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Liberté de la presse : un niveau historiquement bas dans le monde, alerte RSF

Rédigé par leral.net le Jeudi 30 Avril 2026 à 10:25 | | 0 commentaire(s)|

La liberté de la presse atteint son niveau le plus critique depuis 25 ans, selon Reporters sans frontières. Entre pressions politiques, conflits armés et dérives autoritaires, plus de la moitié des pays présentent désormais une situation jugée difficile ou très grave.


Le constat est alarmant. Dans son dernier classement mondial, Reporters sans frontières indique que la liberté de la presse n’a jamais été aussi menacée depuis la création de son index en 2002.

Pour la première fois, plus de la moitié des pays évalués – 94 au total – sont classés dans les catégories « difficile » ou « très grave ». En parallèle, la part de la population mondiale vivant dans un pays où la presse est réellement libre est tombée à moins de 1 %, contre 20 % il y a deux décennies.

Seuls quelques États d’Europe du Nord, dont Norvège, maintiennent une situation jugée « bonne ». À l’inverse, plusieurs grandes puissances enregistrent un recul notable, à l’image des États-Unis, désormais classés en situation « problématique ».

RSF pointe notamment les attaques répétées de Donald Trump contre les médias, mais aussi des mesures concrètes comme la détention ou l’expulsion de journalistes et la réduction des financements de l’audiovisuel public à l’international.

Pressions multiformes et dérives autoritaires

Au-delà des violences physiques, les entraves à la liberté de la presse prennent des formes de plus en plus diverses. Pressions économiques, arsenal juridique restrictif et instrumentalisation des lois sécuritaires constituent désormais des outils courants pour limiter le travail des journalistes.

Dans plusieurs régions, notamment au Sahel, la situation s’est fortement détériorée. Des pays comme le Niger, le Mali ou le Burkina Faso illustrent cette tendance, entre instabilité sécuritaire et durcissement des régimes.

Dans d’autres contextes, la répression est plus directe. L’Arabie saoudite a ainsi été pointée du doigt après l’exécution d’un journaliste en 2025, un fait qualifié d’exceptionnel par RSF.

L’arme judiciaire et les “procédures-bâillons”

Parmi les menaces émergentes, RSF insiste sur la multiplication des « procédures-bâillons », ces actions en justice visant à intimider ou réduire au silence les journalistes. Diffamation, atteinte à l’image ou diffusion de fausses informations sont autant de motifs utilisés pour freiner les enquêtes sensibles.

Ce phénomène touche aussi bien des régimes autoritaires que certaines démocraties, où le cadre légal tend à se durcir au nom de la sécurité nationale ou de la lutte contre le terrorisme.

Des leviers encore possibles

Malgré ce tableau préoccupant, des initiatives existent pour inverser la tendance. L’Union européenne a notamment mis en place de nouveaux outils juridiques pour protéger les médias, comme le règlement sur la liberté des médias adopté en 2025.

Reste que pour RSF, l’urgence est réelle : sans garanties fortes, le recul de la liberté de la presse pourrait continuer à fragiliser les démocraties et à limiter l’accès des citoyens à une information indépendante et fiable.