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Dr Oumar Dia et les maux de l’université sénégalaise : Infrastructures, Réforme des Masters, ‘’Incompétence’’ de la tutelle…

Le Sudes/Esr déplore la situation précaire dans laquelle se trouve l’université sénégalaise. En conférence de presse, le secrétaire général du Sudes, Oumar Dia, a déploré une ‘’situation extrêmement dangereuse pour l’université sénégalaise qui est le résultat conjugué de trois causes précises’’.


Rédigé par leral.net le Dimanche 25 Avril 2021 à 09:53 | | 0 commentaire(s)|

Dr Oumar Dia et les maux de l’université sénégalaise : Infrastructures, Réforme des Masters, ‘’Incompétence’’ de la tutelle…
Il s’agit, selon lui, ‘’du désintérêt de plus en plus grand et inquiétant du gouvernement pour le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la non-satisfaction des points essentiels de revendication des syndicats (déficit d’infrastructures et de personnes) et de l’incompétence scandaleuse du ministre de tutelle’’.

Ces enseignants du Supérieur réclament ‘’l’achèvement sans délai des infrastructures entamées dans certaines universités depuis 2009, le recrutement massif du personnel tant enseignant que de support et la mise en place de conditions minimales permettant de continuer à enseigner et à faire de la recherche en cette période de crise sanitaire’’.

‘’Loin de prendre la mesure de la gravité de la situation et d’adopter l’attitude de responsabilité qu’elle commande, le gouvernement continue à donner la priorité ailleurs dans des infrastructures de prestige. Pis, en lieu et place d’investissements prioritaires dans les infrastructures universitaires accompagnés d’un plan Marshall de recrutement de 500 enseignants chercheurs par an, pendant 10 ans, l’Etat a choisi de donner la priorité à la réalisation du campus franco-sénégalais qui est une réponse prompte à l’exigence du Président Macron d’exploiter au bénéfice de la France les étudiants africains les plus solvables’’, regrette ce professeur de Philosophie moderne et contemporaine.

Outre le retard dans l’exécution des infrastructures entamées dans certaines universités, les enseignants chercheurs du Sudes dénoncent ‘’l’incompétence’’ de leur ministre de tutelle.

‘’Nous pratiquons le ministre depuis sa nomination en avril 2019 et il se trouve que nous avons malheureusement un ministre totalement incompétent qui n’est pas en mesure d’avancer dans l’exécution de la planification de la concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur qui date de 2013. En effet, il avait été décidé, dans le cadre de ces concertations, de réaliser rapidement les universités Amadou Makhtar Mbow de Diamniado, El Hadj Ibrahima Niass du Sine Saloum sur plusieurs sites et l’université du Sénégal oriental. Et ce projet marque le pas, depuis que Cheikh Omar Hann occupe ce département’’, regrette-t-il.

Listant les raisons pour lesquelles, le Sudes/Esr estime que leur ministre de tutelle n’est pas à la hauteur de la charge qui lui est confiée. Oumar Dia déclare : ‘’pour ce qui est des démarches administratives normales et courantes, le ministre se permet de perdre des dossiers qui viennent des universités publiques et qui concernent les carrières des collègues ou les détachements des camarades qui doivent quitter l’éducation nationale pour l’enseignement supérieur. Pis, il s’est permis, dans le cadre d’une négociation sérieuse avec le Sudes/esr, d’assumer que le quantum horaire n’est pas important. Il faut tout simplement faire semblant d’avoir atteint le quantum et de valider les examens’’.

‘L’autre souci est la réforme des masters qui est loin de faire l’unanimité chez ces enseignants du Supérieur. ‘’A tous ces problèmes, le ministre a décidé d’ajouter une irréfléchie ‘’réforme des masters’’ dont le seul but semble être de détourner l’argent qui était jusqu’ici consacré au financement des étudiants en Master’’, soupçonne le SG du Sudes/esr.

Il a également fustigé le projet de l’érection d’un établissement franco-sénégalais privé au Sénégal. ‘’En France et en Europe, de façon générale, on a de plus en plus tendance à considérer l’enseignement supérieur comme un marché où on fait du profit. Et la politique française est d’accueillir de plus en plus d’étudiants asiatiques et peu d’étudiants africains.

Or, il y a des étudiants africains qui sont en mesure de payer des études supérieures en France. Mais le gouvernement français ne veut pas de ces étudiants sur leur terre. C’est pourquoi, il a pensé à créer un établissement français en Afrique et le Sénégal a été choisi et il a exécuté très vite cette directive du Président Macron. Le projet avance et le Sénégal va donner le foncier pour abriter le campus, assurer la logistique et des facilités fiscales.

Cela nous semble inacceptable, parce que les moyens du Sénégal doivent être orientés vers l’enseignement supérieur sénégalais public et privé au lieu du privé français qui vient capter les financements du Sénégal. C’est inacceptable’’, considère-t-il.
Enquête



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