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Journée internationale de la Fille: L'impact socio-économique de la Covid-19 les rend plus vulnérables

La Coalition Nationale des OSC pour l’Abandon du Mariage des Enfants au Sénégal, conclut dans sa nouvelle étude, que l’impact socio-économique de la pandémie de COVID-19 rend les filles encore plus vulnérables.


Rédigé par leral.net le Lundi 11 Octobre 2021 à 06:37 | | 0 commentaire(s)|

Alors que nous célébrons la Journée internationale de la Fille, ce 11 octobre, la Coalition Nationale des OSC pour l’Abandon du Mariage des Enfants au Sénégal (CONAME) présente son rapport de recherche sur l’impact de la pandémie de la COVID-19 sur les filles et les mariages d’enfants au Sénégal. Cette étude démontre que la fragilisation socio-économique des ménages, associée à la longue fermeture des écoles, a joué un rôle important dans la poursuite des mariages d’enfants, utilisés comme une stratégie pour faire face aux difficultés accentuées par la pandémie.

C’est entre les mois de mai et de septembre 2021 que la CONAME a mené l’étude intitulée "L’Impact de la COVID-19 sur le mariage des enfants au Sénégal". Des enquêtes auprès de 324 ménages et 402 jeunes filles âgées de 12 à 17 ans, ont été conduites à Kédougou, Kolda et Tambacounda, trois régions parmi les plus désavantagées du pays sur le plan socio-économique et où le phénomène des mariages d’enfants est le plus répandu. L'étude a surtout permis de donner la parole aux filles, pour faire entendre leurs voix sur comment elles perçoivent les mariages précoces.

Les conclusions de l’étude dressent un tableau inquiétant en termes d’augmentation des vulnérabilités pour les filles. Ainsi :

• Les filles interviewées ne cautionnent pas les mariages d’enfants. 6 filles sur 10 enquêtées considèrent qu’une fille ne doit être mariée qu’à partir de 18 ans.

• Parmi les jeunes filles non mariées, une proportion de 22,7% pensent qu’elles risquent d’être données en mariage avant l’âge de 18 ans. Les cinq principales raisons évoquées par les jeunes filles, pour justifier leur mariage, sont: éviter les grossesses hors mariage (58,7%), respecter les préceptes de la religion (55,6%), honorer le rang social de la famille (42,9%), perpétuer la lignée familiale (41,3%) et réduire les charges de leurs familles (36,5%).

• La fermeture des écoles a été jugée traumatisante pour de nombreuses jeunes filles enquêtées (66,4%), surtout que l’école représente aussi pour elles, le seul cadre d’échange et de partage d’expériences entre camarades.

• 10% des filles que nous avons enquêté ont été retirées de l’école lors de la fermeture des écoles. Ce taux de retrait est plus élevé dans la région de Kolda, où il atteint 16,5%.

• Il y a un décalage entre la perception des filles enquêtées qui pensent que les mariages d’enfants sont moins fréquents durant la pandémie de COVID-19 et les entretiens qualitatifs auprès des acteurs institutionnels et communautaires, montrant que celle-ci a contribué plus ou moins à une hausse du nombre de ces mariages. Ce contraste pourrait s’expliquer par le niveau différent d’accès à l’information. L’étude montre également que la pandémie n’a pas impacté la fréquence des grossesses précoces.

• Plus que la pandémie elle-même, ce sont son impact socio-économique et les mesures restrictives qui ont contribué à accroître la fréquence des mariages d’enfants, notamment au regard d’une augmentation des vulnérabilités des familles.

En cohérence avec les recommandations de l’étude, la CONAME et ses membres, appellent l’Etat à veiller à l’application stricte d’un cadre législatif adéquat pour lutter contre les mariages d’enfants mais aussi, à adopter une approche intégrée multi-sectorielle pour mettre fin aux mariages d’enfants, à travers l’élaboration d’un plan national d’action prévoyant des mesures concrètes, permettant la coordination des différents acteurs intervenant sur la question et bénéficiant d’un budget adéquat.

La CONAME est une alliance de 32 organisations de la société civile qui plaident ensemble depuis 2017, pour l’abandon du mariage des enfants au Sénégal.

Cette étude a été commanditée par la CONAME avec l’appui financier de l’Ambassade des Pays-Bas au Sénégal et du Partenariat Mondial Filles, Pas Epouses. Elle a été conduite par une équipe de chercheurs indépendants, sous la coordination de Save the Children et d’ENDA Jeunesse Action au nom de la CONAME.



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