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La COS M23 crie son ras-le-bol sur les «dérives du régime de Macky Sall»

En conférence de presse cet après-midi de ce vendredi 23 février, la Commission Orientations et Stratégies M23 a crié son ras-le-bol sur les "dérives du régime Macky Sall", notamment sur les questions du front social, la gouvernance des ressources naturelles.


Rédigé par leral.net le Vendredi 23 Février 2018 à 21:59 | | 0 commentaire(s)|


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Commission Orientations et Stratégies
C.O.S./M23
L’Essentiel, le Sénégal
Conférence de presse
Texte Liminaire
          Le Sénégal, notre cher pays, se retrouve encore une fois, sous le feu  des projecteurs,  secoué qu’il est, par des épisodes difficiles de sa marche démocratique, sociale et économique. Les Sénégalais bien qu’habitués des faits, ajoutent aujourd’hui à leur quotidien, déjà insupportable du fait du coût élevé de la vie, les conséquences désastreuses d’une gestion à échéances déterminées des affaires publiques. Une gestion qui répond aux logiques d’une géométrie variable, concomitante à un agenda politique contrarié malheureusement par l’acuité d’une réalité socio-économique qui présage de lendemains sombres et difficiles à notre nation.
          Ainsi,  suite logique au pilotage à vue de nos gouvernants, ces jours-ci ont été le théâtre du bouillonnement d’un front  social aux mains des forces travaillistes et syndicales. Fortes de leurs éternelles revendications, celles-ci tiennent en haleine aussi bien un Etat du Sénégal en perte de repère et carrent de solutions viables, que des parents et élèves, dépassés par les événements dramatiques que traverse le secteur éducatif sénégalais. 
          Juste à côté, si les proches de quelques illustres justiciables crient à tue-tête leur ras le bol d’une justice téléguidée au fonctionnement mathématique, par le ciblage de coupables parfaits et bien calibrés, par ailleurs, le débat sur le processus électoral fait foison, à cause d’énormes failles et manquements au compte du pouvoir en place. Nous n’oublierons pas bien sûr dans notre étalage de préoccupations, la lancinante question de la gouvernance des ressources naturelles. Une gouvernance qui foule aux pieds, presque toutes les notions de transparence disposées par les différents cadres réglementaires et juridiques, censées être appliquées par le gouvernement au bénéfice des Sénégalais.
 
 
          Ajoutons à cela, les cris d’orfraie des consommateurs contre les coupures récurrentes de la distribution de l’eau, qui se fait une denrée rare, en plus d’être de très mauvaise qualité. Ceci, sans parler du prix du loyer hors de portée de la majorité des bourses de nos concitoyens.
          Aujourd’hui, les Sénégalais à commencer par le président de la République Monsieur Macky SALL et son gouvernement, les organisations politiques, les organisations de la Société civile ainsi que les forces travaillistes, doivent adopter des postures conséquentes et responsables, pour la résolution définitive des conflits et contentieux qui animent le front socioéconomique et bien sûr social. Ceci, pour épargner aux Sénégalais de subir encore et toujours, les foudres d’une guéguerre qui en réalité, est une charge supplémentaire aux difficultés confrontées et qui sont toujours d’actualité. Tout en reconnaissant quelque part ces efforts faits par l’Etat du Sénégal dans certains secteurs, pour l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens, nous le tenons néanmoins, entièrement responsable de cette situation résultant de sa gestion autocratique et dictatoriale.
          Dès lors, face aux risques très élevés de troubles sociaux du fait d’un pouvoir qui a longtemps fait dans l’ostracisme et le dilatoire, l’action avisée s’impose à tout Sénégalais, en vue de préserver les acquis et promouvoir davantage les principes qu’impose cette situation alarmante. En conséquence, la Commission Orientations et Stratégies COS/M23 fidèle à son statut d’organisation souveraine et totalement libre de toute emprise en dehors de l’intérêt général, prend encore une fois position, pour que nul n’en ignore.
          Ainsi, s’agissant du front social avec les forces travaillistes, la COS/M23 recommande des négociations franches et réalistes de part et d’autre. Autant au gouvernement  qu’aux syndicats des enseignants et du secteur sanitaire, nous demandons des  engagements réalisables et des revendications acceptables et possibles. Nous renvoyons le Président de la République Monsieur Macky SALL à ses engagements et les accords signés en 2014, ses promesses de réparation de la discrimination sur les traitements salariaux appliqués aux fonctionnaires, pour enclencher des solutions à ces problèmes récurrents. Nous lui suggérons de respecter les différents protocoles et accords signés avec les organisations syndicales, pour des solutions définitives.
Nous estimons que le seuil de six cent milliards de masse salariale est déjà un lourd fardeau pour le contribuable sénégalais et que la réparation des inégalités injustifiées pourrait redresser la barre.
          Parlant du secteur judiciaire sénégalais, la COS/M23 fait dans une répétition pédagogique, pour sonner le glas contre la mise à mort de cette institution sous la coupole de l’exécutif. Nous avons tous fini de constater que les pouvoirs qui passent utilisent régulièrement la Justice sénégalaise et les Corps de contrôle de l’Etat pour combattre de potentiels adversaires et épargner des justiciables complaisants et acquis à leurs causes. 
Force est de reconnaître aujourd’hui, qu’il gravite autour de Monsieur Macky des centaines de personnes devant rendre compte de la gestion de deniers publics, n’étant pas inquiétées du fait de cette proximité. Des gens qui ont dilapidés des milliards de nos francs et qui sont protégés d’une manière ou d’une autre. La COS/M23 dénonce une fois encore avec la dernière énergie, l’immixtion de l’exécutif dans le fonctionnement du secteur judiciaire, et demande au Président de la République de mettre un terme à cette situation, par des réformes conséquentes.
          Concernant le processus électoral non encore consensuel, malgré le quitus  délivré par un cabinet d’Audit international, le problème demeure toujours. Le pouvoir en place a considérablement perdu la confiance de l’opposition et d’une certaine opinion quant à sa bonne foi, pour des élections régulières et transparentes. La tache noire des élections législatives de 2017 avec un ministre de l’Intérieur entièrement acquis à la cause du pouvoir en place, la mauvaise distribution de cartes d’identité biométriques, la violation des droits au vote des Sénégalais, a laissé des marques douloureuses. La COS/M23 exige du pouvoir, de réunir les conditions nécessaires à la tenue d’élections régulières et transparentes. De prendre en charge les préoccupations légitimes de l’opposition, dans un cadre consensuel, avec un arbitrage neutre. Mais surtout, de délivrer ces millions de Sénégalais dans l’attente de leurs cartes d’identité pour des services publics et administratifs.
          Portant sur la gestion des ressources naturelles, La COS/M23 tout le flou qui a entouré les concessions et les permis accordés à des compagnies dans le cadre de l’exploration et l’exploitation des ressources minières, gazières et pétrolières. Force est de reconnaître que le gouvernement sénégalais n’affiche aucune volonté dans sa gouvernance, pour garantir la transparence dans ce secteur. Malgré la mise en place d’institutions comme le COS PETRO-GAZ, l’ITIE entre autres dispositions, l'Etat du Sénégal peine toujours à rassurer les Sénégalais du respect des dispositions réglementaires qui régissent ce secteur sur le préalable de la signature de contrats et de délivrance de permis.
En sus, l’inexistence de cadre arbitral paritaire ne fait qu’accroitre le doute et la suspicion. Par conséquent, la COS/M23 trouve opportun et exige la mise en place d’un cadre de surveillance qui puisse intégrer les acteurs avisés des enjeux, la Société civile et d’autres acteurs indispensables, pour une meilleure gestion du secteur extractif.
          Enfin, nous exigeons de l’Etat d’améliorer le service public dans le cadre du secteur hydraulique. Pour ainsi parler de la distribution de l’eau, nous dénonçons les ruptures intempestives et la très mauvaise qualité servie aux consommateurs. Nous demandons à l’Etat et aux services habilités de prendre les dispositions nécessaires, pour des politiques structurelles et fiables dues aux consommateurs. Nous demandons par ailleurs au Président de la République Monsieur Macky SALL, de revoir sa politique sur le loyer. Les Sénégalais confrontent d’énormes difficultés dues à la cherté du loyer. Par le truchement d’une loi sur le loyer, la surenchère étouffe bon nombre de nos concitoyens à la merci des promoteurs privés et des agences immobilières. Nous demandons à l’Etat revoir sa politique par des mesures conséquentes aux préoccupations du peuple. Sur un autre registre, la COS/M23 dit toutes ses inquiétudes sur la sécurité routière. Chaque jour des Sénégalais perdent la vie à cause de mauvais comportements à la charge des transporteurs et des services publics. Compte tenu de la gravité de la situation, nous demandons à l’Etat d’être intransigeant quant au respect strict du code de la route et l’application de la loi dans toute sa rigueur. De mettre fin par ailleurs à la corruption qui sévit sur les routes sénégalais et de punir les auteurs de ces actes irresponsables.
          Ainsi, pour conscientiser et interpeller le pouvoir sur nos préoccupations, nos griefs et nos exigences, pour réclamer nos droits et exiger la bonne gouvernance et la transparence, une justice équitable et la séparation des pouvoirs, la COS/M23 conviera l’ensemble des forces sociales et travaillistes, politiques et citoyennes à un rassemblement populaire, au mois de mars 2018 à la place de la Nation.
Une tribune populaire, pour que tonne la voix du bas peuple pour le respect des engagements, le retour des valeurs et la rupture effective de la mal gouvernance.
L’Essentiel le Sénégal !
Par souci et par conviction, vive le Sénégal, vive la Nation !