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Confession: Fatou Diome ouvre les pages sombres de sa vie

Rédigé par leral.net le Mercredi 29 Mars 2017 à 14:03 | | 0 commentaire(s)|

Dans un entretien avec le journal «Le Point» paru hier et portant sur son nouveau livre «Marianne porte plainte», l’écrivaine française d’origine sénégalaise, Fatou Diome parle de sa vie et de sa condition de noire au pays de Marianne. Et c’est pour souligner que même Français, la France, ce n’est pas la même chose quand on est noir, arabe, asiatique que quand on est blanc.


Alors qu’elle dit avoir «souffert pour être Française», l’écrivaine ajoute qu’elle a «aimé un fils de la France» qui l’a délaissée par la suite, mais elle est restée. Et si elle n’a pas fui pour rentrer au Sénégal, c’est parce que, pour elle, «l’être humain doit rester debout et a besoin de sa dignité».

Et c’est forte de cette conviction qu’elle est restée en France, où elle a étudié, mais aussi elle a été femme de ménage. D’ailleurs, soulignant qu’elle ne connaît personne qui rêve d’exercer le métier de femme de ménage, elle s’en réjouit, car c’est ce métier qui lui a permis de financer ses études.

Remerciant «ceux qui ont eu la bonté» de la faire travailler comme femme de ménage, elle souligne qu’en France, beaucoup lui ont refusé ce simple travail. Mais les uns comme les autres, précisent-elle, ont contribué à ce qu’elle est devenue aujourd’hui.

Très optimiste dans la vie, Fatou Diome soutient que cela l’a «déjà empêché de mourir» quand elle était au Sénégal. En ce sens, elle explique : «je n’étais pas attendue ; je n’étais pas programmée. Je suis un accident. Même les gens qui m’ont donné la vie ont eu du mal à admettre mon existence. Je suis née dans le rejet. On ne peut pas m’atteindre avec cela».

Dès lors, elle souligne que le racisme et les attitudes racistes envers elle, ne lui font ni chaud ni froid. «Je suis un cas désespéré pour un raciste. Quand il me rejette, il ne sait pas que j’ai connu pire», dit-elle. Et de terminer : «Même si on me rapatriait dans mon village sénégalais, je ferais des poèmes d’amour en français. On ne peut pas me déposséder de la langue française. C’est un défi pour toute haine et tout racisme».

Les Echos


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