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Contrat d’affermage: Le rapport de l’IGE qui a perdu la Sénégalaises des Eaux

L’affaire du renouvellement du contrat d’affermage n’est que l’écran qui cache une recommandation forte de l’Inspection Générale d’Etat : en finir avec le laxisme de la Sénégalaise des eaux (SDE) qui s’agite dans tous les sens et faire jouer à la SONES son rôle de contrôle de l’exploitant.


Rédigé par leral.net le Lundi 22 Octobre 2018 à 11:59 | | 0 commentaire(s)|

Contrat d’affermage: Le rapport de l’IGE qui a perdu la Sénégalaises des Eaux
Libération a pris connaissance du contenu d’un rapport du contenu d’un rapport de l’Inspection Générale d’Etat (IGE) qui révèle les carences de la Sde, dont la maison mère Eranove s’agite depuis qu’elle a été mise au courant que Suez l’avait coiffée au poteau.

Ledit document trouve son fondement dans la pénurie d’eau occasionnée par une casse de la conduite en Y de l’Usine d’eau de Keur Momar Sarr située sur les bords du lac de Guiers, à 250 kilomètres de Dakar. Cet ouvrage qui contribue pour beaucoup à l’alimentation en eau potable de l’agglomération dakaroise, n’a pu fonctionner pendant deux semaines environ. Les images d’apocalypse sont encore fraîches dans la mémoire des Sénégalais soumis à la corvée de l’eau.

Face à cette crise, l’Etat avait commandité une enquête pour cerner les causes et proposer des solutions viables. Au bout des investigations, l’IGE a mis à nu les violations flagrantes des dispositions contractuelles par la SDE. La casse du 12 septembre 2013 était le cinquième incident de rang au point précis de raccordement des conduites d’alimentation de Dakar depuis 2004, année de la mise en service de l’usine et 2009, année des premier incidents.

Qu’a-t-on retenu des dysfonctionnements sur un patrimoine national ayant couté 115 milliards de francs au contribuable sénégalais dans le cadre du projet sectoriel eau (PSE) ? Une extrême fébrilité dans la maintenance des installations et la continuité du service public de l’eau potable. Cette situation est contraire aux objectifs de la Reforme de 1996, qui a vu l’entrée de l’hydraulique urbaine à travers la SDE.

Le Sénégal avait pour objectif d’améliorer le service de production et de distribution, réaliser l’équilibre financier et combler le déficit. En 2013, tous ces efforts semblaient anéantis. L’IGE a constaté une altération des installations. Des bricoles attestées par la déchirure longitudinale à la suite d’une forte corrosion. La conduite avait 9 ans d’âge. Etonnant pour une structure faite pour durer !

La structure n’a pas résisté à ce que les spécialistes appellent un « coup de bélier ». Il s’agit d’une très forte pression causée par le reflux d’eau vers les pompes. Ces arrêts brusques se produisent en cas de rupture dans l’alimentation en électricité. Le dispositif de protection doit être costaud et bien entretenu.

Dans sa conception, l’usine de l’eau potable de Keur Momar Sarr est faite pour résister à ce genre de chocs. Dans la réalité ? Le constat de l’IGE est patent : les vulnérabilités sont criantes. Les vérifications, mettent en cause l’exploitation quotidienne du système de pompage dans deux hypothèses : le système ne fonctionne pas (hypothèse A) ou le système fonctionne mais reste peu fort à cause d’un problème de dimensionnement (Hypothèse B).

Dans les deux cas, le défaut d’entretien quotidien est ciblé par les experts. La responsabilité de la SDE est visée sur cette question de l’entretien au quotidien, affirment-ils. Les dispositions du contrat d’affermage sont rappelées, notamment sur la pose d’équipement complémentaire. Ceux-ci doivent être adaptes a l’infrastructure et être utiles à l’amélioration du service d’eau potable.

L’IGE a recommandé le changement des parties vulnérables. L’Etat s’y est attelé à travers un programme dit de sécurisation des ouvrages névralgiques. Ce projet de 6,5 milliards de francs sur financement de l’Agence française de développement (AFD) a permis de changer la conduite en Y par un dispositif en T. La capacité de résilience du dispositif de protection est multipliée par deux. Ces travaux de raccordement ont eu lieu en mai. Leur finalisation a été retardée par une fuite sur un des joints. Cela a occasionné une baisse de la production dans une période de forte chaleur.

En effet la quatrième pompe a été mise à l’arrêt pour ménager le système. Elle n’a pu être mise en marche par la SONES que le 19 juillet 2019.

L’IGE n’a pas manqué de rappeler la SONES à ses responsabilités : veiller à la bonne conformité des installations avec les normes techniques et valider tous les travaux d’entretien sur cette base. En outre, le rappel des dispositions du contrat d’affermage rappelle également à la SONES son devoir de faire respecter le texte signé avec l’exploitant. L’Etat a retenu la leçon dans le nouveau contrat d’affermage qui doit courir à partir de 1er janvier 2019. Pour dire que malgré les pressions et manœuvres, les pouvoirs publics entendent renforcer le contrôle de l’exploitation pour une bonne qualité de service.





Libération



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