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Mort d’Omar Badjie : le parquet gambien envisage des poursuites contre des policiers


Rédigé par leral.net le Mardi 5 Mai 2026 à 11:18 | | 0 commentaire(s)|

Le parquet gambien a annoncé, mardi 5 mai 2026, avoir saisi l’Inspecteur général de la police pour obtenir le dossier complet de l’affaire Omar Badjie, jeune homme de 27 ans mort des suites de violences policières à Mandinari en septembre 2025, ouvrant la voie à d’éventuelles poursuites pénales contre les agents impliqués, rapporte Apanews.

Les Chambres du Procureur général et le Ministère de la Justice de Gambie ont confirmé, dans un communiqué daté du 5 mai 2026, la réception du rapport d’enquête judiciaire concernant le décès d’Omar Badjie, et ont formellement demandé à l’Inspecteur général de la police de transmettre le dossier complet de l’affaire aux fins d’un examen juridique approfondi.

Le magistrat instructeur a conclu qu’Omar Badjie est décédé d’une lésion cérébrale aiguë résultant d’un effort physique, du stress et d’agressions commises par des agents de police lors d’une poursuite dans le village de Mandinari, dans la région de la Côte Ouest de la Gambie, le 26 septembre 2025. L’enquête judiciaire, menée par la magistrate principale Anna O. Mendy, a entendu douze témoins, examiné un rapport d’autopsie et procédé à une visite des lieux.

Une mort qui avait mis le feu aux poudres

Le décès d’Omar Badjie était survenu lors d’une opération de police à Mandinari ciblant des jeunes soupçonnés de fumer du cannabis. La police gambienne avait initialement soutenu que le défunt s’était effondré lors d’une poursuite, avant d’être conduit à l’hôpital où son décès avait été constaté. Des témoins avaient cependant affirmé que les agents l’avaient appréhendé et soumis à des violences physiques, notamment en le frappant avec une branche d’arbre alors qu’il était menotté et inconscient.

Quatre agents directement impliqués dans la poursuite avaient été arrêtés dès le 28 septembre 2025 et maintenus en détention dans l’attente de l’enquête judiciaire.

Le décès avait déclenché d’importantes manifestations à Mandinari, entraînant le saccage d’un poste de police et plusieurs blessés, aussi bien parmi les civils que parmi les forces de l’ordre, rappelle Apanews.

Vers des poursuites pénales ?

Le rapport d’enquête judiciaire a recommandé que l’affaire soit renvoyée au bureau du Directeur des poursuites publiques en vue d’éventuelles procédures pénales contre les agents concernés. Le juge en chef Hassan B. Jallow, après examen des procédures en vertu de l’article 10 de la loi sur les coroners, a déclaré être satisfait de la régularité et de la légalité des conclusions.

Dans son communiqué, le ministère de la Justice a indiqué que les recommandations du magistrat instructeur « feront l’objet d’un examen rigoureux » et que « lorsque les éléments de preuve le justifieront, des mesures judiciaires appropriées seront prises sans réserve ».

La veille, des jeunes de Lamin Mandinari avaient donné au gouvernement et à la police un délai de cinq jours pour répondre aux conclusions de l’enquête judiciaire, dénonçant le silence des autorités depuis la publication du rapport. Le communiqué du parquet intervient donc directement en réponse à cette pression communautaire.

Apanews

Mame Fatou Kebe