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International

Gaza : les prématurés pris au piège d’un système de santé à bout de souffle

Rédigé par leral.net le Lundi 14 Septembre 2026 à 13:30 |

À l’hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de Gaza, les services de néonatologie font face à une situation alarmante. Faute de couveuses, d’oxygène, de médicaments et de places disponibles, plusieurs nourrissons doivent partager le même équipement, tandis que les cas nécessitant des soins spécialisés deviennent de plus en plus difficiles à prendre en charge.


À Gaza, la naissance d’un enfant prématuré peut rapidement se transformer en course contre la montre. À l’hôpital Nasser de Khan Younès, les équipes de néonatologie travaillent avec des moyens extrêmement limités, alors que les besoins ne cessent d’augmenter.

Deux nourrissons peuvent être installés dans une même couveuse, un équipement normalement destiné à un seul bébé. Dans certaines situations, trois nouveau-nés doivent même se partager le même appareil.

Le chef du service de néonatologie, Hatem Dhahir, décrit une situation « catastrophique » et en constante dégradation. Selon lui, les couveuses disponibles ne suffisent plus et de nombreux bébés ont besoin d’un apport en oxygène.

Des besoins en hausse

La situation est d’autant plus préoccupante que les équipes médicales font état d’une augmentation des naissances prématurées et des naissances de bébés présentant un faible poids.

En mars, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) indiquait que 70 % des nouveau-nés étaient nés avant terme ou avec un poids insuffisant.

Dans un rapport publié en juin, une commission d’enquête mandatée par l’ONU a également souligné les conséquences des pénuries alimentaires, du manque de médicaments et de l’effondrement du système de santé sur les grossesses.

Des hôpitaux saturés

L’hôpital Nasser tente de transférer certains nourrissons vers d’autres établissements, mais ceux-ci sont eux aussi confrontés à une forte saturation.

Cette situation complique particulièrement la prise en charge des nouveau-nés souffrant de pathologies graves nécessitant des interventions spécialisées.

Le cas d’une fillette née fin août avec une grave malformation cardiaque illustre ces difficultés. Son état nécessitait une intervention rapide, mais après une semaine en néonatologie, elle a dû quitter l’établissement faute de place et de possibilités de traitement adaptées.

Un système de santé profondément fragilisé

Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, de nombreux établissements de santé de Gaza ont été détruits ou endommagés. Les restrictions concernant l'entrée de certaines marchandises ont également contribué, selon des médecins et des organisations humanitaires, aux pénuries de matériel médical.

Les autorités israéliennes contestent l’existence d’un blocage et affirment que les restrictions concernent notamment des équipements susceptibles d’avoir un « double usage » civil et militaire.

En mai, l’Organisation mondiale de la santé avait notamment indiqué que certains équipements médicaux, dont des concentrateurs d’oxygène, du matériel de laboratoire et des équipements orthopédiques, figuraient parmi les matériels concernés.

La survie grâce à la mobilisation des soignants

Face à cette situation, les équipes médicales tentent de maintenir les services de néonatologie en fonctionnement malgré le manque de ressources.

L’Unicef indique avoir fourni près d’une centaine de couveuses à six hôpitaux de Gaza depuis octobre 2023. Mais pour Toby Fricker, responsable de la communication de l’organisation pour les territoires palestiniens, le fonctionnement des services repose encore largement sur la résilience des médecins et des patients.

Malgré les conditions extrêmement difficiles, certains nouveau-nés parviennent à surmonter ces épreuves. Le témoignage de Thaer Harzallah, dont le fils a passé un mois en néonatologie avant de guérir, rappelle que derrière les chiffres se trouvent des familles confrontées quotidiennement à l’incertitude et à la peur.

À Gaza, les soignants continuent ainsi de faire fonctionner les services essentiels avec des moyens réduits, tandis que les besoins médicaux restent considérables.