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Etimboué trace sa feuille de route : un Plan de Développement de 50 milliards FCFA adopté à l'unanimité

Rédigé par leral.net le Dimanche 19 Avril 2026 à 16:19 | | 0 commentaire(s)|

Omboué, 16 avril 2026. Le Conseil départemental d'Etimboué a tenu ce jeudi sa première session de l'année sous la présidence de Hans Augoula Avoungou. A l'issue de trois heures de débats, les conseillers ont adopté quatre délibérations majeures dont le Plan de Développement Local d'Etimboué pour la période 2026-2030, doté d'une enveloppe ambitieuse de 50 milliards FCFA.
Un quorum atteint, des débats sans détour La séance s'est ouverte à 10h30 après l'appel nominatif des 19 (...)

- ECONOMIE /

Omboué, 16 avril 2026. Le Conseil départemental d'Etimboué a tenu ce jeudi sa première session de l'année sous la présidence de Hans Augoula Avoungou. A l'issue de trois heures de débats, les conseillers ont adopté quatre délibérations majeures dont le Plan de Développement Local d'Etimboué pour la période 2026-2030, doté d'une enveloppe ambitieuse de 50 milliards FCFA.

Un quorum atteint, des débats sans détour

La séance s'est ouverte à 10h30 après l'appel nominatif des 19 conseillers. Quinze étaient présents, quatre excusés et représentés par procurations. Six points figuraient à l'ordre du jour, tous examinés.

1. Un budget 2026 de 275 314 905 FCFA jugé insuffisant au regard des richesses du territoire

Les élus ont adopté le budget prévisionnel 2026 de 275 314 905 FCFA tel que proposé par la tutelle à Port-Gentil. Mais ils dénoncent à l'unanimité une allocation qui ne reflète pas le poids économique d'Etimboué, première zone de production de richesse du pays grâce au pétrole, au gaz, à la forêt, au tourisme et à la pêche.

Le Conseil demande donc une correction rapide. Il prévoit d'envoyer au Ministère du Budget, sous 15 jours, une note chiffrée comparant la contribution fiscale du département à sa dotation de 275 314 905 FCFA. Objectif : obtenir un budget rectificatif 2026 et lancer une réflexion sur un budget alternatif indexé à 2 pour cent des recettes fiscales générées localement.

2. 400 millions FCFA de créances à recouvrer

Le Conseil engage des poursuites pour récupérer environ 400 millions FCFA dus par certains opérateurs économiques. Avocats et huissiers seront mobilisés.
L'ambition est claire : récupérer au moins 60 pour cent des sommes avant décembre 2026, constituer des dossiers solides par débiteur et assainir la liste des redevables. Un cabinet spécialisé sera recruté sous 30 jours et l'état d'avancement publié chaque trimestre.

3. Un état des lieux exigé sous trois mois

Pour mieux piloter l'institution, les conseillers ordonnent un diagnostic organisationnel et matériel complet. Inventaire du patrimoine, cartographie des effectifs et des compétences, livre blanc des besoins en équipement et formation : tout doit être prêt d'ici le 31 juillet 2026 pour un arbitrage budgétaire dès août.

4. Le PDL 2026-2030 : 50 milliards pour sortir de l'enclavement
Quatrième délibération majeure : l'adoption à l'unanimité du Plan de Développement Local présenté par le Sénateur du département.

Le PDL d'Etimboué, dans sa formulation, a été réalisé sous la supervision du Sénateur Georges MPAGA, par ailleurs membre du Conseil départemental d'Etimboué, et sous la coordination du Président du Conseil départemental Hans Augoula Avoungou.

Tout au long des différentes étapes, les conseillers départementaux, les conseillers municipaux, les communautés locales, la société civile et autres acteurs influents locaux ont été associés. Sur le plan de sa conception, le PDL a bénéficié de l'assistance d'une équipe d'experts de haut niveau.

Le constat : 10 500 habitants, 60 villages sans eau ni électricité, des atouts naturels exceptionnels, mais un seul dispensaire vétuste, des écoles insuffisantes, des routes coupées six mois par an et 80 pour cent du territoire sans réseau.

La vision 2030 : faire d'Etimboué un modèle de développement inclusif avec l'accès à l'eau et à l'électricité pour 95 pour cent de la population, un taux de scolarisation secondaire supérieur à 75 pour cent, des emplois pour les jeunes, le désenclavement physique et numérique, et la valorisation locale des ressources.

Quatre axes guideront l'action : services de base avec forages solaires et kits électriques, capital humain avec écoles et centre de formation professionnelle, filières économiques autour de la pêche, de l'agriculture et du bois, infrastructures avec la réhabilitation prioritaire de l'axe Omboué-Gamba et la 4G dans les bourgs.

Le budget de 50 milliards FCFA sur cinq ans privilégie les services de base. Les projets industriels lourds sont reportés ou testés en pilote.

5. Théorie du changement : des services de base à la transformation structurelle

Le PDL d'Etimboué repose sur une théorie du changement claire. Si l'on garantit l'accès universel aux services de base : eau, électricité, santé, éducation, connectivité, alors les conditions de vie s'améliorent et les coûts sociaux baissent.
Si l'on renforce simultanément le capital humain par la formation et l'emploi local, alors les jeunes et les femmes deviennent acteurs de l'économie et non spectateurs.

Si l'on désenclave physiquement et numériquement le territoire tout en sécurisant des débouchés pour la pêche, l'agriculture et le bois, alors les filières locales se structurent et créent de la valeur ajoutée sur place.

Si l'on arrime les opérateurs extractifs, forestiers, agricoles, halieutiques et touristiques à une contribution mesurable au PDL, alors le département capte enfin une part équitable de la richesse qu'il génère.

L'impact final attendu : passer d'un territoire riche mais pauvre en services à un département modèle de développement inclusif, résilient et souverain sur ses ressources d'ici 2030. Les changements intermédiaires seront suivis par 60 comités villageois et des rapports publics trimestriels.

6. Stratégie de financement : des mécanismes diversifiés et des contributeurs ciblés

Le financement du Plan de Développement Local d'Etimboué sera assuré par différents mécanismes, notamment les subventions publiques, les partenaires techniques et financiers, les partenariats public-privé, la PIH, la PID, la RSE, les fonds communautaires y compris les transferts infranationaux.

A ce titre, tous les opérateurs des secteurs extractifs, forestiers, agricoles, halieutiques et touristiques implantés dans le territoire du département d'Etimboué seront les principaux contributeurs. Toute nouvelle convention avec ces opérateurs devra désormais inclure une contribution mesurable au PDL, conformément à l'Exigence 6.1 a) de la Norme ITIE 2023.

7. Un calendrier de plaidoyer serré dès avril

Pour mobiliser ces ressources, le Conseil lance une offensive dès ce mois-ci : demandes d'audience au Président de la République, au Président de l'Assemblée nationale et au Président du Sénat, présentations du PDL à Libreville, Port-Gentil et Omboué, réalisation d'un film de plaidoyer de 15 minutes, campagne numérique et table ronde des bailleurs à Port-Gentil avant fin mai 2026.
Objectif : obtenir des engagements fermes de l'État et des partenaires d'ici fin juin et mobiliser 10 milliards dès la première année.

Prochaine étape

Le Comité de pilotage du PDL doit être installé dans les 30 jours. Les actions à impact rapide viseront en priorité les 60 villages sans eau ni électricité. La gouvernance repose sur un comité stratégique national, un comité de pilotage départemental incluant chefs traditionnels, jeunes, femmes et société civile, et 60 comités villageois.

Avec ce Plan, Etimboué veut prouver qu'un budget réaliste, bien exécuté, transforme la vie quotidienne et pose les bases d'un développement durable, malgré une dotation 2026 limitée à 275 314 905 FCFA.

JBA



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/economie/article...