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Maimouna Bousso hausse le ton contre Diomaye : « Les Sénégalais ont été trahis »

La députée Maimouna Bousso durcit le ton contre le président Bassirou Diomaye Faye. Dans un entretien accordé à Seneweb, elle accuse le chef de l’État de s’être éloigné de la rupture promise aux Sénégalais et réclame un contrôle parlementaire renforcé de son action.


Rédigé par leral.net le Mercredi 12 Août 2026 à 16:28 | | 0 commentaire(s)|

Le débat politique se tend davantage au Sénégal. Dans un entretien accordé à Seneweb, la députée Maimouna Bousso a livré une charge particulièrement sévère contre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

La parlementaire lui reproche notamment de s’éloigner des engagements de rupture sur lesquels, selon elle, les Sénégalais avaient fondé leur choix électoral.

Une accusation de « coup d’État démocratique »

Maimouna Bousso n’a pas mâché ses mots pour qualifier son appréciation de la situation politique actuelle.

« Le président de la République a commis un coup d’État démocratique, il a trahi son serment », affirme-t-elle.

Pour la députée, le chef de l’État avait été élu sur la promesse d’une rupture avec les pratiques des régimes précédents. Elle estime toutefois que certaines décisions récentes donnent le sentiment d’un retour à des pratiques et à des profils issus de l’ancien système politique.

Elle pointe notamment la présence, dans l’entourage présidentiel, de personnalités ayant exercé des responsabilités sous les précédents régimes ou ayant, selon elle, été citées dans des rapports de contrôle.

« Ce sont les Sénégalais qui sont trahis »

La parlementaire récuse également l’idée selon laquelle la crise actuelle se limiterait à un différend entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Selon elle, l’enjeu est plus large et concerne directement le mandat confié par les électeurs.

« On parle de trahison de Sonko, mais en réalité ce sont les Sénégalais qui sont trahis », soutient-elle.

Maimouna Bousso considère que les électeurs avaient exprimé leur volonté d’un changement profond et non d’une simple reconduction de certaines pratiques ou figures des régimes précédents.

L’Assemblée nationale appelée à renforcer son contrôle

Face à cette situation, la députée plaide pour une utilisation plus importante des prérogatives de contrôle de l’Assemblée nationale.

Elle estime que les parlementaires doivent exercer pleinement leurs moyens institutionnels pour surveiller l’action du pouvoir exécutif.

Dans une formule particulièrement forte, elle déclare : « Si on avait été en mesure d’attacher ses pieds et ses mains, on l’aurait fait », tout en reconnaissant que les députés ne disposent pas du pouvoir d’empêcher certaines décisions présidentielles.

Une nouvelle étape dans les tensions politiques

Cette sortie intervient alors que les relations entre les différentes composantes du pouvoir sont marquées par des tensions et des interrogations sur l’avenir du compagnonnage politique autour de Pastef.

Maimouna Bousso revendique une position de fermeté : défendre l’objectif de rupture tout en renforçant le contrôle parlementaire sur l’action du président.

Au-delà des déclarations de la députée, cette séquence pose une question politique centrale : jusqu’où la majorité parlementaire entend-elle exercer son pouvoir de contrôle sur Bassirou Diomaye Faye ?

Le débat dépasse désormais les relations personnelles ou politiques entre anciens alliés et touche directement à l’interprétation du mandat donné par les électeurs et à la définition de la « rupture » promise au Sénégal.