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Détention illégale de téléphone en prison, images obscènes et connexions dangereuses : Les lourdes charges de la Justice contre Farba Ngom

Rédigé par leral.net le Mardi 13 Janvier 2026 à 21:00 | | 0 commentaire(s)|

La détention de Farba Ngom, député-maire d’Agnam, prend une nouvelle tournure. Face à la presse ce mardi au Building administratif Président Mamadou Dia, la ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, a dévoilé des éléments jugés « particulièrement graves », découverts lors d’une fouille effectuée dans sa cellule. […]
Sénégal 

Atlanticactu/ Dakar/ Boury Diakhaté 

La détention de Farba Ngom, député-maire d’Agnam, prend une nouvelle tournure. Face à la presse ce mardi au Building administratif Président Mamadou Dia, la ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, a dévoilé des éléments jugés « particulièrement graves » découverts lors d’une fouille effectuée dans sa cellule. Des révélations qui soulèvent des soupçons de violations des règles carcérales, d’atteintes au secret judiciaire et de possibles infractions pénales supplémentaires.
Le 28 décembre 2025, une opération de contrôle menée au Pavillon spécial de l’administration pénitentiaire a permis de mettre la main sur deux téléphones portables détenus frauduleusement par Farba Ngom. Selon la ministre, cette possession constitue une violation manifeste de la loi 87-15 régissant le fonctionnement des établissements pénitentiaires.
L’exploitation du contenu de ces appareils a ensuite mis en lumière une activité intense, incompatible avec le régime de détention auquel est soumis le parlementaire.
Des communications internationales depuis la cellule
Les appareils saisis ont été utilisés pour des communications qualifiées de « structurées et transfrontalières ». Les échanges identifiés concernent notamment le Maroc, le Mali, l’Autriche, le Bangladesh et les États-Unis. Ces communications ne se limitaient pas à des échanges privés, mais incluaient des contacts réguliers et organisés.
Des opérations financières et le suivi de chantiers
Toujours selon Yassine Fall, les téléphones servaient également à la gestion d’opérations financières nationales et internationales. Les analyses révèlent un suivi de chantiers en construction, ce qui suggère une implication active dans des projets économiques malgré la détention.
Cette activité financière s’inscrivait dans une coordination de flux financiers et de stratégies diverses, confirmant une implication constante dans des affaires extérieures.
Des échanges avec des responsables politiques, avocats et journalistes
Les relevés de communications montrent des interactions répétées avec plusieurs personnalités publiques. Farba Ngom aurait eu 65 interactions avec un acteur politique actuellement en liberté provisoire. Par ailleurs, plus de 400 échanges, comprenant appels et messages WhatsApp, ont été enregistrés avec un autre homme politique, selon Xalaat TV.
Les contacts avec ses avocats sont également significatifs. Parmi eux figurent trois anciens ministres, et l’un de ces avocats totalise 259 minutes de communication avec le détenu.
Les échanges ne se limitaient pas au cercle politique et judiciaire. Farba Ngom a entretenu 275 interactions téléphoniques et messages avec une journaliste, patronne de presse bien connue. Il a également eu 60 interactions avec un journaliste de presse en ligne et 158 échanges avec un directeur de publication d’un journal appartenant à un groupe de presse réputé.
Diffusion de procès-verbaux judiciaires confidentiels
Autre élément jugé particulièrement grave par la ministre de la Justice : les téléphones ont servi à la réception et à la diffusion de procès-verbaux judiciaires confidentiels concernant un codétenu, dans le cadre de deux dossiers distincts. Ces documents, censés rester strictement confidentiels, ont ainsi circulé en dehors du cadre légal.
Partage de contenus à caractère pornographique
Les appareils ont également été utilisés pour la réception et le partage de contenus à caractère pornographique. Selon les informations communiquées, un partage de ce type aurait même eu lieu avec l’un de ses avocats, ce qui soulève des questions éthiques et disciplinaires.
Des manœuvres politiques susceptibles de troubler l’ordre public
Les analyses font aussi état d’échanges relatifs à des manœuvres et complots à caractère politique. Ces discussions sont considérées comme susceptibles de troubler l’ordre public, selon la ministre.
Face à l’implication d’avocats dans certains de ces faits, Yassine Fall a annoncé que le bâtonnier sera officiellement saisi afin que les responsabilités soient établies conformément aux règles de la profession.
État de santé : la ministre contredit les rumeurs
Concernant l’état de santé de Farba Ngom, la ministre a tenu à démentir les informations relayées dans certains médias faisant état d’une incompatibilité sanitaire avec la détention. Les éléments recueillis montrent, au contraire, une activité soutenue et constante, marquée par des communications multiples, une coordination de flux financiers et l’élaboration de stratégies diverses.
Yassine Fall a précisé que toute évaluation médicale relève exclusivement des autorités sanitaires compétentes et ne saurait faire obstacle à l’application de la loi.
Vers l’ouverture d’une enquête approfondie
« Il ressort donc de ces faits, qui sont susceptibles de qualifications pénales multiples, et nous allons demander l’ouverture d’une enquête approfondie », a déclaré la ministre de la Justice.
Elle a appelé à la vigilance et réaffirmé la tolérance zéro de l’État du Sénégal face à la criminalité organisée, aux violations des règles carcérales et à toute tentative d’instrumentalisation politique de faits judiciaires graves. Selon elle, la justice poursuivra son action avec fermeté, dans le strict respect de la loi et des droits, afin de préserver l’autorité de l’État et la confiance des citoyens.
Rappel des poursuites contre Farba Ngom
Pour rappel, Farba Ngom a été placé sous mandat de dépôt en février 2025. Il est poursuivi pour blanchiment d’argent, association de malfaiteurs et complicité d’escroquerie portant sur un montant de 31 milliards de francs CFA, à la suite d’un rapport de la CENTIF, la Cellule nationale de traitement des informations financières.
Dans cette affaire, ses deux frères ainsi que l’homme d’affaires Tahirou Sarr ont également été cités.


Source : https://atlanticactu.com/detention-illegale-de-tel... Sénégal  Atlanticactu/ Dakar/ Boury Diakhaté