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Chronique : L’opposition sénégalaise en sommeil prolongé -Par Al Ameen Ndiaye

Depuis la victoire éclatante du duo Diomaye-Sonko, le paysage politique sénégalais a subi un véritable séisme. L’opposition, autrefois dynamique et bruyante, semble aujourd’hui plongée dans une léthargie sans précédent. Les grands partis tels que l’APR, le PS, le PDS, l’AFP et le Grand Parti, jadis figures de proue de la politique sénégalaise, semblent avoir perdu leurs voix, laissant la scène politique étonnamment calme. On pourrait presque entendre une mouche voler.


Rédigé par leral.net le Lundi 10 Juin 2024 à 17:47 | | 0 commentaire(s)|

Les leaders de ces partis prétendent qu’ils donnent du temps au nouveau gouvernement pour mettre en œuvre sa feuille de route. Comme c’est noble de leur part ! En réalité, sont-ils devenus subitement des modèles de patience et de compréhension ou sont-ils simplement terrifiés par l’idée d’une probable chasse aux sorcières ? La perspective d’une reddition des comptes a manifestement convaincu certains de ces dirigeants, de se faire tout petits, comme des enfants pris la main dans le sac.

Ne parlons même pas de leur fâcheuse tendance à ne s’intéresser aux problèmes des Sénégalais que lorsque les élections approchent. Rien de nouveau sous le soleil, ces vieux crocodiles ne changent pas leurs habitudes. Ce syndrome du “réveil électoral” est une preuve supplémentaire de leur paresse et de leur déconnexion avec le peuple.

Et où est donc Barthélémy Dias ? Le champion du discours musclé semble avoir pris des vacances prolongées. Que mijote-t-il dans l’ombre ? Prépare-t-il une grande entrée théâtrale ou planifie-t-il simplement sa prochaine évasion loin des projecteurs ? Son absence fait couler plus d’encre que ses discours tonitruants ne l’auraient fait. Dans ce vide laissé par les anciens leaders, seules quelques voix hésitantes tentent de maintenir une forme de contestation.

Parmi elles, Bougane Guèye Dany, fidèle à sa réputation, nous noie dans sa logorrhée habituelle. Une inondation de mots qui, hélas, peine à masquer le vide de ses propositions concrètes. Mais, c’est surtout la jeune et brillante Anta qui attire l’attention. Bien qu’inexpérimentée en politique, elle a plus de courage que la plupart des vieux brigands politiques. Elle ose élever la voix, parler haut et fort, alors que tous les autres se terrent comme des lâches. Peut-être est-ce parce qu’elle et Bougane n’ont jamais eu à gérer des deniers publics, qu’ils n’ont rien à se reprocher. Avoir les mains propres et être indépendant financièrement, donne une liberté que ces vieux crocodiles ne connaissent pas !

Pendant ce temps, le Premier ministre Ousmane Sonko, tel un chef d’orchestre, dicte le ton de la politique sénégalaise, soufflant le chaud et le froid à sa guise. Certains politiciens s’indignent de ses récentes prises de parole, estimant qu’il parle plus qu’il ne travaille. Ces critiques, pourtant, semblent oublier un petit détail : il n’est pas président de la République mais chef de parti. Ah, ces subtilités de la politique !

Et n’oublions pas une partie de la presse, qui marche sur des œufs à cause de leurs dettes fiscales. Ces funambules, incapables de critiquer ouvertement le gouvernement. Ah, la douce mélodie de la prudence journalistique forcée !

Alors, cette période de léthargie pourrait-elle être bénéfique à long terme ? Permettez-moi de rire. Une pause pour réflexion et réorganisation, peut-être, mais le temps presse. La démocratie sénégalaise a besoin d’une opposition forte et proactive, pour garantir un équilibre sain et une véritable diversité d’opinions.

En attendant, le peuple sénégalais observe, juge et, espère-t-on, ne s’endort pas aussi profondément que ses représentants. Les prochaines semaines seront cruciales pour l’avenir de l’opposition et pour la stabilité politique du pays. Quoi qu’il en soit, cette torpeur ne pourra durer éternellement. L’opposition doit se réveiller et retrouver sa voix, sous peine de laisser le champ libre à un pouvoir sans contrepoids. Allez, un petit effort, messieurs-dames, le spectacle doit continuer !








Al Ameen Ndiaye