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Iran: qu'est-ce que la «flotte moustique» qui semble peser sur les négociations?

Rédigé par leral.net le Vendredi 24 Avril 2026 à 11:37 | | 0 commentaire(s)|

L'incertitude plane toujours autour des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran. Donald Trump affirme que les négociations pourraient reprendre dans les prochaines heures et déclare dans le même temps avoir ordonné à la marine américaine de « tirer et anéantir » tout bateau qui pose des mines dans le détroit d'Ormuz. Le régime iranien, de son côté, pose ses conditions : la levée du blocus contre la réouverture du détroit d’Ormuz. L'Iran continue de démontrer sa capacité de nuisance, notamment grâce à la « flotte moustique » qui continue de perturber le trafic maritime.


Iran: qu'est-ce que la «flotte moustique» qui semble peser sur les négociations?
L'idée est assez simple : au lieu de rivaliser avec les grandes marines avec de gros navires coûteux, l’Iran mise au contraire sur une multitude de petites embarcations rapides.

Une menace diffuse et discrète pour contourner la puissance navale américaine, explique Romain Mielcarek, chercheur à l'Université Paris-Dauphine et spécialiste des questions de défense, auprès d'Alice Froussard, du service international de RFI : « Ces tactiques d'essaim avec plein de petites vedettes légères et furtives, on a longtemps cru que leur logique principale était de pouvoir opérer dans une logique kamikaze, en allant attaquer en masse des navires américains. Ce qu'on voit depuis quelques semaines, c'est plutôt leur utilisation pour attaquer les pétroliers ou les porte-conteneurs qui sont présents dans le détroit, avec un armement assez léger, facile à transporter. »

Des centaines de navires

La grande force de ces navires, poursuit le chercheur, c'est qu'ils sont faciles à camoufler pour les Iraniens. Dissimulés le long des côtes, cachés dans des grottes, ils sont parfois noyés dans la masse des petites embarcations de pêche.

Et leur rapidité, jusqu'à 150 km/h, leur permet aussi d'échapper aux radars : « On ne sait pas exactement combien de navires ça représente. Il y a régulièrement eu de la communication côté iranien pour montrer et mettre en scène ces bateaux. Ce que l'on sait, c'est que c'est des volumes conséquents, plusieurs centaines de petits navires. Le nombre exact est inconnu. »

En tout cas, la menace qu'ils font planer suffit à réduire considérablement un trafic maritime déjà très contraint.

Pour l'ancien officier français et expert militaire Guillaume Ancel, cette menace diffuse et discrète continue de perturber le trafic maritime et peut « faire faire demi-tour à des navires importants » :

Les Iraniens ont d'abord utilisé des drones, au début de la guerre menée par la coalition américaine et israélienne contre l'Iran. Ils ont utilisé des drones pour frapper contre l'ensemble du golfe Persique. Ensuite, les Iraniens ont laissé penser qu'ils auraient pu laisser des mines dans le détroit d'Ormuz. Mais ça a été assez vite éventé parce que s'ils avaient laissé des mines, ils bloquaient eux-mêmes le passage dont ils ont besoin. Maintenant, ils nous sortent la «flotte moustique» qui est assez facile à utiliser.

«Ces toutes petites embarcations peuvent faire faire demi-tour à des navires important», explique Guillaume Ancel

Alice Froussard

Rfi