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Hantavirus sur un navire de croisière : l’OMS confirme l’absence de vaccin et de traitement spécifique


Rédigé par leral.net le Vendredi 8 Mai 2026 à 15:58 | | 0 commentaire(s)|

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a complété jeudi ses informations sur le foyer de hantavirus détecté à bord d’un navire de croisière ayant transité entre l’Argentine, Cabo Verde et plusieurs pays européens, tout en confirmant qu’aucun traitement antiviral spécifique ni vaccin n’est actuellement disponible.

Lors de la conférence de presse, Anaïs Legand, Technical Officer à l’OMS, a précisé qu’il n’existe à ce jour ni antiviral approuvé ni vaccin ciblant spécifiquement les hantavirus. Elle a toutefois rappelé que la prise en charge repose sur des soins de soutien précoces et intensifs, dès l’apparition des symptômes, ce qui peut améliorer significativement le pronostic des patients.

Elle a également souligné que les hantavirus font partie des familles virales intégrées dans les priorités de recherche de l’OMS. Dans ce cadre, l’Organisation soutient la coordination internationale autour du « R&D Blueprint », un dispositif visant à anticiper le développement de contre-mesures médicales pour les agents pathogènes à potentiel épidémique.

Selon elle, ce cadre encourage les scientifiques et les États à collaborer afin de développer, en amont des crises sanitaires, des diagnostics, traitements et vaccins pour les familles virales prioritaires.

Maria Van Kerkhove, responsable de l’unité des maladies émergentes à l’OMS, a rappelé que ce programme a été mis en place après l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2017. Il a d’abord identifié des pathogènes prioritaires présentant un risque épidémique ou pandémique et dépourvus de contre-mesures médicales.

Elle a précisé que cette approche a évolué vers une logique de « familles de pathogènes », permettant une vision plus globale et anticipative de la recherche. Cette stratégie vise à préparer les réponses scientifiques avant la survenue de nouvelles flambées.

Elle a cité les avancées obtenues grâce aux travaux sur les coronavirus SARS et MERS, ainsi que les progrès technologiques en matière d’ARN messager, mis à profit lors de la pandémie de COVID-19. Elle a insisté sur l’importance de maintenir les investissements en recherche, innovation et coordination internationale, en collaboration avec des partenaires comme la CEPI et d’autres acteurs scientifiques.

Dans le cadre de la gestion du foyer actuel, Tedros Adhanom Ghebreyesus a indiqué que les autorités sanitaires canadiennes suivent notamment deux ressortissants ayant embarqué à Sainte-Hélène, tandis que d’autres passagers font l’objet d’un suivi par les autorités compétentes.

Il a également confirmé la poursuite des échanges d’informations avec les États-Unis dans le cadre du règlement sanitaire international, rappelant que l’objectif de l’OMS est de garantir la sécurité sanitaire mondiale.

Concernant la gestion opérationnelle, le directeur général a indiqué que l’Espagne a accepté, à la demande de l’OMS, d’accueillir le navire dans les îles Canaries. Il a précisé avoir personnellement adressé une requête au Premier ministre espagnol, acceptée dans le cadre des obligations du règlement sanitaire international.

Tedros a souligné que, malgré les préoccupations locales, l’évaluation de risque reste faible pour la population des Canaries. Il a insisté sur la nécessité de protéger les passagers et l’équipage tout en respectant leur dignité.

Les passagers à bord ont été placés en confinement dans leurs cabines, avec des mesures de désinfection en cours et une isolation immédiate des cas symptomatiques. Une équipe d’experts de l’OMS, accompagnée de médecins néerlandais et d’un expert du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), est présente sur le navire pour évaluer les risques et superviser la réponse sanitaire.

Douze pays ont été informés en raison de la dispersion des passagers après l’escale de Sainte-Hélène, parmi lesquels le Canada, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, Saint-Kitts-et-Nevis, Singapour, la Suède, la Suisse, la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Les investigations se poursuivent également sur l’origine probable de l’infection, les premiers cas ayant voyagé en Amérique du Sud (Argentine, Chili, Uruguay), zones connues pour la présence de rongeurs porteurs du virus Andes. L’OMS collabore avec les autorités argentines afin de retracer les déplacements des personnes concernées.

Dans ce cadre, 2 500 kits de diagnostic ont été mobilisés et expédiés vers plusieurs pays pour soutenir les capacités de détection en laboratoire. L’OMS a remercié plusieurs partenaires techniques et scientifiques, dont les autorités sanitaires de Cabo Verde, du Royaume-Uni, de l’Espagne, des Pays-Bas, de l’Afrique du Sud, ainsi que l’Institut Pasteur de Dakar et d’autres institutions impliquées.

Enfin, Tedros Adhanom Ghebreyesus a insisté sur la dimension globale de la sécurité sanitaire, affirmant que les virus ne connaissent ni frontières ni considérations politiques. Il a rappelé que la coopération internationale et la solidarité demeurent, selon lui, les principaux leviers de protection collective face aux risques infectieux émergents.

Apanews

Mame Fatou Kebe