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Cybersécurité : le Sénégal durcit sa défense numérique avec une nouvelle loi

L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité le projet de loi n°25/2026 consacré à la protection des infrastructures d’informations critiques et à la sécurité numérique. Le texte entend renforcer la souveraineté numérique du Sénégal, protéger les données sensibles et mieux préparer le pays face à l’évolution des cybermenaces.


Rédigé par leral.net le Jeudi 20 Août 2026 à 19:59 | | 0 commentaire(s)|

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa sécurité numérique. Réunis en séance plénière, les députés ont adopté à l’unanimité le projet de loi relatif à la protection des infrastructures d’informations critiques et à la sécurité numérique.

Sur les 165 députés inscrits, 127 ont voté pour, dont 15 par procuration. Aucun vote contre ni abstention n’a été enregistré.

Présenté par le ministre des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, avec le soutien du ministre de la Communication, Bacary Sarr, le texte vise à adapter le cadre juridique national à la multiplication et à la sophistication des cyberattaques.

Des infrastructures stratégiques davantage protégées

Le projet de loi prévoit un régime de protection renforcé pour les infrastructures, systèmes et plateformes considérés comme essentiels au fonctionnement et à la sécurité du pays.

Certaines informations et installations stratégiques pourront notamment relever de dispositions liées au secret de la défense nationale.

L'objectif est de limiter les risques liés aux cyberattaques susceptibles de provoquer des perturbations dans des services essentiels ou de compromettre des données sensibles.

L’intelligence artificielle intégrée au dispositif

Le législateur prend également en compte l'évolution rapide des technologies, notamment celle de l'intelligence artificielle.

Plutôt que de limiter le dispositif à des technologies précises, le texte privilégie des principes généraux de sécurité et des normes techniques susceptibles d'évoluer en fonction des innovations.

Cette approche doit permettre au cadre juridique de rester adaptable face aux nouvelles formes de menaces numériques.

La souveraineté des données au cœur du texte

Autre axe majeur : la protection et la conservation des données publiques et stratégiques.

Le projet consacre le principe de conservation sur le territoire national des données considérées comme sensibles pour l'État. Une orientation qui s'inscrit dans la volonté de renforcer la souveraineté numérique du Sénégal.

Les infrastructures nationales d'hébergement, notamment le Data Center de Sénégal Numérique (SENUM), occupent ainsi une place importante dans cette stratégie.

Protection des enfants et inclusion

La nouvelle législation ne concerne pas uniquement les infrastructures étatiques.

Elle intègre également un volet consacré à la protection des usagers du numérique, avec notamment le Plan d’action de protection des enfants en ligne (PAPEL).

Le texte prévoit par ailleurs des garanties d'accès et d'emploi sans discrimination pour les personnes vivant avec un handicap dans le secteur de la cybersécurité.

Avec cette adoption à l'unanimité, le Sénégal entend ainsi consolider son dispositif de défense contre les cybermenaces et poser les bases d'une véritable souveraineté numérique, tout en favorisant le développement d'une économie nationale de la cybersécurité.