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«Les arbitres sont devenus de curieux acteurs du jeu»

Au moment où le Sénégal fait un «recul démocratique de plus de 20 ans» lors des législatives passées, la Cour Suprême du Kenya vient de prendre «une décision historique», en annulant la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta du 8 août dernier. C’est le sentiment du Docteur en sciences politiques, Maurice Soudieck Dione, invité de l’émission politique Objection de la radio Sud Fm hier, dimanche 3 septembre. De l’avis de l’Enseignant chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, au Sénégal les institutions censées réguler le jeu politique, semblent devenir de «curieux acteurs».


Rédigé par leral.net le Mardi 5 Septembre 2017 à 16:51 | | 0 commentaire(s)|

«Les arbitres sont devenus de curieux acteurs du jeu»
 
 
En invalidant le vendredi 1er septembre, pour «irrégularité», la victoire du président sortant Uhuru Kenyatta, la Cour suprême du Kenya vient-elle de servir d’exemple à toutes les institutions en Afrique ? Le Docteur en Science politique, non moins Enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis, Maurice Soudieck Dione semble répondre par l’affirmative.

En effet, invité à l’émission Objection de la radio privée Sud Fm hier, dimanche 3 septembre, Dr Dione trouve que «la décision de la justice kényane est historique puisque, ce à quoi nous sommes habitués, c’est de voir que les décisions juridictionnelles au plus haut niveau sont soumises au pouvoir exécutif qui les instrumentalisent dans le sens de les amener à confirmer leurs ambitions, dans leur désidérata de conservation du pouvoir».

Donc, pour lui, ce jugement marque «une rupture dans le continent africain dans ce sens que le juge, par son audace mais aussi par son intelligence politique, a posé un acte fort pour, comme le disait le doyen Louis Favoreu, saisir la politique par le droit“».
 
Quid des institutions au Sénégal ? Le jugement de l’invité du journaliste Baye Oumar Gueye est sans équivoque. Pour le Dr Dione, les élections législatives du 30 juillet dernier, démontrent «un recul démocratique de plus de 20 ans avec les élections locales de 1996, qui avaient été organisées dans un chaos indescriptible».
 
Pour lui, les institutions qui étaient censées réguler le jeu politique, «comme la Cena, à qui, la loi électorale octroie des prérogatives dans le sens de jouer sur la transparence et la loyauté du jeu électoral», n’ont pas joué pleinement leur rôle. Pis, fait-il comprendre, «on a comme l’impression que les arbitres sont devenus de curieux acteurs du jeu en se sens qu’ils ne sifflent ni coup franc, ni hors jeu, ni pénalty, ne décernent ni carton rouge, ni carton jaune et se contentent d’être des spectateurs impénitents et indolents».
 
Au ban des accusés, Dr Maurice Soudieck Dione pointe du doigt et les hommes et les institutions. Parce que, pour lui, les institutions, qui ont été créées par l’homme par opposition à ce qui proviennent de la nature, ne valent que par rapport à ce que les hommes décident d’en faire.

Mais également, poursuit-il, «la force d’une institution c’est d’avoir suffisamment de crédibilité et de légitimité pour exercer pleinement ses compétences afin de canaliser et de catalyser les interactions entre les acteurs dans le sens voulu par l’institution pour éviter la violence et les dérives qui peuvent menacer le lien social ».
 
Pour que le lien social soit perpétué, il préconise que les institutions s’autonomisent «par rapport au pouvoir des acteurs qui les ont produites et par rapport au pouvoir exécutif et que les valeurs et les pouvoirs qui sous-tendent ces institutions soient effectivement intériorisés par les acteurs».



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