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Grève des boulangers: «Fondé», «lakh» et beignets de mil ont la cote, mais beaucoup de restos et de gargotes impactés aux Parcelles Assainies

Dans la banlieue dakaroise, le manque de pain s’est fait ressentir dans beaucoup de ménages, qui ont été obligés de faire recours aux cuisines traditionnelles comme la bouillie de mil et les beignets de la même matière, pour assurer le petit déjeuner. L’absence du pain au niveau des boulangeries a également touché le travail de quelques gargotières, ces restauratrices de l’informel…


Rédigé par leral.net le Mercredi 10 Novembre 2021 à 15:40 | | 0 commentaire(s)|

Grève des boulangers: «Fondé», «lakh» et beignets de mil ont la cote, mais beaucoup de restos et de gargotes impactés aux Parcelles Assainies
Les Sénégalais ont été privés de pain hier et ceci, pour trois jours. Une décision prise par la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (FNBS) et le Réseau des boulangeries du Sénégal (RBS). Elle fait suite au refus des autorités de revoir à la hausse le prix du pain, réclamée depuis quatre ans par les boulangers.

Et hier, beaucoup de Dakarois se sont réveillés sans la baguette ou le bout de pain qui accompagne le petit déjeuner. Et dont nos compatriotes ne peuvent se passer au petit déjeuner. Le pain étant introuvable dans beaucoup de boulangeries, les consommateurs ont dû se rabattre sur la vieille recette de grand-mère, avec la bouillie de mil. Ceux qui, en revanche, tenaient coûte que coûte à avoir leur miche de pain, ont dû parcourir des kilomètres pour en trouver dans de rares boulangeries ouvertes et qui n’avaient pas suivi le mouvement de grève.

« Depuis 7 heures du matin, ma domestique était partie chercher du pain pour le petit déjeuner de mes trois enfants qui doivent aller à l’école. Mais, après avoir fait le tour de plusieurs unités, elle est revenue bredouille », s’est désolée la dame Marième Ndiaye.

Pour cette mère de famille, la situation a été très difficile à gérer, car les enfants sont habitués au pain. Face à cet imprévu, elle a dû se résoudre à aller acheter deux boîtes de ‘’Corn flakes’’ à la superette du coin, pour le petit déjeuner des enfants.

Quant à la dame Awa Faye, elle estime que cette journée a été très difficile pour elle qui n’était pas au courant de la grève. C’est après la prière du matin, en allant comme d’habitude se procurer une baguette de pain à la boulangerie du coin, que les ouvriers lui ont fait part de la grève des boulangers, elle-même consécutive à un arrêt total de production des meuniers.

Après avoir cherché dans quatre unités des Parcelles assainies sans succès, elle a dû se résoudre à rentrer pour faire de la bouillie aux enfants.

« J’ai recouru aux méthodes de ‘’grand-mère’’ pour satisfaire l’ensemble de ma famille », renseigne- t-elle, tout en invitant les Sénégalais à retourner à ces vieilles recettes, plus riches sur le plan nutritif que le pain et meilleures pour la santé. Matar Fall, conducteur d’une moto et livreur a dû quitter les Parcelles Assainies et rouler des kilomètres pour se procurer du pain à Liberté 6. Il confie qu’il ne peut pas se passer de pain pour son petit déjeuner avec le traditionnel café au lait bien chaud.

Les gargotes également impactées…

Ce ne sont pas seulement les ménages qui ont été touchés par la grève des boulangers. Les gargotières, en particulier, et les restaurateurs, en général, ont beaucoup souffert de ce manque de pain.

C’est le cas de Ndèye Marie, vendeuse de petit déjeuner à l’unité 24 des PA, qui a eu du mal à écouler ses mets composés de spaghetti, de thon, de « ndambé » et de petits pois ainsi que ces plats d’omelettes qu’elle vend chauds.

« D’habitude, avant 11 heures, j’écoule tous mes plats, car je reçois beaucoup de clients le matin, surtout les élèves qui vont à l’école et qui s’approvisionnent chez moi. Mais aujourd’hui, avec le manque criard de pain, je n’ai même pas vendu pour une valeur de 3000 FCfa. Car j’ai servi les élèves avec le peu de petits pains que mon livreur m’a remis ce matin à 7 heures. Les clients qui sont venus tard, n’ont pas pris leur petit déjeuner car je n’avais plus de pains », dit-elle avec désolation.

Faute de pain, la vendeuse était obligée ainsi de mettre tous ses produits au frigo, tout en nourrissant l’espoir d’avoir le pain dans la soirée d’hier.

C’est le même constat chez Alima Cissé, vendeuse de petit déjeuner devant le CEM unité 19 des PA. Elle explique que ses affaires ont subi les effets de la grève des boulangers.

« Je suis allée partout chercher du pain. Je n’ai pu trouver que du pain rassis, c’est-à-dire des invendus de la veille », confie notre interlocutrice, tout en souhaitant que les boulangers lèvent leur mot d’ordre de grève. Le pain étant un élément constitutif essentiel de son gagne-pain journalier.







Le Témoin


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