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Le procureur Serigne Bassirou Guèye fait feu de tout bois : "Je le dis et le je répète, Khalifa Sall a pris (…) C'est honteux et indigne d'insulter ses confrères"


Rédigé par leral.net le Mercredi 31 Janvier 2018 à 08:13 | | 0 commentaire(s)|


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"Je le dis et le je répète Khalifa Sall a pris. Et, je ne me suis pas limité à le dire parce que je l'ai toujours écrit. Pourquoi s'insurger aujourd'hui contre ça ", répond avec véhémence le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye aux avocats du maire de Dakar, khalifa Sall et ses co-prevenus. En effet, dans ses réquisitions hier, le chef du parquet de Dakar avait soutenu qu’il est convaincu que " Khalifa Sall et ses co-prévenus ont détourné 1, 8 milliards de francs CFA" dans le cadre de la gestion de la caisse d'avance et le moment venu, il va le prouver à leurs avocats qui font dans le dilatoire en demandant l'annulation de la procédure.

" J'avoue que j'ai été peiné pendant ces trois jours, car le droit a été déconstruit. La défense n'a soulevé que des exceptions de nullité de la procédure d'intérêt privé et non d'intérêt public. Et, en une minute, je peux le démontrer monsieur le juge" affirmait-il.

Des propos qui ont fait sortir de leurs gonds les conseils de l’édile de Dakar et de ses co-prevenus, qui ont estimé qu'il a violé le principe fondamental de la présomption d'innocence. " C'est faux de soutenir que Khalifa Sall a pris! Vous ne dites pas la vérité», s’insurge Me Ousseynou Fall."

«Je le dis et je le répète, je dis au procureur de la République de faire très attention, car il n'a pas le droit de dire que Khalifa Sall a pris", mettait en garde Me Seydou Diagne.

En réponse à ces réactions, Serigne Bassirou Guèye a fait tout feu tout bois contre les conseils de Khalifa et Cie ce soir. "Je ne sais pas qu'est ce qui explique cette animosité qu'on a voulu installer à cause d'un procès ? Car on se rencontrait dans les séminaires et autres, et ça n'a jamais été le cas. Donc, c'est indigne de se mettre là, à s'insulter entre confrères. Mais c'est normal quand on est en face d'un collectif plus pertinent, on manque forcément d'arguments juridiques pour convaincre. Et la seule façon d'exister pour certains, c'est d'injurier ses confrères. J'ai peur quand on ira au fond, vous n'allez rien avoir à dire", a-t-il lancé, avant de poursuivre : "Monsieur le juge, protège- moi car le maire de Dakar et honorable député a détourné ! », ironise-t-il en réponse à Me Seydou Daigne.

" Je ne me fâche qu'entre 06h45mn et 46mn du matin, et 00h45mn et 00h46mn du soir. Mais qui me cherche, me trouve. J’ai entendu Demba Ciré Bathily dire qu'il n'est pas un pénaliste. C'est honteux! Venir à un procès de cette grande envergure avec de grands fonctionnaires et un maire de la ville de Dakar? Je suis moi un procureur de la République de la vielle roche ", tonne Serigne Bassirou Guèye.

Sur le rejet de la demande de liberté provisoire sous cautionnement formulé par la défense, il a précisé qu'en vertu des dispositions de l'article 180 du Code de procédure pénale, on ne peut consigner que ce qu'on a pris. "Car l'agent judiciaire de l’État poursuit la réparation de son préjudice. Et je pourrai même vous poursuivre pour tentative d'escroquerie commis au jugement.

Du moment que vous avez fait usage de fausses qualités, en consignant des baux et des terrains sans titre foncier. Il y a un terrain à Sangalkam qui est du domaine national. Encore une tentative d'escroquerie et de soustraction de deniers publics. C'est pourquoi vous êtes là à demander au juge de trancher toute suite sur la constitution de partie civile de l'État du Sénégal, lorsque vous avez encore formulé la demande", a-t-il martelé, avant de renchérir :"Après vous partez dans la presse pour dire du n'importe quoi. Je suis pour le respect des droits des prévenus car c'est moi l'avocat de la société. Je sais que c'est douloureux d'être prisonnier. Mais je fais mon travail. Je suis le seul magistrat de ma lignée depuis Adama jusqu'à Awa en plus d'être un croyant. Et j'en suis très fier parce que je suis respecté dans ma famille".

C'est suite à cette virulente réplique que le président de la séance Malick Lamotte et ses assesseurs ont observé une pause de 15 mn. A la reprise, il a informé les différentes parties qu’il a décidé de trancher le débat relatif à la constitution de partie de civile de la mairie de Dakar, et celui relatif aux exceptions préjudicielles, de litispendance et d'incompétence soulevées par la défense le vendredi prochain."Les exceptions de nullité de la procédure et autres questions vont venir après conformément à la loi", a-t-il souligné avant de suspendre l'audience. Reste maintenant à voir laquelle des parties a convaincu Malick Lamotte, qui a entre ses mains l'avenir du premier magistrat de ville de Dakar, khalifa Sall et des co-provenus.




Kady FATY, Leral.net