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DESCHAMPS : «Champion du monde, il n’y a rien au-dessus »

Trempé après avoir été chahuté par ses joueurs, le sélectionneur des Bleus a eu des mots très forts à l’encontre d’un groupe qui a répondu à toutes ses attentes.


Rédigé par leral.net le Lundi 16 Juillet 2018 à 09:41 | | 0 commentaire(s)|

Ses premiers mots : « La France est championne du monde, c’est qu’on a fait les choses mieux que les autres. J’avais un groupe très jeune, 14 d’entre eux découvraient une Coupe du monde. Ma plus grosse fierté avec ce groupe, c’est qu’ils ont réussi à avoir l’état d’esprit. Je leur rabâche de ne jamais rien lâcher. Tout le temps. Ces qualités mentales et psychologiques ont été déterminantes dans cette Coupe du monde. On n’a pas tout le temps eu la maîtrise, mais on a répondu avec le caractère. Est-ce qu’on est un beau champion ? Pfff (il souffle)... On est champion du monde et on sera sur le toit du monde pendant quatre ans. »

La génération Griezmann : « Antoine a beaucoup d’humilité et sait qu’il existe à travers un collectif, mais il y a des individualités qui ont fait la différence. On peut parler des buteurs, mais dans la façon de construire cette équipe, le bien-vivre ensemble est génial. Mes joueurs ont tout fait ensemble, sur et en dehors du terrain. Ça passe par le collectif. C’est toujours comme ça. Les entendre, à tour de rôle, parler de ça, on est dans le vrai. Le terrain leur donne raison aujourd’hui. »

Le parallèle avec 98 : « J’ai eu l’immense privilège de connaître ça en tant que joueur il y a 20 ans. Ce qu’ils ont fait aujourd’hui, est aussi beau et fort. Les jeunes de 10-20 ans aujourd’hui ont ce bonheur de vivre cet événement avec nous. Mes joueurs ne peuvent pas se rendre compte des choses. Mais ils seront liés à vie par cet événement. Je leur ai dit qu’à partir de ce soir (dimanche), ils ne seraient plus les mêmes. Il n’y a rien au-dessus des autres titres, mais champion du monde quand on est footballeur, il n’y a rien de plus beau. »

La psychologie de sélectionneur: « Une grosse partie du métier, c’est de la psychologie, du management. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Pour arriver à ça, les choix les plus importants sont les choix d’hommes de la liste pour construire un groupe qui ira le plus loin possible. Les équilibres humains sont tellement fragiles … L’unité du staff aussi est primordiale. On a passé 55 jours ensemble, il n’y a pas eu de problème et c’est le meilleur exemple pour les joueurs. Il y a des moments où je peux être très dur. C’est pour leur bien et même s’ils sont jeunes, il y a l’écoute qui est là. Vous le verrez car un film sortira bientôt (sourire). »

Le déclic contre l’Argentine: « On a eu un match très difficile contre le Pérou et même si on n’a pas été beau contre le Danemark, j’avais décidé de faire tourner et de remettre des joueurs dans le coup. C’est peut-être "gagne-petit" mais on a assuré la première place. La suite est une autre compétition. L’Argentine a changé beaucoup de choses en terme de capital confiance. Ça été un élément déclencheur. Oui, j’y croyais, après savoir comment savoir que ça va se passer… On était qualifié uniquement que pour les quarts de finale. Cette envie et cet appétit de victoire est venue petit à petit. Mes joueurs sont des guerriers, le talent ne suffit pas au haut niveau, après, la différence est psychologique. »

Son statut dans le panthéon du sport français: « Je regarde devant pour atteindre mes objectifs. Il y a deux ans, ça a été tellement douloureux de ne pas être champion d’Europe... J’ai appris beaucoup en 2016. Le fait de désacraliser l’événement… J’avais trop accentué sur le côté émotionnel. Dans l’approche de ce match, la décontraction qui est importante, aller chercher cette étoile, je suis fier pour eux. Et un peu de moi aussi. En toute humilité. »

En quoi la France est différente des autres nations: « Je n’ai jamais vu et vécu de Coupe du monde comme celle-là. Il y a eu un nivellement vers le haut et les petites équipes sur le papier sont venues hyper bien préparées et ont fait mal aux grandes nations qui ont coincé. Les équipes qui ont eu le plus de maîtrise, de possession ont été toutes punies par des attaques rapides. En défendant, vous savez que vous avez 1, 2 occasions et la possibilité de faire la différence. Je ne sais pas si c’était une belle Coupe du monde, mais elle était très dure dans l’aspect athlétique et l’intensité .»

Didier Deschamps rejoint Zagallo et Beckenbauer au panthéon des joueurs sacrés aussi en tant que coach : « Ça me fait plaisir. C’est un cercle très fermé. Ils étaient deux meilleurs techniciens que moi, sur le terrain. J’étais moins beau, même si j’ai gagné des titres aussi. C’est une fierté personnelle qui passe après. Eux, sont champions du monde. Kylian a 19 ans, je lui souhaite de l’être à nouveau mais on ne sait jamais. Il faut prendre. Mon plus grand bonheur, c’est de les voir comme ça. »




Le Figaro



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