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Ouza Diallo:" Macky Sall a été élu en partie par des fonds de la caisse d'avance de la ville de Dakar"

De la situation en Gambie à celle qui prévaut au niveau de l'establishment de la ville de Dakar, Ouza Diallo passe un grand oral qui a pour prétexte la parution de sa nouvelle production éminemment politique intitulée "Sondage".


Rédigé par leral.net le Lundi 27 Février 2017 à 17:28 | | 0 commentaire(s)|

Ouza Diallo  " Macky Sall a été élu en partie par des fonds de la caisse d'avance de la ville de Dakar"
Ouza Diallo " Macky Sall a été élu en partie par des fonds de la caisse d'avance de la ville de Dakar"
Votre actualité récente est marquée par la parution d'une de vos chansons intitulée "Sondage" comportant une certaine coloration politique. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette production ?

En réalité, la production remonte à juin-juillet 2016. Nous avions prévu de la sortir à la fin de l'année, mais nous avons du repousser cette échéance pour ne pas créer de confusion. En effet, le contenu de ce morceau évoque certaines questions qui pourraient, dans l'esprit du public, croire que j'ai fait cette chanson pour aborder, entre autres, les événements survenus en Gambie, dans le contexte électoral.

Comme je vous le dis, cette chanson a été réalisée des mois avant la crise gambienne suite à laquelle le Président Adama Barrow a été porté au pouvoir. Elle part d'un constant global portant sur la configuration de notre champ politique.

Vous ne manquez d'ailleurs pas de clouer au pilori la classe politique dans sa globalité...

C'est de bonne guerre. Je suis part du constat qu'une large frange de la classe politique, aguerrie aux rouages de la politique politicienne, s'enrichit sans commune mesure du fait de l'exploitation indue des derniers publics. Nous faisons actuellement face à une vraie "politocratie" marquée par l'ascension fulgurante des membres de la classe politique au détriment des masses laborieuses. Cela est problématique à plus d'un titre. Quand je chantais ce morceau, nous ne faisions pas encore face à la panne de l'appareil de radiothérapie de l’hôpital Aristide le Dantec ; mais d'autres problèmes se sont posés avec autant d'acuité.

Quel regard portez-vous sur la conjoncture marquée par l'imminence des législatives et par l'emprisonnement de certains hommes politiques ?

De mon point de vue, le Président de la République a matérialisé la majeure partie de ses engagements à l'endroit des populations sénégalaises. Il fait face à une opposition hétérogène et mal inspirée, raison pour laquelle je ne comprends pas son acharnement à traquer ses opposants dans leurs derniers retranchements.

Macky Sall a le fort pour renforcer ses adversaires en les martyrisant, et cela pourrait, à terme, lui porter préjudice. Il a la fâcheuse tendance à prêter une oreille attentive aux laudateurs et aux faucons du palais qui ne lui prodiguent pas de bons conseils. A ce propos, je l'invite solennellement à lâcher du lest et à adopter une attitude républicaine et démocrate en laissant les opposants s'opposer comme ils en ont pleinement le droit. Je tiens d'ailleurs à témoigner que l'affaire Khalifa Sall a été montée de toutes pièces.

Depuis belle lurette, les Sénégalais ont eu à bénéficier de l'argent tiré des caisses d'avance et la mairie de Dakar, avec à sa tête Khalifa Sall, ne constitue en rien une anomalie ou une exception. Je prends sur moi la responsabilité de témoigner en indiquant que le Président de la République a été élu en partie grâce à l'argent issu de la caisse d'avance de la ville de Dakar.

Je pèse bien mes mots et je suis un témoin privilégié de cet état de fait en ce sens, dans l'entre-deux tours de la présidentielle de 2012, Khalifa Sall m'a remis des fonds substantiels, tirés de la caisse d'avance de la ville de Dakar, pour que je batte campagne en vue de l'élection de l'actuel Président de la République. Je lui recommande, en ce sens, de savoir raison garder et de ne pas verser dans un acharnement contre-productif pour lui.

La Tribune