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Multiplication des décès liés à la Covid-19 : Dr Gangué indexe le manque d’oxygène et la défaillance des générateurs

Médecin urgentiste, Dr Amadou Gangué, invité dans Rfm matin, a fait hier une déclaration stupéfiante sur le nombre important des décès depuis l’avènement de la troisième vague de la pandémie. Pour lui, cette hausse macabre est liée en grande partie au manque criard d’oxygène et à la défaillance des générateurs, pour assister les malades atteints de coronavirus. L'As


Rédigé par leral.net le Mercredi 4 Août 2021 à 09:17 | | 1 commentaire(s)|

Multiplication des décès liés à la Covid-19 : Dr Gangué indexe le manque d’oxygène et la défaillance des générateurs
Le président de la commission scientifique de l’association sénégalaise des médecins urgentistes, Dr Amadou Gangué, impute le nombre élevé de décès de la troisième vague de Covid-19 au manque d’oxygène et à la défaillance des générateurs d’oxygène.
«Je pense que le problème déjà, c’est l’oxygène qui n’est pas disponible ou parfois s’il est disponible, les pressions ne sont pas bonnes. C’est le cas à Fann, Le Dantec, à CTO, ils ont tous des problèmes de pression d’oxygène. Ce n’est pas que la centrale de production d’oxygène n’est pas fonctionnelle. Elle est conçue pour une certaine pression. Si la demande est très forte, les pressions ne sont pas bonnes, c’est-à-dire qu’un malade qui aurait besoin de 20 ou 30 litres par mn n’aura que 15 litres et s’il a ce débit, il va se détériorer. C’est ce qui fait qu’on se réveille un beau jour avec 20 décès, parce que la centrale ne peut pas fournir ce débit. La plupart, c’est parce qu’il y a eu des défaillances techniques qu’on se retrouve avec 3, 4 décès ce jour-là ; à CTO (Idrissa Pouye) ils ont enregistré 5 décès…», déclare impuissant le directeur du plateau médical Dabakh, sis à la liberté 6.

Il dévoile, dans la foulée, une autre manigance des autorités sanitaires qui ne donnent pas la bonne information au président de la République. «Récemment (ndlr : mardi 27 juillet dernier), le président est parti en visite à l’Hôpital général Idrissa Pouye, ex-CTO (Grand Yoff) pour voir ce qui ce passe dans les Centres de traitement des épidémies (Cte). Les gens ont installé une nouvelle salle, qui n’est pas encore fonctionnelle, ils y ont mis des lits et quand il (Macky Sall) est rentré, le soir, ils ont tout enlevé », s’est désolé le médecin urgentiste. Avant d’assumer que les hommes de terrain ne traduisent malheureusement pas la réalité des faits à la haute autorité.

Or, les pressions causées par l’explosion de cas graves de la troisième vague, notamment la variante Delta, sont les mêmes dans le secteur public que le privé qui sont tous confrontés aux mêmes problèmes. A l’en croire, les centres de santé, qui n’ont pas de générateurs d’oxygène tels que le Samu, n’ont que des bouteilles et ne peuvent pas prendre en charge des malades pour défaut d’oxygène.

Par conséquent, le nombre de décès est loin de corroborer les chiffres réels. «Les chiffres vraiment sont très sous-évalués.
Même ceux qui meurent dans les cliniques, parfois on ne les prend pas en compte. Si les structures privées ne sont pas répertoriées, prises en compte et intégrées dans la base de données pour qu’on donne les chiffres, en tant que pratiquant, je pense qu’il faut multiplier les chiffres par cent», martèle-t-il.

Seulement, le privé a encore plus de problème. Car il ne bénéficie pas de subventions, ni d’appui de l’Etat. Or, «lorsqu’il y a des malades qui viennent pour détresse respiratoire dans nos structures, et qu’il n’y a pas de place dans le public, on est obligés par humanisme de les prendre. On est obligés parfois de faire des efforts afin de les prendre en charge dans l’urgence. Puis voir s’il y a de la place dans les Cte pour les transférer», explique le Sg de l’Association sénégalaise des médecins urgentistes.

Et de poursuivre : Hier, (avant-hier) on a reçu en urgence une personne âgée gravement atteinte. On n’avait pas de place, et quand on a appelé les autres structures et cliniques notamment Samu, il n’y avait plus de place disponible nulle part. On a certes fait de notre mieux mais on n’a pas pu la garder parce qu’on est confrontés à un problème d’oxygène.
L’As



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