaître une réforme majeure dans les prochains mois, avec notamment une révision des tarifs pratiqués dans les cliniques privées. L’annonce a été faite hier par le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, à l’occasion du 1er congrès de la médecine privée au Sénégal.


Rédigé par leral.net le Samedi 24 Janvier 2026 à 18:56 | | 0 commentaire(s)|

Selon le ministre, « la révision de la nomenclature générale des actes professionnels est déjà finalisée », et les autorités attendent désormais « un décret d’approbation » pour rendre cette nouvelle grille fonctionnelle. Cette réforme vise, selon lui, à faire du secteur privé « un partenaire stratégique de l’État sur l’équité et l’accessibilité aux soins ».

Dans le même ordre d’idées, Dr Sy a indiqué que plusieurs réformes en cours intègrent désormais le secteur privé. Il a cité, parmi les mesures déjà engagées, « le code de la santé, la carte sanitaire et le projet de réforme hospitalière qui intègre le secteur privé », et précisé que ces initiatives « attendent un arrêté ministériel pour la mise en œuvre ».
Le ministre a par ailleurs souligné que le secteur privé médical est un acteur incontournable du système de santé, représentant « 45% de l’offre de soins ». Il a insisté sur le rôle de ce secteur dans la réduction des évacuations sanitaires, grâce à « une diversité et des spécialités pointues ».

Cependant, malgré ces avancées, Dr Sy a reconnu que le secteur privé est confronté à des difficultés persistantes. Parmi les défis, il a cité « l’accès au financement », « une politique fiscale adaptée », « l’accès aux médicaments et produits de santé », ainsi que « le cadre réglementaire propice aux investissements » et « la problématique de la formation continue des acteurs ».

Sur le plan de l’investissement, le ministre a relevé que de nombreuses initiatives sont bloquées par l’absence de réformes ambitieuses. Il a notamment souligné que ces réformes sont nécessaires pour encourager les investisseurs à construire « des hôpitaux privés de niveau 3 » et ainsi contribuer à l’économie nationale.

« Le secteur privé de la santé est un grand pourvoyeur d’emplois », a ajouté Dr Sy, précisant que le secteur emploie « 35 000 agents ». Une contribution importante, mais qui ne suffit pas à compenser les contraintes auxquelles le secteur est confronté.

Dans le même cadre, le président du Syndicat des médecins privés au Sénégal, Dr Abdou Kane Diop, a insisté sur la nécessité de redéfinir l’image de la médecine privée. Selon lui, cette pratique est souvent « péjorativement étiquetée à but lucratif », alors que le médecin, selon lui, a pour mission « de soigner, de prévenir et de promouvoir le bien-être ».

Dr Kane Diop a affirmé que la médecine privée est un métier qui « mérite un salaire », et que la souveraineté sanitaire ne pourra être atteinte « sans le développement du secteur privé sanitaire et sans sa totale inclusion quasi-fusionnelle avec le secteur public ». Il a insisté sur l’obligation pour les acteurs de bâtir « un système pas seulement résilient, mais insubmersible, indestructible, centré certes sur le patient, mais aussi sur le prestataire et sur le territoire ».

Le syndicaliste a également pointé du doigt l’absence de régulation de la relation entre tiers-payants et prestataires, qu’il juge « affaiblissante » pour le secteur en matière d’autofinancement. Il a rappelé que le niveau de rémunération est « bloqué depuis 25 ans pour les IPM et 45 ans pour le régime général », et qu’il attend toujours « le décret d’application de la nouvelle nomenclature et l’arrêté interministériel fixant les tarifs ».

Sur ce point, il estime que l’arrêté interministériel devra également définir « le statut commercial des structures privées de santé ». Il a cependant reconnu que la rédaction de ces textes demande du temps, afin d’éviter « des incohérences contre-productives, souvent sources de division entre les groupes de prestataires ».

Face à ces réformes annoncées, le ministre de la Santé et les acteurs du secteur privé estiment que l’objectif est clair : renforcer l’accessibilité aux soins et améliorer l’équité dans l’offre de santé. Mais, comme le souligne le communiqué du secteur, « avec ces réformes en vue, les patients ont intérêt à être en bonne santé… financière ».


Ousseynou Wade