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Port de Dakar: Les inquiétudes des cadres


Rédigé par leral.net le Jeudi 20 Décembre 2018 à 17:26 | | 0 commentaire(s)|

Port de Dakar: Les inquiétudes des cadres
L’Amicale des cadres du Port autonome de Dakar se dit pessimiste par rapport à la vision du président de la République, Macky Sall, de faire de «Dakar, un hub portuaire». Parce que, dit-elle, «aujourd’hui, Dakar est classé 5e derrière Lomé, Lagos, Téma et Abidjan».

Face à la presse, ce mercredi 19 décembre 2018 à Dakar, Mamadou Corsène Sarr, son président, a soutenu que les enjeux sont énormes et les défis majeurs. Et pour les relever, il estime que le port doit avoir «les coudées franches et l’appui total de la haute autorité, car il y a des décisions injustifiées prises par les autorités qui impactent terriblement cette vision du chef de l’Etat».

Selon Mamadou Corsène Sarr, la découverte du pétrole et du gaz au Sénégal est «une opportunité majeure pour le port de Dakar, car cela lui permet de repositionner l’outil portuaire dans la bataille de hub régional, mais également d’accroître son chiffre d’affaires et son revenu».

Sur ce, il regrette le fait qu’au moment où «toutes les dispositions étaient prises pour la mise en place de la base logistique à Dakar, en concurrence avec la Mauritanie, une décision d’arrêt des autorités est venue anéantir toutes les négociations qui étaient entamées avec les partenaires». Et la Mauritanie a ainsi profité de «cette aubaine», pour mettre à la disposition de ces derniers une base logistique au grand détriment du Sénégal.

Le président de l’amicale regrette aussi le fait qu’au moment où le port de Dakar fait face à «une concurrence sous-régionale exacerbée, un boulet nommé ‘’Port de Bargny-Sendou’’, surgit de nulle part, pour davantage plomber leurs ambitions de devenir un hub portuaire». Pour lui, ce port de Bargny-Sendou est «un concurrent direct» du port de Dakar. Parce que, soutiennent-ils, «à l’heure où cette rencontre est tenue, des clients du port de Dakar sont démarchés par les gestionnaires de celui Bargny-Sendou».

Il regrette également le fait qu’au moment où les travailleurs cherchent à libérer des espaces par l’assainissement du domaine portuaire, «certains démembrements de l’Etat affectent en toute illégalité une partie des terres du port à des privés pour la construction d’immeubles à usage privé au détriment de l’intérêt général».

Face à ces situations qui, selon lui, «portent un coup au nouveau plan stratégique de développement inclusif 2019-2023, que le port est en train de dérouler, l’Amicale des cadres du Port autonome de Dakar estime qu’«il est temps d’attirer l’attention» du chef de l’Etat sur ces «dysfonctionnements graves qui risquent d’impacter négativement sa vision de faire de Dakar, un hub portuaire». Et pour y remédier, elle lui suggère «humblement» quelques propositions.

Il s’agit, entre autres, de l’application des recommandations issues du séminaire sur la cartographie nationale portuaire, le transfert au port de Dakar de la gestion du chemin de fer Dakar-Bamako, la tenue d’un Conseil présidentiel sur les ports, la revue des attributions de l’Anam en ce qui concerne la construction de ports, la complémentarité entre les ports, la prise de dispositions nécessaires pour créer ou renforcer la desserte routière, ferroviaire et fluviale des nouveaux ports, la mise à disposition des informations sur le port de Bargny-Sendou, notamment en ce qui concerne ses objectifs, ses missions, ses caractéristiques et ses activités, la mise en place d’une stratégie de développement portuaire nationale, la mise en place d’une nouvelle gouvernance par la création de l’Agence nationale des ports du Sénégal à l’instar du Maroc et du Gabon, la valorisation des ports secondaires, l’articulation du plan stratégique du port de Dakar avec la stratégie de développement portuaire, l’amélioration de la compétitivité des ports par l’optimisation de la manutention, l’organisation des dockers, la fluidité et la simplification du passage portuaire, la mutation définitive au nom du port de Dakar des titres fonciers de l’Etat affectés en jouissance conformément au statut du port de Dakar et des recommandations du Conseil interministériel sur la compétitivité du port de Dakar et la régularisation des titres de l’arrêté de 2005 affectés en toute illégalité à des tiers, et enfin, l’appui de l’Etat, à l’instar des voisins ivoiriens qui ont bénéficié de l’accompagnement de l’Etat ivoirien à hauteur de 750 milliards de francs Cfa».

Seneweb



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