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Dialogue national : pourquoi ça coince ? (décryptage Leral.net)

La main tendue du Président de la République pour un dialogue national risque d’être suspendue longtemps en l’air faute d’interlocuteurs. Craignant une énième roublardise politique, une bonne frange de l’opposition a d’ores et déjà décliné l’invitation. Pourtant, eu égard aux nombreux enjeux auxquels le Sénégal est confronté, un dialogue franc, sincère et inclusif s’impose pour l’intérêt supérieur de la nation.


Rédigé par leral.net le Mercredi 25 Octobre 2017 à 08:48 | | 0 commentaire(s)|

Après la tenue du dialogue national le 28 mai 2016 au Palais de la République, l’opposition s’est sentie flouée. Tous les engagements auxquels le président Sall avait souscrit n’ont à ce jour, pas été tenus. Une situation qui semble être restée en travers de la gorge d’une bonne frange de l’opposition, qui a décidé de boycotter l’appel qu’il a réitéré pour des concertations concernant  les problèmes du pays.

S’il est vrai que la nécessité de dialoguer est devenue impérieuse vu tous les périls qui guettent le Sénégal, il ne demeure pas moins qu’il se pose un réel problème de confiance entre le pouvoir et son opposition. Seulement les enjeux aujourd’hui, sont tellement importants qu’il ne faudrait surtout pas circonscrire ce dialogue entre pouvoir et opposition seulement ; il faudrait au contraire l’élargir  à  toutes les compétences et  tracer une feuille de route qui serait respectée par toutes les parties prenantes.

Par conséquent pour faire revenir la confiance qui s’est rétrécie comme peau de chagrin, il faudrait que ce dialogue ne soit pas une entourloupe de plus  mais plutôt le formaliser, l’inscrire dans un calendrier qui sera respecté. Et ce dialogue doit surtout porter sur le devenir du Sénégal dans 30, 40, 5O ans, bref avoir une vision prospective du Sénégal et des générations futures.

Car il est inadmissible que les dirigeants continuent leur pilotage à vue au moment ou le Sénégal doit faire son entrée dans le cercle restreint des pays producteurs de pétrole  et de gaz. Pour éviter les nombreux travers dans lesquels nombre de pays producteurs ont sombré au point de qualifier cette manne de malédiction, il faut  dès à présent,  mettre en place des mécanismes pour une bonne gestion de ces richesses afin qu’elles profitent aux générations présentes et futures.  Car elles n’appartiennent ni aux gouvernants, ni aux multinationales qui les exploitent mais à tout le peuple sénégalais.

C’est pourquoi le dialogue doit être un exercice périodique, encadré, qui transcende les contingences politiques, bref qui engage tout le monde. Il faudrait aussi voir les voies et moyens pour faire en sorte que l’Etat puisse faire de ses citoyens des citoyens émergents, en respectant son devoir qui est de leur assurer un  bien-être, une éducation de qualité, une couverture sanitaire de qualité, une Justice équitable, une sécurité et- un service public de qualité, etc.

Autant de matières sur lesquelles on pourra dialoguer. Et pour que ce dialogue soit constructif et bénéfique à tous, il faudrait que les ressources de qualité dont le Sénégal regorge, soient mises à contribution. C’est ainsi que chacun dans son domaine de compétences, pourra élaborer des recommandations  que les dirigeants seront tenus d’appliquer dans le cadre d'un réceptacle dont tout le monde s'accorde à respecter les recommandations et la feuille de route.

Le "spoil system" qui a cours  dans les pays développés où chaque changement de pouvoir induit le renouvellement des cadres aux manettes du pouvoir, est un luxe au Sénégal et il nous faut, absolument, inventer une formule qui puisse impliquer en tous temps et en tous lieux, nos compétences à l'intérieur et à l'extérieur du pays, pour la mise en place d'un creuset de recommandations sous forme de feuille de route pour les décennies à venir.

Pas des conclusions qui finiront  dans les tiroirs de l’oubli comme celles des Assises , sur lesquelles aujourd'hui,tous les signataires se sont assis, pour se partager le gâteau...en toute bonne conscience.



 LA REDACTION



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