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Le Sénégal en test de grandeur (Par Soro DIOP)

Un message concis. Une tranquillité sereine. Pas un massage verbal d’exigences arrogantes. Un chef d’Etat sur un promontoire républicain. Pas dans la démesure infantile. Avec un sens de l’écoute pour rasséréner et rassurer la jeunesse en colère justifiée. Pas la surdité bruyante et rageuse conduisant demain à des impasses périlleuses.


Rédigé par leral.net le Vendredi 12 Mars 2021 à 16:22 | | 0 commentaire(s)|

Le président de la République Macky Sall, qui s’est entretenu sur la situation du pays, le lundi 8 mars 2021, a pris la posture due à son rang. Il a joué la partition d’un homme d’Etat qui a bien vu, au-delà des épaisseurs conjoncturelles et conjecturelles, l’éclat des vérités à l’origine des manifestations d’une forte intensité furieuse à Dakar et d’autres localités, avec leur lot de « pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels ».

A ceux qui, avec des pierres, produisent des désastres humains et matériels, érigent des murs conflictuels et de divisions fratricides, le Président Macky Sall montre que ces pierres doivent servir à construire des ponts de parenté pour raffermir, cimenter les liens et le liant entre Sénégalais qui forment « une seule famille, unie par une histoire qui (leur) assigne un destin commun ».

La paix et la stabilité de notre pays valent plus qu’une affaire privée de mœurs qui, à elle seule, ne saurait expliquer et justifier, si on la pèse et soupèse sur la balance des manifestations orageuses, une seule vie perdue. En effet, comme le relève si bien le Président Macky Sall, « chaque vie perdue est un deuil pour la Nation ». Et d’annoncer l’aide de l’Etat « aux familles endeuillées » et les facilités qui seront données pour « l’accès aux soins des blessés ». Il faut rapidement concrétiser cette action de solidarité que l’Etat doit à ses enfants et à leurs familles.

« Notre salut individuel et collectif nous commande de voyager ensemble en consolidant les fondements de la barque et non en les détruisant. Il y va aussi de l’avenir de nos enfants et des générations après eux ». Par ces mots, oh combien plein de sens ainsi, le Président Macky Sall n’épouse pas la dangerosité de l’affirmation de Montesquieu (« Mémoires d’outre-tombe »), selon laquelle « pour faire de la politique, il n’est pas besoin de qualités, il faut en perdre ». Non, en politique, il faut se bonifier en qualités surtout encore lorsque, ici, ce qui est en jeu et comme enjeu, c’est « la préservation de ce qui forme l’âme de la nation sénégalaise, son cœur battant, sa source de vie et d’épanouissement : c’est-à-dire l’attachement aux valeurs du vivre ensemble dans la paix, la sécurité, la liberté, la démocratie, la tolérance et le respect de nos diversités. »

Ce sont ces qualités et leur défense qui lui ont fait inviter, convoquer et évoquer un retour « au calme et à la sérénité » mais aussi à éviter « la logique de l’affrontement qui mène au pire ».

LES RESSORTS DU DIALOGUE

« Oh mon pays, mon beau peuple ! », peut-on s’écrier lorsqu’on constate que dans ce Sénégal, les ressorts du dialogue ne sont pas totalement érodés, comme en témoigne l’écoute attentive accordée aux religieuses de premier rang, aux autorités coutumières, à des personnes de bonne volonté, membres de la classe politique, y compris de l’opposition, de la société civile, des syndicats et du patronat et les membres du clergé. Tous se sont mis dans des dispositions constructives, ont revêtu des habits de sagesse, qui exhalent et exaltent une « synergie positive », si essentielle « dans des moments de doute, d’inquiétude et de turbulence ».

Il ne peut en être autrement et l’histoire politique sénégalaise si remuante, bouillante et violente à certains moments, a illustré, hier comme aujourd’hui, que « nos régulateurs sociaux fonctionnent, et (que) les ressorts de notre nation restent solides ».

Le Président de la République ne s’est pas attardé sur « l’aspect judiciaire de cette crise ». C’est de cette manière, entre autres, que l’on doit percevoir, entrevoir et voir l’état de droit. Laisser les affaires judiciaires à la justice afin qu’elle suive « son cours en toute indépendance ». Même si, entre la soif de l’information chaude et les prudences requises par les procédures judiciaires, peuvent s’incruster des marchands de l’obscurité. De l’obscurantisme.

Le chef de l’Etat a, entre autres missions régaliennes, conformément à charge que lui confère la Constitution et son statut, « de consolider la paix retour au calme et à la sérénité, dans l’intérêt supérieur de la Nation », de veiller et faire veiller à « la sécurité des personnes et des biens, la défense de la République et la préservation de nos institutions démocratiques ».

Les faits n’ont jamais tort. Les pensées magiques ne peuvent les nier même en état de berlue et de déni du réel. Il y a eu lors des manifestations « une violence inouïe », « des scènes de casses et de pillages » avec « des enfants et des femmes…mis en première ligne », les attaques dans une folie meurtrière d’édifices publics, les longues années de Sénégalais aux labeur chahutées en quelques minutes. Des conséquences, en termes de bilan, autrement plus macabres, avec en toile de fond désolant, l’accroissement de la pauvreté de familles davantage précarisées, angoissées et frustrées. Il faut ici, comme le Président de la République, saluer et magnifier le professionnalisme, le discernement et la retenue des Forces de défense et de sécurité.

« Ce sont des années d’investissement et de dure labeur qui ont été anéanties. Rien, ni aucune cause ne saurait justifier ces actes regrettables », s’est désolé le Président Macky Sall. Pourtant après avoir établi ces constats poignants qui ne sauraient être justifiés par l’effet des divergences politiques et des différences d’ambitions, c’est au sens de la famille qu’il nous convie pour un seul destin, à nous Sénégalais, « voyageurs dans le temps (…) dans une barque dont nous descendrons pour laisser la place à d’autres ».

En effet, l’héritage à laisser aux générations futures et à la postérité, c’est la forteresse du dialogue « pour conforter les bases de notre démocratie et de notre système politique ». Des échanges féconds comme ceux qui ont réuni toute la classe politique qui, déjà, s’est accordée sur 25 points sur les 27 inscrits au dialogue national.

Le message du Président de la République ne se limite pas à la surface des choses. Il a interrogé la tornade sociale, plongé dans ce qui résonne profondément dans l’esprit et le cœur de la jeunesse pour débusquer leurs angoisses, leur quête de sens et le vide de leur existence, autant de facteurs qui ont fini par élire domicile dans « la colère qui s’est exprimée ces derniers jours (et qui) est aussi liée à l’impact d’une crise économique aggravée par la pandémie COVID-19. »

LES BONNES REPONSES

Les bonnes réponses à ce phénomène ne sont pas dans les clameurs politiciennes ni dans l’exhumation encore moins dans l’exaltation des identités furieuses et autres relents ethniques dans un Sénégal où les brassages ont fini par tisser une grande toile familiale et fraternelle à l’échelle du territoire.

Elles sont, ces réponses, entre autres, dans la mesure prise par le chef de l’Etat des difficultés quotidiennes dans nos villes et nos campagnes, de « ce qu’est la vie dure dans nos quartiers ». Dans ce qui structure « la colère de nos banlieues ». C’était d’ailleurs l’une des réponses de l’Etat, dans le cadre du « Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la COVID-19, FORCE COVID-19, (…) » par le financement de 1000 milliards de FCFA en guise de « soutien aux ménages, aux entreprises, aux travailleurs et à différents corps de métiers, y compris le secteur des arts et de la culture. » Sans compter l’appui de plus de 12 milliards à la diaspora éprouvée par l’étendue de la crise sanitaire qui a fortement amenuisé les soutiens à leurs familles restées au Sénégal. Il faut donc reconnaître au Président Macky Sall sa préoccupation volontariste de promouvoir la solidarité, l’équité et la justice sociale bien avant la survenue de la pandémie COVID-19 qui a ébranlé le monde entier.

Son courage, c’est aussi de reconnaître l’insuffisance de ses efforts « en matière de formation, d’emploi et de financement dédiés aux jeunes, à hauteur de 60 milliards de FCFA, pour la Délégation générale à l’Entreprenariat rapide des Femmes et des Jeunes, et de 40 milliards par an du Fonds de Financement de la Formation professionnelle et technique ».

La bonne leçon, c’est alors de comprendre les inquiétudes et les préoccupations des jeunes, surtout ceux qui sont sortis « dans la rue pour exprimer la colère de (leur) mal-vivre : le manque d’emploi, l’aspiration à un avenir meilleur, les conséquences d’un vécu chahuté, depuis un an, « par la morosité économique, les restrictions sociales, la limitation des espaces de loisirs et de détente », consécutives à la lutte anti pandémie COVID-19 ».

Ce qui est surtout essentiel et qui mérite le seul combat qui vaille aujourd’hui et de demain, ce ne sont pas des réponses et des ripostes par des saccages et de destructions de biens de Sénégalais, des comportements qui détruisent des emplois et aggravent la pauvreté. Le combat de l’heure et à l’heure, c’est, ainsi que l’indique le Président Macky Sall, « dans les meilleurs délais une réorientation des allocations budgétaires pour améliorer de façon substantielle et urgente les réponses aux besoins des jeunes en termes de formation, d’emploi, de financement de projets et de soutien à l’entreprenariat et au secteur informel ».

C’est aussi le desserrement de l’étau social, « dans l’immédiat, à la faveur de la campagne de vaccination en cours et de l’amélioration de la situation COVID-19, » l’allégement du couvre-feu, « désormais fixé de minuit à cinq heures » pour apporter des bouffées économiques et sociales dans le cadre de l’élargissement du champ d’activités productives à Dakar et Thiès notamment.

Pour le reste, il y a sans doute quelque part quelque chose de positif dans cette crise qui illustre que « c’est dans l’épreuve qu’une nation fait son test de grandeur » et que « la grandeur d’âme d’une nation, se mesure surtout par les valeurs et la force de caractère qui sous-tendent son existence. »

Puissions-nous faire sienne l’exigence d’être et de demeurer une nation « de sang mêlé », formant un bloc solide, rempart insensible aux divisions fratricides pour bâtir un destin commun !




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