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Gestion de la pandémie de la Covid-19 au Sénégal: LEGS-Africa relève plusieurs manquements

En partenariat avec Osiwa, LEGS-Africa a mené une étude d’évaluation de la riposte à la pandémie dans la gouvernance sanitaire, économique et sociale au Sénégal. Soutenus par des statisticiens et une quarantaine d’enquêteurs, les chercheurs ont décelé plusieurs manquements dans la gestion du gouvernement. "L’As"


Rédigé par leral.net le Mercredi 25 Août 2021 à 09:38 | | 0 commentaire(s)|

Gestion de la pandémie de la Covid-19 au Sénégal: LEGS-Africa relève plusieurs manquements
Les membres de LEGS-Africa sont soucieux de la gestion de la pandémie de coronavirus. Dans une étude publiée hier, le coordonnateur du projet, le sociologue Elimane Haby Kane et ses camardes, ont relevé plusieurs manquements qui ont impacté la gouvernance sanitaire, économique et sociale au Sénégal, causant ainsi des comportements de résistance chez les populations.

En effet, selon les enquêteurs, le premier manquement est lié à la gestion des données qu’ils jugent limitée et peu transparente, afin de mieux apprécier l’évolution épidémiologique.

«L’analyse épidémiologique est limitée par l’absence d’enquêtes représentatives régulières, qui permettent d’avoir une évaluation de la circulation du virus dans la population sénégalaise. Il est difficile de savoir qui est atteint ou qui ne l’est pas, d’autant plus qu’une grande partie des personnes qui contractent le virus, ne développent pas de symptômes», rapporte l’étude d’évaluation de la riposte à la pandémie dans la gouvernance sanitaire, économique et sociale au Sénégal, menée par LEGS-Africa en partenariat avec Osiwa.

De plus, soulignent les enquêteurs, les indicateurs sont majoritairement basés sur le nombre de tests qui reste faible dans le pays. «Mais la principale difficulté à laquelle nous sommes confrontés dans cette étude est l’accès aux données.

Le processus de collecte de données est peu clair, avec une absence de linkage des bases de données et d’un organe de gestion et de régulation des bases de données à caractère public
», ajoute la source. En plus de la non-transparence des données, le document renseigne que les décisions liberticides prises par l’État du Sénégal, dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, ont des fondements aussi bien au plan national qu’international.

En effet, selon les enquêteurs, les stratégies mises en œuvre par l’État du Sénégal, malmènent un certain nombre de principes d’éthique.

«La liberté et les droits sont entrés en contradiction avec les mesures de précaution et de bienfaisance. La proportionnalité n’a pas été appliquée et les conséquences socio-économiques sont désastreuses », soutiennent les chercheurs.

D’autant que, soulignent-ils, les décisions prises, pour l’essentiel, portent atteinte de manière considérable aux libertés fondamentales, garanties par la Constitution en son article 8. « Elles interrogent le fonctionnement démocratique parce qu’elles imposent souvent des situations exceptionnelles », ajoutent-ils.

En plus de ces manquements, Elimane Haby Kane et son équipe pointent les mesures drastiques contre les réalités d’une économie, majoritairement immédiate et informelle. Ils rappellent en effet, qu’avec l’avènement de la pandémie, les mesures prises par l’État ont eu des répercussions socio-économiques désastreuses.

«L’État a apporté une première réponse purement sanitaire, oubliant la portion congrue que représente le secteur formel, avec moins de 3% des entreprises et un nombre de salariés, estimé à environ 400.000 personnes. En moins de 10 jours (23 mars - 03 avril 2020), l’économie était presque à genoux», disent-ils.

Recommandations

Face à ces différents manquements, les chercheurs demandent au gouvernement d’instaurer une véritable culture de santé publique, pour éviter et/ou atténuer au maximum la survenance d’épidémies et leur dissémination. Ce, disent-ils, en misant sur la prudence et la prévention et avec une bonne coordination de tous les acteurs.

Les enquêteurs invitent aussi le gouvernement à refonder en profondeur le système de santé, pour le rendre résilient afin de faire face aux prochaines épidémies. Elimane Haby Kane et Cie préconisent également le relèvement du plateau technique des structures de santé, et aussi de remettre la prévention et la précaution appliquée, au centre des priorités des politiques de santé publique.

Ils recommandent dans la même veine, à l’Etat, de prévoir des sites de traitement, d’asseoir une bonne politique de stock, et surtout, de miser sur la recherche avec un financement adéquat, afin de disposer de données fiables.







L’As



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