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Ndiassane : le Khalife des Kounta interpelle Diomaye Faye sur un vaste litige foncier

Le khalife général de la famille Kounta, Cheikh Bou Sidy Makhtar Kounta, a adressé deux courriers au président Bassirou Diomaye Faye pour dénoncer ce qu’il considère comme des spoliations foncières touchant des terres historiques de sa famille à Dakar, Thiès et Saint-Louis. Le guide religieux alerte sur les risques de tensions sociales et réclame une intervention urgente de l’État.


Rédigé par leral.net le Mardi 9 Juin 2026 à 12:00 | | 0 commentaire(s)|

Le débat sur le foncier revient au cœur de l’actualité sénégalaise. Dans deux correspondances adressées au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en septembre 2025 puis en février 2026, le khalife général de la famille Kounta, Cheikh Bou Sidy Makhtar Kounta, a exprimé ses vives préoccupations concernant plusieurs terres qu’il considère comme appartenant historiquement à sa communauté.

Selon les informations relayées par la presse nationale, le guide religieux de Ndiassane dénonce ce qu’il qualifie d’« accaparement illégal » de propriétés situées dans plusieurs localités stratégiques du pays. Parmi les zones concernées figurent l’île de Diouck dans la région de Saint-Louis, plusieurs parcelles à Dakar ainsi qu’un important domaine foncier à Thiaoune, dans la région de Thiès.

Dans sa correspondance, le khalife affirme que l’île de Diouck appartient légalement à la famille Kounta, documents notariés à l’appui. Il évoque également plus de neuf titres fonciers enregistrés à Dakar qui feraient l’objet de contestations ou de tentatives de spoliation.

À Thiès, la situation serait encore plus préoccupante. Cheikh Bou Sidy Makhtar Kounta soutient que sur les 1 098 hectares attribués historiquement à sa famille à Thiaoune, plusieurs cas d’appropriation irrégulière auraient été constatés. Il pointe notamment une implication présumée de certains services déconcentrés de l’État dans ces opérations.

Face à cette situation, le khalife général des Kounta met en garde contre une crise foncière susceptible de raviver des tensions similaires à celles observées dans d’autres localités du pays. Il évoque notamment le risque d’un « nouveau Ndingler », en référence à l’un des conflits fonciers les plus marquants de ces dernières années au Sénégal.

Le guide religieux estime que cette affaire dépasse le simple cadre patrimonial et touche à la préservation de la mémoire historique ainsi qu’à la stabilité sociale. Il invite ainsi les autorités à prendre les mesures nécessaires pour protéger les terres concernées et restaurer les droits qu’il juge légitimes.

Dans ses lettres, il demande notamment l’arrêt immédiat des opérations d’expropriation et de morcellement en cours, l’ouverture d’une enquête administrative indépendante et la sécurisation des biens fonciers appartenant à la famille de Cheikh Bou Kounta.

Selon les informations disponibles, la Présidence de la République a officiellement accusé réception des deux courriers. Toutefois, aucune réponse publique n’a encore été apportée par les autorités sur ce dossier sensible qui pourrait relancer le débat national sur la gestion du foncier et la protection des patrimoines religieux et historiques.