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Gabon I Grève des enseignants : Une crise héritée du régime déchu, un test majeur pour l'État gabonais

Rédigé par leral.net le Mardi 10 Février 2026 à 12:13 | | 0 commentaire(s)|

Libreville le 10 février 2026-La grève des enseignants qui secoue aujourd'hui le système éducatif gabonais ne saurait être analysée comme un fait isolé ni comme une difficulté née récemment. Elle est l'aboutissement de dysfonctionnements structurels anciens, hérités du régime déchu, et place désormais les autorités actuelles face à une responsabilité historique.
Contrairement à certaines lectures simplistes, les revendications des enseignants ne datent pas d'aujourd'hui. Elles (...)

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Libreville le 10 février 2026-La grève des enseignants qui secoue aujourd'hui le système éducatif gabonais ne saurait être analysée comme un fait isolé ni comme une difficulté née récemment. Elle est l'aboutissement de dysfonctionnements structurels anciens, hérités du régime déchu, et place désormais les autorités actuelles face à une responsabilité historique.

Contrairement à certaines lectures simplistes, les revendications des enseignants ne datent pas d'aujourd'hui. Elles s'inscrivent dans une longue accumulation de frustrations liées aux situations administratives non régularisées, aux rappels de solde impayés, aux conditions de travail précaires et au manque de considération institutionnelle. Ces problèmes remontent pour l'essentiel à l'époque du régime d'Ali Bongo Ondimba et de ses différents gouvernements.

Un passif lourd laissé par l'ancien régime

Sous le régime déchu, la gestion des crises sociales dans le secteur de l'éducation a souvent privilégié la contrainte à l'écoute. À cet égard, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, devenue virale, refait régulièrement surface dans l'opinion publique. On y voit Monsieur Alain Claude Bilie-By-Nze, alors haut responsable du gouvernement, appeler fermement les enseignants grévistes à regagner les salles de classe, allant jusqu'à évoquer la suspension des salaires pour ceux qui persisteraient dans le mouvement.

Pour de nombreux enseignants, cette séquence symbolise une époque marquée par le mépris du dialogue social et l'absence de solutions durables. Elle reste gravée comme le reflet d'une gouvernance qui a préféré la menace administrative à la résolution structurelle des problèmes de fond.

Oligui Nguema face à l'héritage d'Ali Bongo Ondimba

Aujourd'hui, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, se retrouve confronté aux conséquences directes de ces années de négligence. La crise actuelle n'est donc pas uniquement un défi de gouvernance présent, mais aussi le résultat d'un passif lourd laissé par Ali Bongo Ondimba et son gouvernement.

Dans un contexte de transition et de refondation de l'État, le Chef de l'État est attendu non pas sur des mesures coercitives, mais sur sa capacité à rompre avec les méthodes du passé. L'opinion publique espère une approche fondée sur l'écoute, la vérité et le courage politique, afin de restaurer la confiance entre l'État et le corps enseignant.

Le rôle clé du ministère de l'Éducation nationale

Au cœur de cette crise, Madame Camélia Ntoutoume Leclercq, Ministre d'État, Ministre de l'Éducation nationale, de l'Instruction civique et de la Formation professionnelle, joue un rôle déterminant. Les enseignants attendent désormais plus que des annonces : ils réclament des actes concrets pour solder les dossiers hérités, corriger les injustices accumulées et stabiliser durablement le système éducatif.

La gestion de cette crise constitue un test décisif pour le ministère, appelé à démontrer que l'État gabonais a véritablement changé de méthode et de vision.

L'école, enjeu de rupture et de refondation

Une certitude s'impose : la crise de l'éducation est le miroir des échecs du passé et l'épreuve de vérité du présent. Le Gabon ne peut plus se permettre de traiter l'école comme une variable d'ajustement politique.

Si la grève des enseignants trouve ses racines dans les errements du régime déchu, sa résolution dépend désormais de la capacité des autorités actuelles à engager une rupture claire, sincère et durable. L'avenir de la jeunesse gabonaise en dépend.

L'histoire retiendra une chose : on ne reconstruit pas une nation sans respecter ceux qui éduquent ses enfants.

Wesley A



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/education/articl...