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Fonds Force Covid-19 : le non-lieu confirmé pour Alassane Diallo et Ibrahima Issa

Rédigé par leral.net le Jeudi 17 Septembre 2026 à 01:01 |

Poursuivis dans le dossier des Fonds Force Covid-19 pour un montant de 119,87 millions de FCFA, l’ancien DAGE du ministère des Mines Alassane Diallo et l’homme d’affaires Ibrahima Issa bénéficient désormais d’un non-lieu définitif. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a confirmé la décision du juge d’instruction, tandis qu’un certificat de non-pourvoi a été délivré le 14 septembre 2026.


Le dossier des Fonds Force Covid-19 connaît une nouvelle évolution judiciaire. Alassane Diallo, ancien directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) du ministère des Mines et de la Géologie, et l’homme d’affaires Ibrahima Issa ne font désormais plus l’objet de poursuites dans le volet qui les concernait.

Les deux hommes étaient poursuivis pour détournement de deniers publics portant sur 119,87 millions de FCFA. Le juge du 3ᵉ cabinet d’instruction avait prononcé un non-lieu, une décision ensuite confirmée par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar.

Un paiement effectué avant la réalisation des travaux

L’affaire trouve son origine dans le rapport de la Cour des comptes consacré à la gestion 2020 et 2021 du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19.

Aux pages 118 et 119 du rapport, les magistrats financiers avaient relevé le paiement de 73,2 millions de FCFA au « Groupe Issa » pour des travaux liés à la construction d’une unité de traitement gravimétrique à Kédougou, alors que ces travaux n’avaient pas encore été réalisés.

À l’époque, Alassane Diallo occupait les fonctions de DAGE du ministère des Mines, tandis qu’Ibrahima Issa dirigeait le Groupe Issa.

Devant les enquêteurs puis le juge d’instruction, Alassane Diallo avait reconnu que le paiement avait été effectué avant la réalisation des travaux. Il avait expliqué que le projet consistait à mettre en place un centre de gravimétrie destiné notamment aux orpailleurs affectés par la pandémie.

Selon ses déclarations, le marché avait été attribué à la Société commerciale du Groupe Issa (SCGI). Le matériel nécessaire représentait 119,87 millions de FCFA et les travaux de construction étaient estimés à 73,2 millions.

Le principal problème résidait, selon lui, dans l’absence de terrain disponible pour accueillir l’installation. Il avait indiqué avoir sollicité le gouverneur de Kédougou pour obtenir une parcelle de 1 000 m², sans résultat.

À l’approche de la clôture de l’exercice budgétaire, il aurait alors obtenu l’autorisation verbale de sa hiérarchie pour procéder au paiement afin d’éviter la perte des crédits. Il reconnaissait néanmoins que l’opération avait été effectuée sans service fait.

Des éléments versés au dossier

Ibrahima Issa avait, de son côté, soutenu que la première partie du marché, portant sur l’acquisition du matériel, avait bien été exécutée. Les travaux n’avaient cependant pas démarré en raison de l’absence de terrain.

Le dossier d’instruction a notamment fait apparaître un procès-verbal de constat d’huissier daté du 14 avril 2023. Accompagné de photographies, celui-ci attestait de la présence d’une partie du matériel, évaluée à environ 80 millions de FCFA, au domicile d’Ibrahima Issa et au siège de son entreprise.

Une facture du 3 août 2020, établie par la société chinoise HALA TRADING CO LIMITED, figurait également parmi les pièces du dossier.

Après une correspondance du 28 avril 2023 du Directeur de l’Exploitation minière artisanale et à petite échelle (DEMAPE), Ibrahima Issa avait par ailleurs indiqué avoir acheminé le matériel à Kédougou les 2 et 5 mai 2023. Un bordereau de livraison daté du 8 mai 2023 avait été produit pour étayer cette déclaration.

Le juge ne retient pas l’intention de détourner les fonds

Dans son ordonnance de non-lieu rendue le 29 juin 2026, le juge du 3ᵉ cabinet d’instruction a constaté l’existence d’un paiement effectué sans service fait.

Pour autant, le magistrat a considéré que cet élément ne suffisait pas, à lui seul, à caractériser le détournement de deniers publics. Il s’est notamment appuyé sur les éléments relatifs à l’existence du matériel, les documents produits par le Groupe Issa et son acheminement ultérieur à Kédougou.

Le juge a également pris en compte les explications concernant l’indisponibilité du terrain devant accueillir le centre.

Dans son ordonnance, il a estimé que la procédure ne permettait pas d’établir une volonté de détourner les fonds publics. L’élément intentionnel de l’infraction n’ayant pas été caractérisé, le magistrat a prononcé le non-lieu.

Une décision du 25 juin 2025 avait auparavant ordonné la restitution à l’État des 73,2 millions de FCFA. Le parquet avait ensuite sollicité une requalification des faits et un renvoi devant le tribunal correctionnel.

La Chambre d’accusation confirme le non-lieu

Saisie après l’appel formé contre l’ordonnance de non-lieu, la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a rendu, le 3 septembre 2026, l’arrêt n°279.

La juridiction a déclaré l’appel recevable mais a confirmé, au fond, l’ordonnance de non-lieu dans toutes ses dispositions. La demande de restitution a, pour sa part, été déclarée irrecevable.

Un certificat de non-pourvoi a finalement été délivré le 14 septembre 2026 par le greffe de la Cour d’appel de Dakar.

Cette décision clôt donc, à ce stade, les poursuites visant Alassane Diallo et Ibrahima Issa dans ce volet du dossier.

Quel impact sur le dossier Aïssatou Sophie Gladima ?

Cette évolution intervient alors que l’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima, est elle-même poursuivie dans le cadre de cette affaire.

Son procès devant la Haute Cour de justice, siégeant à la Cour suprême, s’est ouvert le 22 juillet 2026 avant d’être renvoyé après vacation à la demande de ses conseils.

La défense de l’ancienne ministre avait notamment soulevé la question de la situation judiciaire des personnes présentées comme les auteurs principaux présumés. Me Michel Simel Basse avait estimé qu’il était juridiquement délicat de poursuivre pour complicité une personne alors que les deux personnes poursuivies comme auteurs principaux avaient obtenu un non-lieu.

La confirmation définitive du non-lieu concernant Alassane Diallo et Ibrahima Issa constitue désormais un élément nouveau dans ce dossier. Son éventuelle portée sur la procédure visant Aïssatou Sophie Gladima relève toutefois de l’appréciation de la Haute Cour de justice.




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