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“Farba Ngom : L'urgence d'une décision humanitaire”, Par Mamadou Lamine Ly, Ancien chef de l'IEF de Matam

L'état de santé du député Mamadou Ngom dit Farba est très préoccupant. Depuis environ neuf mois de détention provisoire, ce n'est que très récemment, le 15 décembredernier, qu'il a été entendu sur le fond de l'affaire. Il avait été aperçu alors, arrivant en ambulance, complètement affaibli et sous médication. Selon les informations disponibles, plusieurs expertises médicales auraient conclu à l'incompatibilité de son état médical avec la détention ordinaire, en raison de risques graves ( y compris cardiovasculaires).


Rédigé par leral.net le Mercredi 28 Janvier 2026 à 16:47 | | 1 commentaire(s)|

" Le pouvoir qui craint la vérité finit toujours par juger ceux qui la portent." Vaclav Havel

“Dans ces conditions, une liberté provisoire pour raisons médicales, apparaît comme une mesure de bon sens, permettant une prise en charge adéquate, au lieu d'une aggravation physique, psychologique et morale liée aux conditions carcérales. D'autant que rien n'indique un risque de fuite : l'intéressé dispose de ses biens, de sa famille et de solides attaches au Sénégal.

Pourtant, des alternatives à la détention existent. Un contrôle judiciaire ou une assignation à résidence, auraient pu constituer une liberté provisoire pour raisons médicales. Par ailleurs, Farba Ngom avait proposé une caution importante et offert des garanties immobilières et financières considérables, toutes rejetées.

Sans préjuger des charges qui lui sont opposées, il apparaît néanmoins légitime d'envisager une liberté provisoire pour des raisons strictement humanitaires, afin d'éviter une aggravation irréversible de son état de santé, déjà fragilisé par une détention prolongée.

La justice y gagnerait à montrer que l'humanité peut accompagner la rigueur du droit. Farba Ngom est un acteur politique connu, ayant joué un rôle central pour son parti dans le département de Matam et bénéficié d'une forte légitimité électorale. Cet élément de contexte mérite d'être mentionné avec mesure, même si certains discours publics peuvent, ça et là, entretenir un doute sur la neutralité du regard porté sur sa situation.

Après neuf mois de détention provisoire, la question se pose avec acuité : comment justifier la prolongation de cette mesure à l'égard d'un présumé innocent, dont l'état de santé est jugé critique ? Une décision rapide s'impose avant que l'irréparable survienne, alors même que la dégradation de sa santé, due en partie, aux conditions carcérales, constitue déjà un fait établi.

Contrairement à certaines pratiques observées antérieurement, Farba Ngom est resté digne, stoïque et discret dans l'épreuve, sans mise en scène de sa situation destinée à infléchir le cours de la procédure.

L'on pourrait relever, que dans des situations comparables, certains prévenus ont bénéficié de mesures plus favorables. Cette différence d'appréciation mérite d'être observée avec retenue, sans tirer de conclusions hâtives.

Je ne saurais conclure sans témoigner que Farba est reconnu pour son affabilité, sa sincérité et son engagement constant au service des autres et de sa communauté.”






Mamadou Lamine Ly

Ousseynou Wade