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DPBEP 2027-2029 : le Sénégal vise un déficit budgétaire de 3 % d’ici 2029 et plus de 18 000 milliards FCFA de recettes

Le gouvernement sénégalais entend renforcer la discipline budgétaire, accroître la mobilisation des ressources internes et orienter davantage les dépenses publiques vers les investissements productifs afin de consolider la trajectoire économique du pays au cours des trois prochaines années.


Rédigé par leral.net le Mardi 30 Juin 2026 à 20:39 | | 0 commentaire(s)|

Présentant ce mardi devant les députés le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a détaillé les grandes orientations qui serviront de base à l’élaboration de la loi de finances 2027.

Ce document, présenté dans le cadre du Débat d’orientation budgétaire (DOB), s’inscrit dans la continuité de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, de la Stratégie nationale de développement (SND 2025-2029) et du Plan de redressement économique et social (PRES).

Une économie confrontée à un contexte international difficile

Selon Cheikh Diba, le DPBEP a été élaboré dans un environnement mondial marqué par de fortes incertitudes.

Le conflit déclenché au Moyen-Orient à la fin du mois de février 2026 a provoqué une hausse des prix du pétrole et du gaz, ravivé les tensions inflationnistes et augmenté le coût du financement sur les marchés internationaux.

Dans ce contexte, la croissance mondiale est désormais attendue à 3,1 % en 2026, contre 3,3 % initialement prévus. En Afrique subsaharienne, elle devrait atteindre 4,3 %, tandis que celle du Sénégal est révisée à 3,2 %, soit 1,8 point de moins que les prévisions retenues dans la loi de finances initiale.

Malgré ces difficultés, le ministre estime que l'économie sénégalaise a fait preuve de résilience grâce aux réformes engagées.

« Le Sénégal a démontré une réelle capacité d’absorption du choc », a déclaré Cheikh Diba.

Un retour progressif à la norme de l’UEMOA

Le gouvernement maintient son objectif de ramener progressivement le déficit budgétaire au seuil communautaire de 3 % du PIB fixé par l'UEMOA.

Après un déficit limité à 6,4 % du PIB en 2025, celui-ci devrait reculer à :

4,9 % en 2027 ;
3,8 % en 2028 ;
3 % en 2029.

Selon le ministre, cette trajectoire repose non pas sur une politique d'austérité, mais sur une meilleure qualité de la dépense publique.

L'objectif est que les recettes ordinaires financent entièrement les dépenses de fonctionnement, tandis que le recours à l'endettement soit exclusivement consacré aux investissements.

Une réforme fiscale pour accroître les recettes

Afin d'améliorer les ressources de l'État, le gouvernement prévoit une vaste réforme fiscale.

Les principales mesures annoncées concernent :

la réforme du Code général des impôts ;
la modernisation du Code des douanes ;
la digitalisation des procédures fiscales ;
l'élargissement de l'assiette fiscale ;
le renforcement de la fiscalité de l'économie numérique ;
une meilleure taxation des secteurs minier et pétrolier ;
la réduction des exonérations fiscales peu efficaces.

L'objectif est de porter progressivement la pression fiscale à 20 % du PIB, conformément aux critères de l'UEMOA.

Plus de 18 286 milliards FCFA de recettes attendues

Le DPBEP prévoit 18 286 milliards de FCFA de recettes entre 2027 et 2029.

Les ressources internes représenteront 17 654,8 milliards de FCFA, avec une progression moyenne annuelle de 6,1 %, passant de 5 527 milliards en 2027 à 6 224,2 milliards en 2029.

Les ressources extérieures sont estimées à 631,2 milliards de FCFA.

Les recettes issues des hydrocarbures ont toutefois été revues à la baisse en raison de la volatilité des marchés. Elles sont désormais évaluées à 703,2 milliards de FCFA, répartis comme suit :

397,8 milliards en 2027 ;
168 milliards en 2028 ;
137,4 milliards en 2029.

Ces ressources serviront notamment à financer les secteurs sociaux, les PME, la campagne agricole et les programmes de lutte contre la pauvreté.

Une baisse des dépenses de fonctionnement

Les dépenses du budget général atteindraient 21 190,8 milliards de FCFA sur la période.

Le gouvernement prévoit toutefois une diminution des dépenses courantes, qui passeraient de 4 485,7 milliards en 2027 à 4 326,3 milliards en 2029.

Cette réduction résulterait notamment :

de la rationalisation des subventions ;
de la baisse des transferts aux organismes publics ;
de la maîtrise de la masse salariale ;
de la diminution des charges liées à la dette.

Les intérêts de la dette devraient ainsi reculer de 242,5 milliards de FCFA entre 2027 et 2029.

Plus de 7 840 milliards FCFA pour l'investissement

À l'inverse, les dépenses d'investissement augmenteront sensiblement.

Le gouvernement prévoit d'y consacrer 7 840,2 milliards de FCFA sur trois ans, soit une hausse de 509,7 milliards de FCFA entre 2027 et 2029.

Les arbitrages privilégieront les projets présentant le plus fort impact économique et social, tandis que les programmes les moins performants seront rationalisés.

Le capital humain reste la priorité

La programmation budgétaire accorde une place importante aux secteurs sociaux.

L'axe consacré au capital humain et à l'équité sociale bénéficiera de 2 697 milliards de FCFA, devant :

l'économie compétitive : 2 359,9 milliards FCFA ;
l'aménagement durable du territoire : 1 536,7 milliards FCFA.

Par secteur, les crédits budgétaires seront répartis comme suit :

Affaires économiques : 29 % ;
Enseignement : 22,3 % ;
Protection sociale : 8,6 % ;
Santé : 8,5 % ;
Environnement : près de 5 % ;
Défense : 4,8 % ;
Ordre et sécurité publics : 3,9 %.
Une stratégie de financement diversifiée

Le besoin global de financement est évalué à 19 689,4 milliards de FCFA sur la période 2027-2029.

Pour le couvrir, l'État prévoit de privilégier les financements concessionnels, de renforcer ses partenariats avec les bailleurs traditionnels et de diversifier ses sources de financement vers les pays arabes et asiatiques.

Le gouvernement entend également renforcer le recours aux partenariats public-privé (PPP) grâce à la montée en puissance de l'Unité nationale d'appui aux partenariats public-privé (UNAPPP).

En conclusion, Cheikh Diba a présenté ce DPBEP 2027-2029 comme le premier cadre budgétaire triennal du Sénégal en tant que pays producteur d'hydrocarbures. Selon lui, cette stratégie vise à conjuguer assainissement des finances publiques, accélération de la transformation économique et investissements massifs dans le capital humain, afin de faire des nouvelles ressources nationales un levier de prospérité durable et partagée.