leral.net | S'informer en temps réel

« Macky Sall à l’ONU : Au-delà des querelles, l’histoire », Par Maguèye Boye


Rédigé par leral.net le Jeudi 5 Mars 2026 à 23:29 | | 0 commentaire(s)|

« Quand l’histoire ouvre une porte à l’un des siens, un peuple sage choisit de regarder plus loin que ses querelles.

I — Le droit au débat, mais aussi le devoir de lucidité

On peut avoir des griefs contre le Président Macky Sall. Quoi de plus normal dans un État à démocratie de confrontation ?

Certains lui imputent une responsabilité dans les tensions et les violences qu’a connues le Sénégal entre 2021 et 2024. Ce débat appartient à la vie politique nationale et il est légitime qu’il existe.

À supposer même que les reproches adressés au Président Macky Sall soient fondés — ce dont je doute profondément, d’autant qu’aucune juridiction ne l’a établi — la question mérite malgré tout d’être posée, avec lucidité et sang-froid.

Mais une autre question se pose aujourd’hui, et elle dépasse nos querelles internes.

Dans une compétition internationale pour diriger les Nations Unies, Macky Sall apparaît aujourd’hui comme le seul candidat sénégalais et africain, et l’un des rares profils au niveau mondial, capables de prétendre sérieusement à cette responsabilité. Trois candidats sont déclarés : Trois Sud-américains devant un Sénégalais que certains refusent de soutenir, quitte à dénigrer : c’est leur droit le plus absolu.

Dès lors, une interrogation simple doit être posée : doit-on refuser de participer à une compétition mondiale, sous prétexte que le candidat nous aurait fait tort dans le passé ?

Mais qu’ils aient au moins la cohérence intellectuelle de proposer un autre profil sénégalais ou africain crédible.

Car refuser un candidat sans présenter d’alternative sérieuse, n’est pas une position politique ; c’est simplement une posture radicale.

II — Quand l’intérêt collectif exige de dépasser les rancœurs

L’histoire des nations ne se construit pas sur des rancœurs personnelles, mais sur la capacité à saisir les moments où l’intérêt collectif exige de regarder plus loin que nos querelles domestiques.

Les petites querelles sénégalo-sénégalaises ne pèsent pas lourd face aux immenses défis du monde.

L’histoire ne s’écrit pas à l’échelle des rancœurs locales, mais à la hauteur des responsabilités globales.

Le moment est venu de dépasser les ressentiments et les procès d’intention. Le monde appelle des femmes et des hommes capables de porter les grands combats de notre temps : la paix, le dialogue entre les peuples, le développement équilibré et le renforcement du multilatéralisme.

Que chacun prenne garde : les rancœurs stériles finissent toujours par se retourner contre ceux qui les nourrissent.

La question est donc claire : préférons-nous régler des comptes entre Sénégalais, ou voulons-nous que l’Afrique pèse réellement dans la gouvernance du monde ?

Faut-il que l’Afrique et le monde paient le prix de nos querelles politiques internes, au point de se priver des services d’un homme capable de redonner un cap à un multilatéralisme aujourd’hui vacillant ?

Car lorsqu’une opportunité historique se présente, un peuple sage sait regarder plus loin que ses querelles. »





Maguèye Boye

Ousseynou Wade