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Moctar Ndiouga Bâ, l’ingénieur du son devenu producteur de « Bamako » et « Abouna »

Passé par les plateaux d’Ousmane Sembène et de Djibril Diop Mambety, le Sénégalais a produit plus de soixante documentaires et magazines en trois décennies.

Rédigé par leral.net le Vendredi 4 Septembre 2026 à 09:00 | | 0 commentaire(s)|

Moctar Ndiouga Bâ a créé sa première société de production, KUS, en 1994. Ingénieur du son formé aux côtés d’Ousmane Sembène et de Djibril Diop Mambety, le Sénégalais a depuis produit des films majeurs du cinéma africain — « Abouna », « Bamako », « Le Prix du pardon » — et dirige aujourd’hui Médiatik Communication S.A.


L’écho des grands noms du cinéma

Moctar Ndiouga Bâ, ingénieur du son et producteur sénégalais.
Moctar Ndiouga Bâ, ingénieur du son et producteur sénégalais.
Moctar Ndiouga Bâ débute dans l’univers du cinéma comme ingénieur du son, en collaborant avec deux légendes : Ousmane Sembène et Djibril Diop Mambety.

On lui doit notamment la prise de son de « Nitt… Ndoxx » de Joseph Gaï Ramaka, en 1988.

Fort de cette expérience, il décide de se consacrer à la production, mû par une conviction : l’Afrique doit raconter ses propres histoires. Il défend alors un cinéma urbain, moderne et singulier, témoignant des réalités contemporaines du continent.

1994 : KUS, puis Médiatik Communication

Tout commence en 1994 avec la création de sa première société de production, KUS. La même année, il réalise « You, Africa ! », documentaire consacré à Youssou Ndour.

Depuis, il s’est imposé comme directeur de production, producteur exécutif et producteur délégué. À la tête de Médiatik Communication S.A., il continue de porter des projets et de faire travailler les talents du continent.

Une filmographie de plus de soixante titres

Avec plus de soixante documentaires et magazines à son actif, Moctar Ndiouga Bâ a contribué à des œuvres majeures du cinéma africain.

Parmi elles : « Le Prix du pardon » (2001) de Mansour Sora Wade, « Abouna » (2002) de Mahamat-Saleh Haroun, « Bamako » (2006) d’Abderrahmane Sissako, « Ramata » (2007) de Léandre-Alain Baker et « Black » (2009) de Pierre Laffargue.

Sa maîtrise du son et sa vision de la production ont également été saluées sur « Questions à la terre natale » (2007) de Samba Félix Ndiaye et « Capitaines des ténèbres » (2005) de Serge Moati.

Son parcours de producteur commence dès 1992, avec « Bandit Cinéma » de Bouna Medoune Seye et « Iso lo » de Mansour Sora Wade.

Transmettre, former, accompagner

Fidèle à sa mission de valorisation des talents africains, Moctar Ndiouga Bâ s’investit aussi comme consultant et formateur, partageant son savoir-faire avec la nouvelle génération.

Il reste convaincu que le cinéma est un vecteur essentiel pour faire entendre la voix de l’Afrique sur la scène internationale.

De ses débuts derrière la console aux côtés des plus grands jusqu’à la direction d’une maison de production, son parcours dessine celui d’un artisan devenu bâtisseur.

Ce que raconte cette filmographie

Lue dans l’ordre, la liste des films produits par Moctar Ndiouga Bâ raconte l’histoire d’une décennie du cinéma africain.

Les années 1990 sont celles du court métrage et du documentaire : « Bandit Cinéma » (1992), « Iso lo » (1992), puis le magazine « Système C » (1998) de Franck Schneider.

Les années 2000 marquent le passage au long métrage de fiction et aux coproductions internationales, avec « Le jardin de papa » (2004) de Zeka Laplaine, « Capitaines des ténèbres » (2005) et « Bamako » (2006), dont il assure le tournage au Mali.

C’est aussi la période où le cinéma sahélien s’impose dans les grands festivals — et où le nom d’un producteur sénégalais apparaît au générique de plusieurs de ces films.

Un artisan derrière les images

Le métier de producteur reste l’un des moins visibles du cinéma. C’est pourtant lui qui rend les films possibles : trouver l’argent, monter les coproductions, organiser les tournages, tenir les délais.

Moctar Ndiouga Bâ a exercé ce métier sous toutes ses formes — directeur de production, producteur exécutif, producteur délégué — après l’avoir abordé par le son.

Trois décennies plus tard, il continue de développer les projets qui lui tiennent à cœur, avec la même idée de départ : porter haut les récits du continent.