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Lambi demb - Reconversion des anciennes gloires : entre réussite et calvaire

Leral revisite la lutte sénégalaise à travers les hauts faits des anciens champions comme Robert Diouf, Mbaye Guèye, Falaye Baldé, entre autres. Le thème parles de la reconversion des lutteurs, entre réussite et galère. Ces extraits sont tirés du livre sur la lutte sénégalaise "Au-delà des millions et des passions", du journaliste Omar Sharif Ndao.


Rédigé par leral.net le Dimanche 28 Février 2021 à 05:02 | | 0 commentaire(s)|

Lambi demb - Reconversion des anciennes gloires : entre réussite et calvaire
Est-ce que la lutte nourrit son homme ? Si certains anciens champions en ont tiré bénéfice, même après leur carrière, d’autres, par contre, tirent le diable par la queue.

Si le grand champion sérère, Moussa Diamé, est décédé en 2006, dans un grand dénuement, emporté par une longue maladie, l’on risque de ne pas reconnaître certains anciens lutteurs. Mbita Ndiaye, l’un des plus populaires de sa génération, malgré une écurie à Yarakh, peine d’autant qu’il n’aucune source de revenu et est souvent malade. Pour le cas de l’ex-«bad boy» de l’arène, Balla Bèye N°1, c’est à désespérer. Il n’a rien à voir de l’élégant lutteur qu’il était dans les années 1980-1990, lorsqu’il rencontrait de grands champions comme Manga N°2 et Moustapha Guèye.

Parmi les lutteurs en activité, Yékini, ancien pêcheur a pris les devants en achetant une salle de musculation, ex-Oncle Sam pour le transférer à Joal où les jeunes de la localité s’y entraînent. Il est fait état aussi d’achat de plusieurs pirogues pour les besoins de l’activité maritime et un investissement immobilier. Baboye, en vieux routier, a investi dans l’immobilier avec plusieurs maisons achetées et mises en location, sans oublier un cheptel d’ovins et de bovins. Modou Lô et Balla Gaye N°2 ont chacun une maison de grand standing et d’autres biens. Idem pour Gris Bordeaux, mais Tyson avait dégagé la voie en investissant lui aussi dans l’immobilier, dans les stations d’essence. Fin affairiste, il ne serait pas étonnant qu’il soit manager ou promoteur de lutte, après sa carrière.

La situation va s’aggraver davantage car les lutteurs recensés font près de sept mille (7 000) et il n’est pas évident que tout ce beau monde va réussir à décrocher le jackpot. Et il n’est pas aussi évident que tous ces lutteurs aient une qualification comme Lac de Guiers N°2 (frigoriste), Mbaye Guèye Junior (boucher), Tidiane Faye (mécanicien), entre autres.
Entre une reconversion, bonne ou mauvaise, voici quelques exemples :

Birahim Ndiaye (Fass):

L’ancienne gloire de Fass où il a lutté pendant quatorze (14 ans) répète à l’envi aux lutteurs actuels d’avoir une profession autre que la lutte. «D’ailleurs, je ne peux accepter de lutteurs qui n’ont rien à faire à part la lutte. La carrière d’un sportif, même accomplie est courte, à plus forte quand des blessures ou maladies surviennent. On peut se blesser à 24 ans ou moins et si on n’a rien appris de sa vie, que faire ? C’est pourquoi j’exhorte les jeunes à se trouver une qualification, c’est plus sûr car la vie ne s’arrête pas seulement à la lutte», argumente cet ancien de la société nationale de téléphonie devenue Orange. Il a pris sa retraite dans cette entreprise et gagne bien sa vie, une grande maison où une partie est donnée en location. Sans oublier les cachets qu’il touche par son expertise dans les différents médias et son Ecole de lutte, Saku Xam Xam. Birahim Ndiaye a préparé sa reconversion. «Si je n’avais pas une qualification et avec ce qui se passe dans ce milieu, vous pensez que j’aurais pu entretenir ma famille avec des dons ? J’ai un fils, Saliou qui est un très bon lutteur, mais il n’ose pas s’aventurer à lâcher son travail (agent des télécoms) pour se consacrer à la lutte», complète l’ancien sociétaire de Fass.

Des champions comme Toubabou Dior, Manga N°2, Mohamed Ali, Robert Diouf, Double Less, Mbaye Guèye, Moustapha Guèye, Amadou Katy Diop, et tant d’autres se sont reconvertis avec des fortunes diverses.
Dans ce lot figurent par exemple Manga N°2, Touba Dior, Mohamed Ali, Moustapha Guèye.

Manga N°2 (Sérère) :

Pour le conseiller du Cng qui était professeur d’éducation physique à l’école privée catholique de Saint-Pierre dans les années 1980, il a su construire, même avant la fin de sa carrière, des immeubles à Thiaroye et aux Parcelles-Assainies. Sans compter dans son fief, à Joal. Très tôt aussi, il a investi dans les études de ses fils dont les deux premiers sont sortis des grandes universités françaises. Manga N°2 a su prévenir en mettant en place une école de lutte et il est aussi coiffé du bonnet de promoteur.

Touba Dior (Fass, Médina) :

Mécanicien de son état, il dirige une grande entreprise de mécanique depuis belle lurette. Il importe aussi des containers de pièces détachées. Non sans insister sur sa progéniture car il a aussi des enfants qui étudient à l’étranger et un fils lutteur, Nar Touré, non moins diplômé de la Maitrise Internationale de Commerce et qui vit aux Etats-Unis.

Mohamed Ali (Waalo) :

L’un des lutteurs les plus calmes et les plus corrects de sa génération, Mohamed Ali est aussi un homme d’affaires avisé. Effacé dans la vie, ses talents d’entrepreneur ont été dévoilés au grand jour avec le marché décroché lors de la construction des maisons du Plan Diakhaay en 2005.

Moustapha Guèye (Fass) :

Même lorsqu’il était en activité, Moustapha Guèye a toujours eu le sens des affaires. Il avait créé sa propre structure à l’époque, Tiger Production, et pour prendre sa revanche sur Dame Soughère, il avait monté le combat pour laver l’affront infligé par cet éleveur de bovins. Ensuite, c’est le commerce international avec la vente des «djembé» prisés à l’extérieur. Lui aussi membre du Cng et ex-président des lutteurs en activité, Moustapha Guèye a créé sa propre structure, une académie de lutte et organise des combats à travers le pays. Pour la boucle, il est devenu un consultant de la télé Tfm où il anime une émission « Œil du Tigre», très suivie.

Double Less (Bul Fale) :

Ancien chauffeur de la défunte société de transports en commun, la Sotrac, Double Less est toujours actif dans le milieu de la lutte. L’ancien international dirige une école de lutte, basée à Keur Massar où excelle un de ses fils Sa Thiès. Même si Balla Gaye N°2 ne fait pas partie de son école, il gère ses affaires désormais et ses deux fils lui donnent quasiment ce qu’il n’a pas obtenu dans la lutte. Malgré un titre de «Seigneur des arènes», un statut d’international et de champion d’Afrique.

Mohamed Ndiaye (Robert Diouf) :

Ancien policier, gêné par une blessure à la jambe, Mohamed Ndiaye passe la plupart de son temps dans ses champs à Joal. Seuls les combats de Yékini le conduisent à Dakar ou des visites amicales à certains de ses amis. Néanmoins, il supporte bien sa reconversion et est traité avec tous les égards, étant un homme très respecté.

Mbaye Guèye (Fass) :

Figure emblématique de Fass d’où le sobriquet de Tigre, Mbaye Guèye, toujours dans l’encadrement de l’écurie, a créé son Ecole, les Tigres. Même si on ne lui connaît aucun investissement, il semble se porter bien.

Amadou Katy Diop (Ndakaru) :

Ancien champion, Amadou Katy Diop, excelle comme directeur technique de l’écurie Ndakaru depuis la création de cette entité. Calme et organisé, il est toujours dans le milieu et ce n’est pas demain la veille qu’il va raccrocher d’autant qu’il a de beaux restes.

Ces extraits sont tirés du livre sur la lutte sénégalaise "Au-delà des millions et des passions", du journaliste Omar Sharif Ndao.

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