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La crise migratoire persiste: Les choses ne s’arrangent pas du tout !

Quelque 42 pirogues ont pu réussir à entrer en Espagne, cette année, soit près de 3 000 migrants. Ces chiffres montrent que la question migratoire reste prégnante. Hier, elle a été longuement débattue lors d’une rencontre initiée par le Comité d’actions et de réflexions intersyndicales sur la Migration (Carism), dans le but d’analyser et de réfléchir sur le Pacte mondial pour les migrations ou Global Compac. Journal "EnQuête"


Rédigé par leral.net le Mercredi 1 Décembre 2021 à 09:20 | | 0 commentaire(s)|

La crise migratoire persiste: Les choses ne s’arrangent pas du tout !
La situation des travailleurs migrants dans leur pays d’accueil, surtout en cette période de pandémie de Covid-19, a été au cœur des discussions autour du Global Compact, Lundi. Signé par 162 pays dont le Sénégal, ce document de gouvernance mondiale est adopté pour réguler la migration entre les nations.

Cependant, il n’est pas pour autant contraignant. Par conséquent, il manque une certaine force exécutoire pour améliorer la situation des travailleurs migrants qui sont estimés à 164 millions dans le monde. Un document traitant de la question, montre que la pandémie a entraîné une perte mondiale de 144 millions d’emplois.

C’est pourquoi Fambaye Ndoye, Coordonnatrice du Comité d’actions et de réflexions intersyndicales sur la migration (Carism), plaide pour la concrétisation et la réalisation des objectifs de ce pacte.

C’est un document sur lequel tous les migrants, toutes les organisations de travailleurs, celles de la société civile, ont fondé un grand espoir.
Mais
, s’interroge-t-elle, qu’en est-il aujourd’hui ?.

La lecture de ce pacte par rapport au travail décent nous interpelle tous, surtout avec la Covid-19 où on a assisté à une perte de millions d’emplois’’.

Elle enchaîne : “Le Global Compact doit cesser d’être tout seulement une volonté ou des voeux pieux, mais devenir des actes réels pour permettre aux migrants de bénéficier de traitement meilleur dans les pays d’accueil. Alors que l’écrasante majorité travaille dans le secteur informel, ils sont, du coup, les principaux impactés de la Covid-19.’’

Dans le même ordre d’idées, elle estime à 90 millions le nombre d’emplois perdus en Afrique. Pour ce qui est du Sénégal, elle considère que sept sur dix ont été impactés par la maladie. Et souligne que les programmes de résilience nationaux n’ont pas pris en compte les travailleurs migrants se trouvant dans le territoire.

Et en donneuse de leçons, elle avance : “Nous devons nous pencher sur ces questions, en tant qu’organisations syndicales. Il faut une lecture holistique par rapport à la migration et qui intègre l’éducation, la santé, la formation, les politiques d’emploi… C’est par là que nous pourrons apporter des solutions réelles au problème d’emploi auquel sont confrontés les migrants travailleurs dans nos pays.’’

D’une certaine manière, ces chiffres remettent en cause le pacte, au regard des 23 objectifs qu’il s’était fixés. On peut citer, en guise d’exemple, la réduction de vulnérabilité des travailleurs migrants, le recrutement et le travail décent, la cohésion sociale, l’intégration, la coopération sociale…

42 pirogues qui ont pu réussir à entrer en Espagne, cette année

Par ailleurs, le départ des migrants et les zones de transit préoccupent Jean-Luc Gomis, Inspecteur, Chef de Division migration et Coordonnateur de la Mission locale pour l’emploi et l’entrepreneuriat de Thiès.

Autrement, la position du Global Compact sur cette question. D’après lui, 42 pirogues qui ont pu réussir à entrer en Espagne cette année, soit près de 3 000 migrants. Et lui embouchant la même trompette, Mme Ndoye révèle :

Ces départs, occasionnés par les pertes d’emploi, ont eu des conséquences regrettables. Déjà, pour cette année 2021, on en est à 1 114 disparus.’’

Ces révélations ont poussé Élisabeth Ndiaye à s’interroger sur le pacte et ses impacts sur les migrants. Pour le point focal de la Confédération syndicale internationale (CSI Afrique), “il est temps de s’arrêter, en tant que centrale syndicale du Sénégal de la CSI/Afrique, pour évaluer le Global Compact, mais aussi s’imprégner du ressenti des travailleurs migrants à travers les pays signataires’’.

Par ailleurs, à noter que, selon les estimations, il y aurait 281 millions de migrants internationaux dans le monde en milieu 2020. Un des problèmes majeurs du pacte, reste la régularisation des migrants. Il y a une certaine injustice, si l’on s’en tient aux propos de Mme Ndoye :

Lors des consultations de l’accord, nous avons dit que ces gens, qui ont passé la plupart de leur vie active dans les pays d’accueil, doivent bénéficier d’une régularisation.

En réalité, le retour des migrants qui, d’ailleurs, arrange ces pays, est un objectif dans le pacte, alors qu’il n’est pas le cas pour la régularisation. Nous menons le combat pour que cette dernière soit une réalité dans la mise en oeuvre du Global Compact.
’’

Selon elle, cela va permettre aux travailleurs migrants d’accéder à un emploi décent dans ces pays.





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