Leral.net - S'informer en temps réel

Le Tchad quitte la CPI et dénonce une justice internationale « à géométrie variable »

Rédigé par leral.net le Lundi 27 Juillet 2026 à 14:37 | | 0 commentaire(s)|

Le gouvernement tchadien a annoncé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), estimant que l’institution présente une efficacité limitée et cible principalement les États africains. Cette décision intervient après des échanges avec les autorités américaines et dans un contexte de critiques sur la situation des droits humains dans le pays.


Le Tchad a annoncé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), une décision justifiée par le gouvernement par les limites supposées de l’institution et son traitement jugé inégal des dossiers internationaux.

Dans un communiqué publié lundi, le porte-parole du gouvernement tchadien affirme que cette décision fait suite à une analyse du fonctionnement de la Cour depuis son entrée en activité en 2002.

Selon N'Djamena, l’efficacité de la CPI resterait « limitée et à géométrie variable », avec une concentration excessive des enquêtes sur le continent africain.

Le gouvernement tchadien avance que sur les treize enquêtes ouvertes par la Cour depuis sa création, neuf concernent des pays africains, tandis que les autres régions du monde auraient fait l’objet d’un nombre limité de procédures.

Le communiqué souligne également que la majorité des personnes actuellement détenues par la CPI sont liées à des affaires concernant des situations africaines.

Cette décision intervient après un échange téléphonique entre un responsable américain chargé des affaires africaines et les autorités tchadiennes. Selon un communiqué du ministère tchadien des Affaires étrangères, la partie américaine aurait exprimé des préoccupations concernant le fonctionnement de la CPI et encouragé N'Djamena à réexaminer son adhésion au Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour.

Le retrait du Tchad intervient dans un contexte régional marqué par de fortes tensions, notamment en raison de la guerre au Soudan voisin.

Des organisations nationales et internationales accusent régulièrement le Tchad d’être impliqué dans le conflit soudanais, notamment à travers des accusations de soutien présumé aux Forces de soutien rapide (FSR) dirigées par le général Mohamed Hamdane Daglo, dit Hemedti.

Le pays fait également l’objet de critiques concernant des accusations de violations des droits humains, d’arrestations arbitraires et de restrictions des libertés publiques.

Avec cette décision, le Tchad rejoint la liste des États africains ayant exprimé des réserves ou des critiques à l’égard de la CPI, relançant le débat sur le fonctionnement de la justice pénale internationale et son équilibre géographique.