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Pont Émile Badiane : Idrissa Benjamin Sané accuse Guy Marius Sagna de « cinéma politique »

La sortie de Guy Marius Sagna sur l’état du pont Émile Badiane à Ziguinchor provoque une vive réaction. Idrissa Benjamin Sané, président du Mouvement citoyen Ziguinchor Rek et membre fondateur de Kiiraay, reproche au député de s’emparer tardivement d’un problème dénoncé depuis plusieurs années par les populations.


Rédigé par leral.net le Samedi 29 Août 2026 à 04:14 | | 0 commentaire(s)|

Une visite jugée tardive

La polémique enfle autour du pont Émile Badiane. La visite de Guy Marius Sagna sur cet axe présenté comme particulièrement préoccupant pour les usagers n’a pas laissé indifférent Idrissa Benjamin Sané.

Le président du Mouvement citoyen Ziguinchor Rek estime que la démarche du député relève davantage de la communication politique que d’une véritable action en faveur des populations.

Pour lui, le danger représenté par le pont est loin d’être nouveau. Il rappelle que la société civile, les habitants et plusieurs leaders d’opinion alertent depuis des années sur la situation de cette infrastructure.

« Où étais-tu ? »

Idrissa Benjamin Sané interpelle directement Guy Marius Sagna sur son action passée. Il lui reproche notamment de ne pas avoir suffisamment porté ce dossier lorsque son camp politique était aux responsabilités.

Selon lui, alors qu’Ousmane Sonko occupait les fonctions de Premier ministre, Guy Marius Sagna aurait dû davantage œuvrer à faire remonter les préoccupations des populations auprès des autorités.

« Qu’a-t-il fait pour résoudre cette équation vitale ? Rien. Et toi, où étais-tu ? », lance-t-il en substance.

Un malaise qui dépasse le pont

Pour le responsable de Kiiraay, les difficultés de Ziguinchor ne se résument d’ailleurs pas au pont Émile Badiane.

Il cite notamment la dégradation de la voirie, les problèmes d’éclairage public, l’insuffisance des infrastructures, l’insécurité, les inondations et les difficultés liées à l’assainissement.

La situation économique et sociale de la jeunesse constitue également une source de préoccupation. Idrissa Sané évoque notamment le recours massif aux motos Jakarta faute de perspectives suffisantes, ainsi que les difficultés rencontrées par les femmes pour accéder aux financements.

Dans ce contexte, il s’interroge également sur le bilan des responsables politiques locaux et sur leur capacité à apporter des réponses concrètes aux préoccupations des habitants.

La Grande Mosquée également évoquée

Idrissa Benjamin Sané a par ailleurs soulevé la question de la Grande Mosquée de Ziguinchor, qu’il considère comme un symbole important de la ville et qui, selon lui, ne bénéficierait pas de l’attention nécessaire des autorités.

Il insiste toutefois sur le fait que cette question dépasse le cadre religieux : il s'agit, selon lui, d'une question de respect des réalités et des préoccupations de la population locale.

À travers cette sortie, Idrissa Benjamin Sané entend donc replacer la polémique sur le pont Émile Badiane dans un débat plus large sur le bilan des responsables politiques et la prise en charge des urgences de Ziguinchor.