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L'objectif de Tuchel au PSG: "Créer quelque chose de spécial autour d’un véritable esprit d’équipe et d’un style de jeu"

Sa signature au PSG, son projet de jeu, ses ambitions, le mercato... Thomas Tuchel, le nouvel entraîneur parisien, se confie dans une interview exclusive accordée à "Breaking Foot" sur SFR Sport.


Rédigé par leral.net le Mardi 22 Mai 2018 à 10:53 | | 0 commentaire(s)|

A quoi ressemblera le PSG de Thomas Tuchel?
Au final, j’espère que nos supporters tomberont amoureux de l’équipe. Qu’ils tombent amoureux de nos joueurs très talentueux mais surtout de l’équipe. Je veux qu’ils ressentent l’esprit d’équipe. Et puis c’est Paris, une ville excitante, la ville de l’amour, la ville lumière, une ville romantique. Nous devons nous inspirer de tout ça. Nous voulons jouer un football offensif, courageux, imposer beaucoup d’intensité. Nous voulons concurrencer les meilleurs, c’est clair.

Pouvez-vous nous raconter votre entretien d’embauche avec le PSG ? Comment avez-vous convaincu les dirigeants et comment les dirigeants vous ont-ils convaincu ?
Pour être honnête, j’ai eu le sentiment que tous les dirigeants à qui j’ai eu à faire,avaient une idée très précise de ce que j’avais fait jusque-là et de ce que je souhaitais. J’ai eu le sentiment qu’ils m’ont fait confiance dès le premier rendez-vous. C’était très rassurant, le climat était très positif. La ville aussi m’a donné envie, je connaissais déjà Paris pour y avoir passé des vacances avec ma femme. C’est une aventure, il y a tellement de talents ici. C’est un immense challenge d’arriver dans un club avec de telles ambitions. Je n’ai eu aucun doute.

Pourquoi avoir choisi le PSG? Vous aviez des contacts avec d’autres clubs?
Oui, j’ai eu beaucoup de contacts avec d’autres clubs. Mais ce climat de confiance, cette atmosphère spéciale m’a donné le sentiment que j’étais le premier choix, que les dirigeants avaient une idée très précise de ce que je pouvais leur apporter, de ce que j’avais réalisé jusque-là. Nous nous sommes retrouvés sur plein de choses dès le premier entretien et c’était très rassurant. Cela m’a donné un a priori très positif dès le début. Ce premier ressenti ne m’a plus quitté et aujourd’hui je suis très heureux d’être ici.

En France, les attentes sont très grandes pour le PSG en Ligue des champions mais la reconnaissance est moindre pour le titre de champion de France. Comprenez-vous cela?
C’est dangereux d’avoir ce mode de pensée. Car si vos ambitions sont tellement élevées, vous pouvez ne jamais les assouvir. Concrètement, combien de clubs peuvent remporter la Ligue des champions ? Peut-être douze, treize ou quatorze et au final, un seul club soulève le trophée. C’est beaucoup trop tôt pour parler de ça, c’est mon sentiment le plus profond. Pas seulement pour la Ligue des champions, mais aussi pour le championnat, les titres nationaux, c’est trop tôt. Tout d’abord, nous devons mettre en place un cadre, créer un véritable esprit d’équipe. Le chemin sera long. Quand nous aurons réussi à mettre en place cela, il faudra le préserver au quotidien. Dès le mois de juillet, chaque jour qui passe.

C’est seulement si ce processus se concrétise, si toute l’équipe s’y attelle ensemble, si chaque joueur s’y consacre, que le club pourra continuer à franchir des paliers. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons remporter les plus grands titres et remporter les gros matchs. Je crois intimement à tout ça. C’est le plus grand challenge. Et je vais démarrer par cela. On ne m’a jamais tenu comme discours : "Tu dois gagner ça, ça et ça en terme de titres". Non, nous voulons créer quelque chose de spécial autour d’un véritable esprit d’équipe et d’un style de jeu. Que chaque supporter présent au stade ou devant son écran ressente tout cela. Si l’on y parvient, qui sait…

Donc vous n’aurez pas d’objectif minimal en Ligue des champions la saison prochaine. Vous ne vous direz pas, nous devons au minimum atteindre les demi-finales ?
Je ne dirai pas ça aujourd’hui. C’est trop tôt pour cela. Reposez-moi la question au printemps pour savoir si nous sommes prêts. Si nous le sommes, c’est que nous aurons parcouru un long chemin entre-temps. Vous savez, je veux que les joueurs considèrent que les matchs de coupes contre des équipes de deuxième division sont aussi importants que les matches le mardi ou le mercredi en Ligue des champions.

C’est seulement si nous avons cet état d’esprit, que nous réussirons de grandes choses. On ne peut pas se fixer de priorités, se dire que tel ou tel match n’est pas important. C’est important pour l’état d’esprit, pour nos supporters. On ne doit pas se dire: "Ceci n’est pas un titre important et celui-là en est un". Non, c’est un long chemin qui doit amener l’équipe à se développer. C’est la clé de la réussite. Si tout le monde se consacre entièrement à ce projet, à cette volonté de faire progresser l’équipe, alors nous réussirons tous ensemble de grandes choses. Bien évidemment, je suis ici à Paris pour gagner, c’est très clair. Et nos objectifs sont les plus élevés qui soient. Personne ne peut avoir des objectifs plus élevés que j’ai pour moi-même, pour mon travail, pour les joueurs et pour l’équipe. Mais ça sera pas à pas.

Quelles seront vos attentes concernant le mercato? De quels joueurs avez-vous besoin?
Pour être honnête, si le mercato se terminait là, maintenant, je serais un homme heureux. Je serais le plus heureux. Cette équipe regorge de talents, de personnalités fortes, de joueurs expérimentés, de jeunes pépites : c’est un super mélange.

Il n’y a pas un poste où vous aimeriez recruter?
Bien sûr, le mercato ne se termine pas aujourd’hui et bien évidemment nous savons que Thiago Motta met un terme à sa carrière, lui qui était un élément capital au milieu de terrain. Bien sûr, nous cherchons à lui trouver un remplaçant. Mais ce n’est pas si simple. Il faut savoir faire confiance aux joueurs qui sont déjà là. Il faut que j’apprenne à tous les connaître, c’est la première chose. Chaque chose en son temps.

Car oui, j’ai pu analyser l’équipe en la voyant jouer à la télévision mais je ne sais pas ce qui se passe dans le vestiaire, je ne connais pas l’importance de chaque joueur vis-à-vis du groupe. Il me reste beaucoup de choses à découvrir sur le plan humain. Quand j’aurai eu ces discussions et que je pourrai faire confiance aux joueurs en place, alors je pourrai décider si nous avons besoin de recruter pour améliorer le groupe. Cela peut venir de l’extérieur, mais vous pouvez parfois le trouver au sein même de votre équipe. C’est aussi une manière de progresser.

Les jeunes joueurs par exemple ?
Oui parfois, si vous savez être patients, vous pouvez en tirer le même bénéfice. Et cela peut même être plus bénéfique que de toujours changer les joueurs. Mais, tout peut arriver.





Rmc



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