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États-Unis : un Sénégalais poursuivi pour avoir détourné plus d’un milliard F CFA auprès de 11 investisseurs

La justice américaine poursuit le Sénégalais Amadou K. D., résident permanent aux États-Unis, dans une vaste affaire mêlant fraude financière, utilisation présumée de fonds à des fins personnelles et corruption d’agents publics étrangers. Dix-huit chefs d’accusation sont actuellement retenus contre lui.


Rédigé par leral.net le Vendredi 4 Septembre 2026 à 10:45 | | 0 commentaire(s)|

Le dossier judiciaire visant Amadou K. D. prend une nouvelle dimension. Le Département américain de la Justice (DOJ) lui reproche notamment d’avoir obtenu près de 1,88 million de dollars, soit un peu plus d’un milliard de francs CFA, auprès d’au moins onze investisseurs entre 2015 et 2020.

À l’époque, le mis en cause dirigeait notamment Virtual Advisors LLC et Liquide Inc., des structures actives dans les secteurs des technologies, du commerce électronique et de différents services. Selon l’accusation, il aurait présenté à ses partenaires une image de grande réussite financière, allant jusqu’à mettre en avant des biens immobiliers et des véhicules de prestige afin de rassurer de potentiels investisseurs.

Des investissements qui auraient servi à financer un train de vie luxueux

D’après les éléments rapportés dans le dossier, Amadou K. D. aurait convaincu plusieurs personnes d’injecter des capitaux dans différents projets liés notamment à la technologie, à la santé, à l’immobilier et aux services destinés à la diaspora africaine.

Les investisseurs auraient signé des reconnaissances de dette convertibles leur garantissant notamment un rendement minimal de 10 %, le remboursement de leur capital ou la possibilité de convertir leur créance en parts dans les entreprises concernées.

Mais, selon le parquet américain, une partie importante des sommes collectées n’aurait finalement pas été affectée aux projets annoncés.

L'accusation estime notamment que des fonds auraient servi à couvrir des dépenses personnelles : logement, véhicules de luxe, vêtements, restaurants, clubs de sport, spas ou encore achats en ligne.

Parmi les dépenses citées figurent l’acquisition d’une Rolls-Royce Ghost pour environ 133 778 dollars et d’une Ferrari 458 Spider pour quelque 177 185 dollars.

Certains investisseurs auraient même puisé dans leur épargne-retraite pour participer aux projets présentés par le Sénégalais.

Deux anciens ministres de Macky Sall cités dans le dossier

L’affaire comporte également un volet de corruption internationale. Le DOJ reproche à Amadou K. D. d’avoir offert ou promis certains avantages à des responsables publics étrangers.

Deux anciens ministres du régime de Macky Sall, dont les noms ne sont pas divulgués dans les documents judiciaires, apparaissent ainsi dans le dossier sous les appellations « Official 1 » et « Official 2 ».

Le premier aurait bénéficié, lors d’un séjour aux États-Unis, d’un déplacement en hélicoptère pour assister à une rencontre des Lakers. La société Virtual Advisors aurait également pris en charge certains frais liés à son séjour, notamment l’hébergement, les déplacements et des activités de divertissement.

Le second aurait, de son côté, reçu la visite d’Amadou K. D. au Sénégal en décembre 2018. Selon l’accusation, le Sénégalais lui aurait alors promis cinq véhicules destinés à une campagne politique.

La justice américaine estime que ces avantages auraient été proposés dans le but d’obtenir, en contrepartie, une assiette foncière.

Les documents judiciaires ne précisent toutefois pas si les cinq véhicules ont effectivement été remis ni si les terrains recherchés ont finalement été obtenus.

Dix-huit chefs d’accusation

Initialement, la procédure engagée en mai 2023 comportait davantage de chefs d’accusation. Après plusieurs évolutions du dossier et l’abandon de certaines charges portant sur des transferts financiers suspects évalués à environ 193 000 dollars, 18 chefs d’accusation restent actuellement retenus contre Amadou K. D.

Ils comprennent notamment 15 chefs de fraude électronique, deux chefs liés à des transactions portant sur des produits présumés issus d’activités criminelles et un chef de corruption internationale.

Le prévenu, qui résidait à Laguna Niguel, en Californie, conteste certains éléments du dossier par l’intermédiaire de sa défense.

Ses avocats s’appuient notamment sur les analyses réalisées par trois cabinets d’experts concernant les flux financiers examinés dans le cadre de l’enquête. Ils soutiennent que certaines opérations présentées comme suspectes seraient en réalité licites.

Le parquet américain demande pour sa part le rejet de cette requête, estimant notamment que les expertises ont été communiquées tardivement et que leur fiabilité ne pourrait pas être correctement évaluée dans les conditions proposées par la défense.

Une audience est prévue le 10 septembre pour examiner ce différend procédural.

À ce stade, les accusations portées contre Amadou K. D. demeurent soumises à l’appréciation de la justice américaine. Le procès devra notamment permettre de déterminer la réalité des opérations financières reprochées et les éventuelles responsabilités dans le volet de corruption internationale.