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Effondrement d'immeubles vétustes: La négligence coupable de l’État indexée

L’effondrement d'immeubles vétustes est devenu récurrent dans ce pays, surtout en période d'hivernage. Le dernier qui a eu lieu ce samedi à la Rocade Hann Bel-Air, près de Colobane, où un immeuble R+2 s'est effondré, a fait 6 morts et autant de blessés. Le gouvernement comme à son habitude de médecin après la mort, a sorti un communiqué pour déclarer que des mesures seront prises pour la démolition de cet édifice. "Tribune"


Rédigé par leral.net le Mardi 5 Octobre 2021 à 10:01 | | 0 commentaire(s)|

Effondrement d'immeubles vétustes: La négligence coupable de l’État indexée
Finalement, la question qui taraude l'esprit, est de savoir à quoi servent ces structures comme la Protection civile, l'Inspection générale du bâtiment, la direction de l'urbanisme, etc. ?

Parce qu'il suffit de faire le tour de certains quartiers de la capitale comme la Médina, Grand Dakar, Niary Tally, Colobane et autres, pour se rendre compte du danger que les immeubles vétustes font courir aux populations.

Pourtant, selon un rapport de l'Association de normalisation publié le 6 septembre 2016, il avait été recensé près de 400 bâtiments qui menaçaient ruine. Et ce qui choque le plus, est que l’État ne fait rien pour les démolir alors qu'il doit veiller à la sécurité des populations, étant donné qu'il vaut mieux prévenir que guérir.

Aujourd'hui, avec la cherté des loyers et la difficulté de se loger, des gens véreux n’hésitent pas à transformer leurs maisons, pour y ajouter des pièces pour les louer, en faisant fi des normes de construction et de sécurité. Et d'ailleurs, on ne peut s’empêcher là aussi de demander, qui leur délivré des permis de construction ?

D'ailleurs, une étude publiée par la Bbc en 2014, révélait que "plus de 62% des 191 chantiers contrôlés dans les communes d'arrondissement de Dakar, sont non autorisés", selon une enquête conduite par le gouvernement sénégalais sur la construction de bâtiment.

Le rapport faisait l’objet d’un scandale dans les milieux des bâtiments au Sénégal où de manière récurrente, on enregistre des effondrements d’immeubles, avec souvent des pertes en vies humaines. L’enquête faisait suite aux multiples plaintes des différentes couches de la population, portant généralement sur les occupations illégales de terrains appartenant à autrui, des empiétements de construction ou le non-respect des règles de mitoyenneté.

Les autorités qui ont bouclé l’enquête, déclaraient que beaucoup de Sénégalais construisent en ignorant le code de l’Urbanisme et de Construction. Des sanctions avaient même été envisagées à l'endroit des contrevenants.

Malheureusement, le constat est que dans ce pays, les autorités ont souvent tendance à faire preuve de légèreté, car elles ne sont jamais proactives, elles sont toujours réactives. Elles attendent qu'une catastrophe survienne pour jouer au médecin après la mort et cela semble même être devenu leur marque de fabrique.

Au lieu de dépêcher leurs équipes sur le terrain pour recenser tous les immeubles vétustes et les démolir, ou encore sanctionner ceux qui ne respectent pas les normes de construction, elles attendent toujours qu'une catastrophe se produise pour réagir.

Pour dire que face à une telle situation, l’État a une lourde responsabilité, car c'est lui qui délivre les autorisations de construire sans même se déplacer sur les chantiers pour voir si tous les préalables sont respectés. Parce qu'avant l'attribution d'une autorisation de construire, il faut le passage d'un agent de l’urbanisme pour vérifier l'état du terrain et faire un rapport avant l'octroi du sésame.

Mais, il semble que le plus souvent, ce préalable est foulé au pied. Donc, tant que l’État ne prendra pas ses responsabilités pour qu'il y ait une application stricte des principes régissant les normes de construction, ce genre de catastrophes aura de beaux jours devant lui.






Tribune



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