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Détroit d’Ormuz : l’Iran impose un passage sous contrôle et défie le droit maritime international

Rédigé par leral.net le Jeudi 26 Mars 2026 à 01:26 | | 0 commentaire(s)|

Depuis le début des tensions au Moyen-Orient, l’Iran impose un quasi-blocus du stratégique détroit d'Ormuz, tout en affirmant autoriser le passage des « navires non hostiles ». Une situation inédite qui soulève de sérieuses interrogations juridiques sur la liberté de navigation dans cette voie essentielle au transport mondial d’hydrocarbures.


Dans les faits, les navires qui continuent de franchir le détroit semblent emprunter un corridor officieux validé par Téhéran, surnommé le « péage de Téhéran ». Selon des sources maritimes, certains armateurs auraient versé des montants importants pour obtenir l’autorisation de passage. Les données disponibles montrent que les navires transitent désormais à proximité de l’île de Larak, longeant les côtes iraniennes sous le contrôle étroit des Gardiens de la révolution.

Ce système repose sur une coordination préalable avec les autorités iraniennes. Des navires ont même été refoulés pour absence d’autorisation, illustrant la volonté de Téhéran d’exercer une souveraineté renforcée sur cette zone maritime. Plusieurs pays, dont l’Inde, le Pakistan et la Chine, auraient engagé des discussions pour mettre en place un mécanisme d’enregistrement des navires autorisés.

Dans ce contexte, les armateurs adaptent leurs stratégies. Certains navires signalent leur « neutralité » via leurs transpondeurs AIS, afin d’éviter toute association avec des puissances jugées hostiles. Cette évolution traduit une politisation accrue du trafic maritime dans la zone.

Officiellement, l’Iran affirme que le détroit reste ouvert, mais sous conditions. Dans une communication relayée par l’Organisation maritime internationale, Téhéran précise que seuls les navires non liés à certains États, notamment les États-Unis ou Israël, peuvent bénéficier d’un passage sécurisé, à condition de coopérer avec ses autorités.

Cette position entre en tension avec les règles établies par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui garantit un droit de « passage en transit » libre et sans entrave dans les détroits internationaux comme Ormuz. Bien que l’Iran n’ait pas ratifié ce traité, ce principe est largement reconnu comme une norme du droit international coutumier.

Pour de nombreux experts, l’instauration d’un péage ou d’un système d’autorisation préalable constitue une entorse majeure à ce principe. Toutefois, l’Iran invoque la légitime défense pour justifier ses restrictions, arguant que des mesures temporaires peuvent être prises en cas de conflit, à condition qu’elles soient nécessaires et proportionnées.

Au-delà du débat juridique, cette situation fait peser un risque important sur la stabilité du commerce mondial. Le détroit d’Ormuz demeure en effet un point de passage stratégique pour une part significative des exportations pétrolières, et toute perturbation durable pourrait avoir des répercussions économiques globales.