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TFM et le FADP : une absence qui interroge dans une répartition largement dominée par le public

Rédigé par leral.net le Mercredi 1 Avril 2026 à 03:20 | | 0 commentaire(s)|

La publication de l’arrêté de répartition du Fonds d’appui au développement de la presse (FADP) pour la période récente relance un débat de fond sur l’équité, la transparence et les choix opérés dans le soutien au secteur médiatique sénégalais.


Au cœur des interrogations : l’absence remarquée de médias privés majeurs, dont Télé Futurs Médias (TFM), pourtant acteur central du paysage audiovisuel national.

📊 Une forte concentration des ressources publiques

Les données disponibles montrent que les médias publics et les structures de gouvernance concentrent 801,24 millions de FCFA, soit 42,2 % du budget global du FADP.

Dans le détail :

Agence de presse sénégalaise : 182 millions FCFA
Le Soleil : 175 millions FCFA
Radiodiffusion Télévision Sénégalaise : près de 168 millions FCFA


À ces montants s’ajoutent des financements importants accordés aux structures de gouvernance et de formation :

Centre d’études des sciences et techniques de l’information : 125,75 millions FCFA
Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias : près de 49 millions FCFA
Commission de la carte nationale de presse : plus de 33 millions FCFA
Administration du FADP : 28,2 millions FCFA

👉 Au total, ce bloc institutionnel dépasse largement les allocations accordées à l’ensemble de la presse privée.

⚖️ Une presse privée sous pression

La presse privée, quant à elle, reçoit 686,55 millions FCFA, soit 36,1 % du budget, répartis entre 38 entreprises.

Pourtant :

112 dossiers ont été déposés
Une majorité d’acteurs n’a donc reçu aucun financement

👉 Cela crée un déséquilibre clair :

+16,7 % en faveur du public et de la gouvernance
malgré les difficultés économiques du secteur privé
📻 Radios communautaires : un soutien limité

Les radios communautaires (au nombre de 127) se partagent 412,2 millions FCFA, soit 21,7 % du budget.

Un effort réel, mais insuffisant pour compenser le sentiment global d’injustice exprimé dans le secteur.

❗ TFM et le Groupe Futurs Médias : une absence notable, pas de demande déposer

Dans cette cartographie des financements, l’absence de Télé Futurs Médias attire particulièrement l’attention.

TFM, composante majeure du Groupe Futurs Médias (GFM), aux côtés de :

Radio Futurs Médias (RFM)
L'Observateur (L’Obs)

👉 représente un acteur incontournable :

forte audience nationale
poids économique et éditorial significatif

Son absence dans la liste des bénéficiaires soulève donc plusieurs questions :

Quels critères ont conduit à cette exclusion ?
S’agit-il d’un choix administratif, technique ou stratégique ?
Pourquoi aucune communication détaillée n’a-t-elle été faite à ce sujet ?
🔎 Zones d’ombre et interrogations

Une autre controverse concerne la réaffectation de 39,6 millions FCFA vers la Maison de la presse, alors que celle-ci ne figurerait pas explicitement dans les textes encadrant le FADP.

👉 Cette situation alimente :

des doutes sur la conformité des procédures
des appels à plus de transparence
🧠 Un enjeu démocratique majeur

Au-delà des chiffres, ce dossier met en lumière une question centrale :

👉 Comment garantir un soutien équitable à la presse dans un contexte de fragilité économique ?

Un déséquilibre prolongé pourrait :

affaiblir les médias privés
réduire le pluralisme
fragiliser la qualité du débat public


Le cas de TFM et, plus largement, du Groupe Futurs Médias illustre les tensions actuelles autour du FADP.

Entre concentration des ressources, manque de transparence et sentiment d’exclusion, la nécessité d’une réforme du mécanisme apparaît de plus en plus évidente.

👉 Plus que jamais, la question n’est pas seulement budgétaire :
elle touche à l’équilibre, à la crédibilité et à l’avenir du paysage médiatique sénégalais.