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"J'aspire à un Gabon où l'éducation ne se limite pas à la transmission de savoirs, mais développe les compétences, la créativité et le sens civique de chaque enfant" Eugène Boris Elibiyo

Rédigé par leral.net le Lundi 16 Février 2026 à 06:20 | | 0 commentaire(s)|

Le monde de l'éducation au Gabon connait un moment de trouble depuis un certain temps. Des solutions sont entrain d'être trouvées. La rédaction s'intéresse au "Leadership, Foi et Engagement pour une Éducation gabonaise Durable". Eugène Boris Elibiyo, planificateur des systèmes éducatifs et formateur à l'IFPE a répondu aux questions du journaliste.
Gabonews : Eugène Boris Elibiyo, vous êtes planificateur des systèmes éducatifs et formateur à l'IFPE. Qu'est-ce qui vous motive chaque jour (...)

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Le monde de l'éducation au Gabon connait un moment de trouble depuis un certain temps. Des solutions sont entrain d'être trouvées. La rédaction s'intéresse au "Leadership, Foi et Engagement pour une Éducation gabonaise Durable". Eugène Boris Elibiyo, planificateur des systèmes éducatifs et formateur à l'IFPE a répondu aux questions du journaliste.

Gabonews : Eugène Boris Elibiyo, vous êtes planificateur des systèmes éducatifs et formateur à l'IFPE. Qu'est-ce qui vous motive chaque jour dans votre mission ?

Eugène Boris Elibiyo :

Ma motivation, comme celle de nombreux professionnels du secteur, est profondément ancrée dans la conviction que l'éducation est la clé du développement d'une nation. Dans nos fonctions, nous ne faisons pas que planifier ou orienter des décisions : nous contribuons à bâtir un système éducatif cohérent, efficace et humain.
Chaque programme, chaque réforme, chaque orientation stratégique vise à permettre à nos enfants d'acquérir non seulement des connaissances, mais aussi des compétences, le sens des responsabilités et des valeurs civiques solides.
Être formateur à l'IFPE me permet de relier la planification stratégique aux réalités du terrain : comprendre les défis des enseignants, les accompagner et les outiller afin qu'ils deviennent de véritables catalyseurs de réussite pour leurs élèves.

Récemment, le secteur éducatif a été paralysé par une grève prolongée. Comment l'avez-vous vécue et quelles leçons en tirez-vous ?

Eugène Boris Elibiyo :

Cette période a constitué un véritable test pour le système éducatif gabonais. Le mot d'ordre de grève lancé par SOS Éducation a mis en lumière des défis persistants : régularisation des situations administratives, conditions de travail, qualité du dialogue social. Mais cette épreuve a également révélé la capacité de résilience et d'adaptation des acteurs éducatifs.
Il est important de souligner que SOS Éducation, ainsi qu'une partie de l'opinion publique, ont reconnu les efforts significatifs consentis par le gouvernement, notamment en matière de régularisation progressive des dossiers et d'amélioration des conditions professionnelles. Cette reconnaissance montre qu'à travers le dialogue et des actions concrètes, des solutions durables sont possibles.

En tant que professionnel du terrain, que retenez-vous de cette crise ?

Eugène Boris Elibiyo :

Cette séquence nous a rappelé que l'éducation n'est pas seulement un système administratif : c'est une communauté humaine. Il ne suffit pas d'élaborer des textes ou de concevoir des programmes ; il faut écouter, dialoguer et accompagner l'ensemble des acteurs — enseignants, élèves, parents et administrateurs.
Elle m'a également confirmé que nos missions doivent rester flexibles, réactives et centrées sur l'humain, car le soutien aux enseignants demeure un levier déterminant pour garantir une éducation de qualité.

Comment votre rôle de formateur à l'IFPE contribue-t-il à cette vision ?

Eugène Boris Elibiyo :

Être formateur me place au contact direct de celles et ceux qui forment nos enfants au quotidien. Cela me permet de transmettre des méthodes pédagogiques rigoureuses, mais aussi un esprit d'éthique, de responsabilité et d'innovation. Chaque enseignant formé devient un multiplicateur de compétences et de valeurs. Cette proximité avec le terrain enrichit notre réflexion stratégique et permet d'ajuster nos actions aux besoins réels du système éducatif.

Votre expérience personnelle influence-t-elle vos décisions professionnelles ?

Eugène Boris Elibiyo :

Oui, profondément. Être père et croyant me rappelle chaque jour que l'éducation concerne avant tout des êtres humains. Chaque décision prise en matière de planification ou de management des structures éducatives a des répercussions concrètes sur des enfants, des enseignants et des familles. Cette responsabilité exige de nous rigueur, vision stratégique et sens profond de l'humanité.

Dans ce contexte de reprise après la grève, quel avenir envisagez-vous pour l'éducation au Gabon ?

Eugène Boris Elibiyo :

J'aspire à un Gabon où l'éducation ne se limite pas à la transmission de savoirs, mais développe les compétences, la créativité et le sens civique de chaque enfant. Grâce à un engagement professionnel constant, à une concertation constructive entre les acteurs et au suivi des efforts engagés par les autorités, nous pouvons bâtir un système éducatif résilient, performant et valorisant.
Il est essentiel que chaque enseignant se sente reconnu et soutenu, et que chaque élève puisse évoluer dans un environnement sécurisant, stimulant et porteur d'avenir.

En une phrase, comment vous décririez-vous en tant que professionnel ?

Eugène Boris Elibiyo :

Je me considère comme un maillon engagé de cette grande chaîne que constituent les professionnels de l'éducation — planificateurs, formateurs et acteurs de terrain — qui œuvrent, pierre après pierre, à la construction d'un système éducatif efficace, humain et durable, convaincu que l'éducation demeure le moteur de la prospérité et de l'éthique au Gabon.

Propos recueillis par EBE/MTM



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/societe/article/...