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Douleurs, alerte, frissons dans le dos, rejets des proches: Les guéris de la Covid-19 parlent

Des individus d’origines diverses ont lancé, ce samedi, un mouvement citoyen contre la Covid-19/Dâq Mbas mi. Ces guéris de la maladie racontent leur calvaire, les expériences vécues et demandent la mobilisation de tous pour combattre ce virus. La pandémie du coronavirus a affecté beaucoup de personnes. Elle laisse des séquelles chez certains et tuent d’autres. Devant ces drames, des guéris de la maladie, des patients, ont décidé de lancer un mouvement citoyen de lutte contre la Covid-19/Dâq Mbas mi. (Reportage du journal « EnQuête »)


Rédigé par leral.net le Mardi 30 Mars 2021 à 10:26 | | 0 commentaire(s)|

Douleurs, alerte, frissons dans le dos, rejets des proches: Les guéris de la Covid-19 parlent
Lancé ce samedi, ce mouvement est constitué de citoyens de la société civile, de l’université, de la santé, de la communication, du patronat, des syndicats, du monde artistique et d’acteurs politiques.

Selon le professeur Boubacar Diop, ils sont conscients de la dangerosité de la maladie, pour l’avoir vécue directement ou indirectement. Ce dernier soutient que la contamination a connu une augmentation telle, qu’aucune région du pays n’est épargnée par le fléau qui atteint 77 des 79 districts sanitaires que compte le pays. Selon lui, le Sénégal est dans le top 20 des pays d’Afrique les plus contaminés. Il est placé 19e. Cette situation, dit-il, interpelle tout le monde.

Parmi les guéris, l’ancienne députée, Docteur Hawa Dia Thiam. Elle raconte son combat contre la maladie. Lorsqu’elle a été infectée, elle s’est rendu compte qu’elle toussait anormalement. Elle n’a pas perdu le goût, ni l’odorat, mais elle souffrait de courbatures, partout.

‘’Un soir, c’est à peine que j’ai pu me lever pour aller faire mes besoins. Le lendemain matin, je suis allée faire moi-même mon test’’, explique Dr. Thiam. Elle s’est traitée, en faisant une automédication. Surtout qu’elle n’a pas une très bonne santé.

’J’ai suivi le traitement que les médecins avaient donné : l’azytromicine. J’ai pris des antibiotiques, de la vitamine C pendant trois jours. Ensuite, mon frère pharmacien m’a conseillé de reprendre trois fois. Mais cela ne m’avait pas calmé’’, raconte-t-elle.

La toux a commencé le 7 janvier. C’est le 12 qu’elle a décidé d’aller faire le test. ‘’Le jour où je faisais le test, le même pharmacien m’a demandé de prendre des corticoïdes. C’est cela qui a peut-être stopper la propagation. N’empêche, il y avait presque 10 % de mon poumon qui était atteint. Donc, ce n’était pas rien.

Quand on m’a appelée, trois jours après, pour me donner les résultats. Le monsieur au bout du fil me dit : ‘Madame, vous êtes en train de vous essouffler. On vient vous chercher.’ Je lui dis : oui, venez, je suis fatiguée. Ils sont venus me chercher à 16 h pour le centre de Diamniadio
’’, explique Dr. Hawa Dia Thiam.

A Diamniadio, elle eut une prise en charge importante. ‘’Thiouné amoufii’’ (on n’a pas des amateurs ici). Pendant 15 jours, elle a été prise en charge au centre de traitement des épidémies de Diamniadio.

‘’J’ai été 8 jours sous assistance respiratoire. J’ai vraiment souffert. J’ai perdu 5 kilogrammes. Déjà que je ne suis pas très épaisse. Ce n’était pas du tout simple. Je suis restée, du 15 au 30 janvier, dans ce centre’’, se rappelle-t-elle. Avec le soutien des médecins et de tout le personnel médical, elle a pu tenir.

Elle ajoute qu’elle n’a pas les visages du personnel soignant, durant toute la durée du traitement. Ils étaient en combinaison. ‘’Ils ne donnent parfois que leur nom. Donc, là aussi, c’est vraiment autre chose’’.

Poursuivant son récit, elle révèle avoir pleuré le jour de sa sortie de l’hôpital. ‘’A ma sortie, dans l’un des bureaux, j’ai croisé une dame. Elle m’appelle et se présente en tant que l’assistante sociale. Pour la première fois, je vois son visage et celui de l’infirmier. En ce moment, je n’ai pu me retenir. J’ai craqué’’, confie-t-elle.

L’honorable Hawa Dia Thiam souligne avoir fait ce témoignage, parce que c’est en quelque sorte une thérapie. ‘’Je me sens soulagée, en faisant ce témoignage. Je ne me cache pas. Les gens se cachent. Il ne faut pas qu’on se cache. Parce que, finalement, les gens vont rester dans le déni et ce n’est pas bon. Il faut qu’on puisse comprendre que cette maladie existe’’, dit-elle.

Pendant sa convalescence, renseigne l’honorable députée, un journaliste l’a appelée, parce qu’il y avait un problème politique. ‘’Il me dit : ‘Madame, qu’est-ce que vous avez ?’ Je lui réponds que je suis malade de la Covid. Il s’est exclamé, en disant que c’est la première fois qu’il parle à quelqu’un qui a la Covid’’.

A son avis, il est important que ceux qui sont atteints par la maladie, en parlent. C’est pour que les gens comprennent que quand on arrive à faire face à cela, c’est, d’abord, grâce au personnel de santé. Par ailleurs, elle souligne que l’après-Covid est encore plus dur. C’est des tests à n’en plus finir, des scanners.

Un plaidoyer lancé par Sakou Ndiaye, un autre guéri de la pandémie, à l’endroit du ministère de la Santé et de l’Action sociale, pour la réduction du prix des analyses post-Covid.

‘’Les gens sortent avec quelques séquelles. Il y a beaucoup d’analyses à faire à l’Institut Pasteur. Quand tu veux faire des analyses générales, c’est 100 mille francs, un scanner à 100 mille, sans compter le pneumologue et autres. Il est important que l’on fasse une dérogation. Ne serait-ce que pour les gens qui ont contracté le virus, au moins qu’ils puissent payer moins cher certaines analyses.

L’après-Covid, c’est la partie la plus importante. Traîner des séquelles, en plus d’être fragile et vouloir payer des centaines de milliers de francs ; si tu n’as pas les moyens, ce n’est pas possible
’’, lance Sakou Ndiaye.

Acteur culturel, il fait partie des patients rétablis de la Covid-19. Il a été atteint au mois de décembre. Une semaine avant de faire le test, il s’est senti malade. ‘’J’avais mal. Je n’avais plus d’appétit. J’avais la température élevée ; je pensais que c’est la grippe. Je suis passée à la pharmacie où on m’a proposé quelques médicaments que j’ai commencé à prendre.

Une semaine après, exactement le 27 décembre, je me suis senti très fatigué. Cela a commencé avec une diarrhée qui s’est ajoutée à tous les maux que j’avais. J’ai senti la nécessité d’aller dans un centre médical, au Point E. Accompagné de mon fils ainé, parce qu’on était tout le temps ensemble, on a fait le test le 27 ; le 30, on m’appelle pour me signifier que j’étais positif en même temps que mon fils. Lui, il se sentait bien
’’, raconte M. Ndiaye. Le 30 décembre, il est acheminé à l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye.

Il a passé deux semaines interné à Dalal Jamm. Il est sorti le 14 janvier avec deux tests négatifs. Sakou Ndiaye est un cas communautaire, tout comme l’ancienne députée Hawa Dia Thiam. Ils ne savent pas comment ils ont été infectés.

A ceux qui ne croient pas en l’existence de la maladie, M. Ndiaye déclare : ‘’Quand on a commencé à parler de cette maladie, ma sœur, qui se trouve au village, n’y croyait pas. Au téléphone, elle me disait que cette maladie, c’est de la politique. Il a fallu que je sois testé positif, interné, pour qu’elle y croit. Je recommande à la population, dès qu’on sent certains symptômes, d’aller vers les centres médicaux, ne serait-ce que pour faire le test.’’


Il révèle qu’à l’hôpital, son voisin, un vieux de 72 ans, hypertendu et diabétique, n’était pas aussi fatigué que lui. C’est par hasard, en amenant un malade pour une consultation, que le vieux a senti la nécessité de faire le test.

‘’Ce vieux est sorti de l’hôpital. Durant les deux semaines où on y était ensemble, il se sentait bien, malgré les maladies qu’il avait. Je pense qu’il a eu la chance que, très tôt, il a été testé positif et on a commencé à faire le traitement’’, souligne M. Ndiaye.

L’acteur culturel souligne aussi la pertinence et l’efficacité du masque. Car, dans la chambre où il était interné, des malades avaient des accompagnants qui les nettoyaient. Pourtant, ceux-ci n’ont jamais contracté la maladie. ‘’Figurez-vous que rien que le lieu où on était, c’était confiné. On ne sortait pas. Le danger était partout.

Les accompagnants logeaient dans la même chambre que les malades. Elles n’ont pas été infectées, parce qu’elles avaient en permanence le masque. D’où la nécessité du masque. Au niveau de la communication, il faudrait que ces exemples soient donnés pour encourager le port du masque
’’.






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